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Mario Durocher a remporté la Coupe du Président à la barre des Tigres de Victoriaville, en 2002. Son capitaine était Carl Mallette, qui est l’actuel entraîneur-chef des Tigres, qui sont présentement en finale, contre les Foreurs de Val-d’Or.
Mario Durocher a remporté la Coupe du Président à la barre des Tigres de Victoriaville, en 2002. Son capitaine était Carl Mallette, qui est l’actuel entraîneur-chef des Tigres, qui sont présentement en finale, contre les Foreurs de Val-d’Or.

Mario Durocher admiratif de son ancien capitaine

Jean-Guy Rancourt
Jean-Guy Rancourt
La Tribune
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Au printemps 2002, année de la dernière conquête de la Coupe du Président par les Tigres de Victoriaville, la formation des Bois-Francs était pilotée par Mario Durocher. Ce dernier avait fait de Carl Malette son capitaine et celui-ci avait rempli son rôle à merveille. Dix-neuf ans plus tard, Mario Durocher est aux premières loges pour peut-être voir Malette réécrire l’histoire de cette concession dans la fonction que lui-même occupait à l’époque.

Les deux hommes se vouent encore énormément de respect. 

Avant leur série trois de cinq gagnée en cinq rencontres devant les Islanders de Charlottetown, ce qui leur permettait d’accéder à la finale contre les Foreurs de Val-d’Or, Mallette avait pris le soin de communiquer avec son ancien entraîneur qui dirige maintenant le Titan d’Acadie Bathurst. 

« Les Tigres n’avaient pas affronté les Islanders de la saison et Carl a cru bon me contacter pour se renseigner un peu sur eux. Ce fut une collaboration bien minime, mais c’est toujours plaisant d’échanger et parler hockey avec Carl », a mentionné Durocher.

Pourtant, quand il s’est amené à la barre des Tigres de Victoriaville lors de la saison 2000-2001 après avoir mené les Cantonniers de Magog à la conquête de la Coupe Air Canada (maintenant la Coupe Telus) au printemps 2000, Durocher avait pris une décision qui avait déplu à Mallette.

« Carl était un vétéran à mon arrivée avec les Tigres tout comme les frères Sébastien et Marc-André Thinel. Carl était le centre numéro un et il s’attendait à retrouver les deux frères sur le même trio. J’avais plutôt décidé de placer Antoine Vermette, un an plus jeune, entre Sébastien et Marc-André. Cela n’avait pas fait son affaire et je m’en rendais compte dans son attitude qui n’était pas celle qu’un entraîneur espère d’un vétéran. Il ne nuisait quand même pas à l’équipe et notre relation n’était pas tumultueuse pour autant. Il détestait perdre. C’était encore plus évident dans les séries. Il faisait tout pour gagner. Je l’avais remarqué et durant la saison morte je l’avais identifié comme mon prochain capitaine même si j’avais entendu dire qu’il réfléchissait à son avenir avec nous. J’étais confiant de le voir revenir. Nos frictions du début étaient derrière nous. Comme entraîneur dans le junior, tu dois t’attendre à ça et savoir comment gérer la situation. Entre 16 et 20 ans, la vie s’ouvre à toi. On forme des hommes, pas seulement des joueurs de hockey et cela passe par des moments plus difficiles que d’autres, des obstacles à surmonter, des remises en question », fait valoir Durocher.

Patrice Thériault, le capitaine Carl Mallette et Danny Groulx, alors qu’ils étaient en préparation pour la coupe Memorial de 2002.

Capitaine Mallette

Restant un Tigre, Mallette est devenu le capitaine de l’édition 2000-2001 et il fut un rouage important de l’équipe qui avait vu leur saison prendre fin en finale de la Coupe Memorial après avoir doté Victoriaville du championnat des séries éliminatoires. 

« Il exerçait tout un leardership. Il se levait chaque fois que l’enjeu était majeur. Dans les séries en 2002, je pourrais même ajouter que c’était rendu son équipe dans le vestiaire. Comme on dit dans le monde du hockey, c’était un money player. Avec le temps, je réalise qu’il n’a pas changé d’un iota derrière le banc des Tigres. Il a encore le feu dans les yeux. Je ne suis pas étonné non plus de ses succès comme entraîneur. Je l’ai toujours connu comme un homme intelligent et fin analyste. Quant à sa connaissance du hockey, elle était déjà immense quand il jouait. »    

La tenue des Tigres jusqu’ici dans les séries du circuit Courteau est un indice révélateur du boulot effectué par leur entraîneur juge Mario Durocher. 

« On s’entend que les Tigres sont confrontés à toute une machine en finale. Maintenant, c’est une série deux de trois (la finale était 2-2 au moment d’écrire ces lignes) qui s’amorce et il est évident que dans le camp des Tigres on y croit. Carl a très bien préparé ses joueurs. Ils ont du caractère et ne sont aucune intimidés. Les Tigres ont bien manœuvré lors de la période des transactions et Carl a été en mesure de rassembler toutes les pièces du casse-tête de façon magistrale. Les Tigres ont fait face à énormément d’adversité depuis le début des séries; les Foreurs pas mal moins. Cela pourrait avantager les Tigres. Gagne ou perd, Carl est vraiment un atout majeur pour cette organisation. Il aurait pu aller ailleurs, mais il leur est resté fidèle », relate Durocher.

Le passé et le futur

La première décennie du nouveau millénaire rappelle des bons souvenirs à Mario Durocher. 

« Remporter la Coupe Air Canada avec les Cantonniers m’a ouvert les portes du junior majeur. Gagner à Victoriaville en 2002 m’a propulsé vers le championnat mondial junior avec l’équipe nationale. Cela a passé tellement vite. Parfois, je dois prendre du recul et je sors des découpures de journaux pour me remémorer des bons et aussi des moins bons souvenirs. Une longue carrière est parsemée de hauts et de bas, c’est inévitable. »

Ironiquement, comme entraîneur-chef, Durocher a gagné la Coupe du Président à deux reprises, la deuxième fois avec les Foreurs de Val-d’Or en 2014. Voilà qu’il pourrait ajouter une troisième formation à sa collection, le Titan d’Acadie Bathurst.

« On progresse vraiment à un bon rythme, soutient Durocher. Il y a eu un travail de reconstruction à faire après la conquête de la Coupe du Président par le Titan en 2018 avec Mario Pouliot comme entraîneur. Le directeur général Sylvain Couturier a accompli un travail remarquable depuis. On évolue dans un petit marché et ce n’est pas toujours facile de rebâtir à travers deux années de vache maigre. En dépit de toutes les embûches causées par la pandémie, notre dernière saison a été profitable et les deux prochaines campagnes s’annoncent intéressantes. Notre moyenne d’âge l’an prochain sera à peine supérieure à 18 ans. Entretemps, on s’attarde sur le repêchage ce mois-ci. On a une bonne idée des espoirs des Maritimes, car ils ont eu la chance de jouer un peu cet hiver contrairement au Québec. C’est nécessairement plus difficile d’évaluer le talent québécois, mais on va y arriver », a déclaré Durocher.