Quarante ans ont passé, mais Mario Gosselin demeure toujours le meilleur dans le cœur des partisans des Cantonniers de Magog.

Mario Gosselin, la première vedette des Cantonniers

Il a été la première grande vedette des Cantonniers de l’Est avant qu’ils ne deviennent les Cantonniers de Magog. Il a aussi été le premier ex-Cantonnier à s’illustrer dans la Ligue nationale. Pourtant, Mario Gosselin était simplement venu jouer à Magog pour s’amuser sans aucun plan de carrière dans sa poche arrière.

Tellement que Gosselin espérait voir d’autres joueurs de Thetford Mines, sa ville d’origine, le suivre à Magog. C’est tout ce qui comptait pour Gosselin à 16 ans. « De nos jours, les jeunes connaissent à peu près tout du midget AAA et des Cantonniers. Ils savent à quoi s’attendre en mettant les pieds à Magog. C’était loin d’être le cas en 1979. Il fallait avoir le goût de l’aventure et nos parents aussi pour partir de Thetford Mines et venir s’installer à Magog. Personnellement, je savais que c’était la meilleure ligue midget au Québec. Pour le reste, je découvrais en même temps que tous mes coéquipiers. Nous étions tous sur le même pied », a révélé Gosselin qui a vu deux autres joueurs de Thetford Mines l’accompagner à Magog pour cette première saison historique, soit le défenseur Daniel Poudrier et l’attaquant Paul Gagné.

Les joueurs de Thetford Mines avaient bonne réputation et on a été à même de le réaliser avec les Cantonniers. Gagné a été le meilleur compteur de l’équipe et Gosselin a réalisé de nombreux miracles dans son demi-cercle. D’ailleurs, ses prouesses ont fait en sorte que la direction de la ligue a instauré plus tard un trophée portant son nom. Le trophée est attribué au duo de gardiens de but conservant la meilleure moyenne de buts alloués.

« C’est ça qui me dit que je dois avoir connu une bonne saison avec les Cantonniers. Je n’ai jamais joué pour les exploits personnels ou pour être reconnu. Ceux qui le font pour cette raison sont dans l’erreur totale. J’ai toujours joué au hockey pour m’amuser. Ceux qui voulaient me mettre de la pression frappaient un mur. À la fin de ma saison avec les Cantonniers, je ne m’interrogeais même pas à savoir où je jouerais la saison suivante. C’était le dernier de mes soucis. Je savourais encore les bons moments de hockey vécus avec une bande de gars extraordinaires qui ont été les acteurs de cette première année d’existence des Cantonniers. On a vécu tellement de belles émotions ensemble. On avait beau s’appeler les Cantonniers de l’Est, mais nous étions vraiment l’équipe de la ville de Magog. Les partisans nous suivaient même à l’étranger. »

Gosselin s’est aussi fait des amis pour la vie à Magog, notamment la famille d’André et Françoise Gaouette, sa famille de pension. 

L’entraînement

S’il a toujours manifesté son amour de la partie, Mario Gosselin était toutefois moins enchanté par les pratiques. Il ne s’en cache même pas. « C’était à une époque où les entraîneurs spécialistes des gardiens n’existaient pas. Bien sûr, nous n’étions pas laissés à nous-mêmes, mais dans un sens j’étais mon propre coach. Je choisissais les choses à travailler et l’intensité à y mettre selon le match qui s’en venait et mes performances antérieures. Si j’avais accordé deux buts de la même manière du côté rapproché, je savais ce que je devais travailler et pratiquer. Je choisissais mes moments » avoue candidement Gosselin.

L’histoire ne dit pas si cela faisait damner les entraîneurs, mais toujours est-il que le principal intéressé a toujours livré la marchandise, que ce soit avec les Cantonniers ou plus tard chez les juniors et les pros.

La saison 79-80 avait pris un mauvais tournant pour Mario Gosselin qui s’était blessé à un genou dès le camp d’entraînement. « Cela m’a fait rater les cinq ou six premières parties de l’équipe. À mon retour au jeu, je n’avais pas perdu mes réflexes. Ça se passait bien », se souvient celui qui dirige maintenant son école de gardiens de but sur la Rive-Sud de Montréal.

Difficile de le contredire quand on sait que Gosselin a obtenu la très grande majorité des départs une fois revenu en santé. Au grand plaisir des amateurs qui scandaient son nom dans les gradins de l’aréna de Magog tellement il était spectaculaire et sans peur.

Adolescent, Gosselin n’avait pas de l’intérêt que pour le hockey « Je jouais beaucoup au soccer et au baseball. Cela m’a aidé énormément pour ma coordination œil-main par exemple et l’agilité de mes pieds », fait-il valoir.

Ironiquement, Gosselin portait le numéro 2 chez les Cantonniers, chandail qui a été retiré depuis. Mais dans le cœur des amateurs, il a toujours été le numéro un et le demeure 40 ans plus tard.

Mario Gosselin portait le numéro 2 sur la glace, mais il reste numéro 1 dans les hauteurs de l’aréna de Magog.

La main heureuse

Les Cantonniers de Magog ont souvent eu la main heureuse en embauchant des joueurs provenant de l’extérieur de leur territoire qui avaient été retranchés par l’équipe de leur région. Certains de ces joueurs ont eu un impact instantané à leur arrivée avec la formation magogoise. Les attaquants Yanick Evola, Daniel Corso, les gardiens Maxime Daigneault, Alain Raymond, les défenseur Donald Dufresne et plus récemment Jérémy Jacques font partie de ces joueurs laissés de côté par d’autres équipes de la ligue qui ont rendu de précieux services aux Cantonniers. 

L’ancien capitaine de l’Impact de Montréal Patrice Bernier était aussi un excellent hockeyeur. Bernier a disputé sa seule saison midget AAA dans l’uniforme des Cantonniers en 1994-95. Excellent défenseur avec une bonne vision du jeu, Bernier avait amassé 33 points, dont sept buts, en 44 rencontres. Son entraîneur Gaétan Pélissier chez les Cantonniers avait déjà mentionné que Bernier montrait des gestes de joueur de soccer même sur la surface glacée, notamment en bougeant la rondelle avec l’intérieur de son patin avec une certaine facilité. Bernier ne provenait pas du territoire de l’Estrie, mais plutôt du Richelieu. L’ancien porte-couleurs de l’Impact s’était avéré une belle prise pour les Cantonniers.

Meilleur compteur des Cantonniers en 2000-2001 (voir tableau), Maxime Boisclair est encore actif dans la Ligue midget AAA du Québec en 2018-19 à titre de membre du personnel d’entraîneurs des Riverains du Collège Charles-Lemoyne.

Le 23 janvier 2005, Vincent Bibeau, porte-couleurs des Cantonniers, enfilait le 50 000e but de l’histoire de la ligue. Aux dernières nouvelles, la rondelle de ce but reposait toujours au Temple de la renommée de la Ligue nationale à Toronto. Vincent Bibeau avait terminé la saison avec deux buts. Il pourra toujours se vanter d’avoir été l’auteur d’un but historique dans la ligue.

Avec le décès récent d’Olivier Tremblay, il ne reste plus que cinq anciens présidents des Cantonniers, plus l’actuel président Renaud Légaré, toujours vivants. Il s’agit de Michel Loyer (1995-1999), Jean-Claude Lapierre (1992-1995), Roger Bouchard (1989-1990), André Poulin (1985-1987) et Noel Lacasse (1982-1985). Sont décédés Olivier Tremblay, Paul Marchessault, Maurice Bérard et Clément Fillion.