La médaillée olympique Marie-Philip Poulin est perçue comme un modèle par plusieurs jeunes joueuses de hockey. Sur cette photo, elle est entourée de l'équipe des Harfangs pee-wee AA.

Marie-Philip Poulin : inspirer et bâtir la relève

Le hockey féminin évolue. À preuve, lors de ses participations à la Coupe Dodge, Marie-Philip Poulin partageait la glace avec les garçons, faute d'équipes féminines à qui se joindre ou contre qui compétitionner.
Aujourd'hui présidente d'honneur du volet féminin de la 40e édition de la Coupe Dodge qui se déroule à Sherbrooke ce week-end, elle est à même de constater que la relève est présente; 2000 joueuses représentant 13 régions participent au championnat provincial de hockey mineur.
« Il y a encore beaucoup de travail à faire avant que le hockey féminin rivalise avec le hockey masculin, mais si on compare avec le début de mon parcours, les choses ont déjà grandement évolué et le sport a gagné en popularité », souligne la médaillée olympique.
Et c'est un peu grâce à elle. Suffit de voir la réaction des jeunes hockeyeuses lorsqu'elles aperçoivent celle qui a mené les Canadiennes à la victoire en finale de la Coupe Clarkson en mars.
« C'est flatteur de penser que je peux être un modèle, mais je ne fais que poursuivre le travail des Caroline Ouellet, Charline Labonté et Kim Saint-Pierre qui m'ont toujours inspiré dans mon sport », précise-t-elle.
Le hockey féminin évolue donc. Mais cela ne se traduit pas nécessairement par une plus grande visibilité pour l'équipe canadienne en dehors des semaines olympiques.
« En général on parle de nous pendant deux semaines, puis on tombe dans l'oubli pendant environ trois ans. Pourtant, on continue à s'entraîner aussi fort », affirme la Beauceronne d'origine.
Le Championnat du monde est un des rares moments où le hockey féminin regagne du temps d'antenne.
Les Américaines ont d'ailleurs profité de ce tournoi pour réclamer des conditions semblables à leur compatriote masculin - elles ont même menacé de boycotter l'événement.
« Nous n'en sommes pas là, assure Marie-Philip. On a une belle relation avec Hockey Canada et on reçoit beaucoup de services. On n'imagine pas faire ce genre de moyen de pression. »
À propos de ce championnat, l'attaquante avoue avoir du mal à digérer la défaite de l'équipe canadienne en finale contre les États-Unis, en prolongation.
« Celle-là a fait mal. Ça fait trois ans qu'on perd le championnat et c'était notre dernier tournoi avant les Olympiques. Il y a toujours tellement d'intensité et de rivalité contre les Américaines... Ce qui est sûr, c'est que ça va être une motivation de plus pour les Jeux », croit-elle.
Les joueuses canadiennes se retrouveront bientôt à Calgary pour un entraînement de six mois en vue des Jeux de Pyeongchang.
« Ça va faire du bien. Ce six mois va nous permettre de créer une dynamique et une cohésion d'équipe. Mais on est motivé, c'est le temps d'avoir une victoire », assure Marie-Philip.
Et elle pense quoi de la décision de la Ligue nationale de hockey de ne pas inclure une pause dans le calendrier 2017-2018 pour permettre aux joueurs de prendre part aux Jeux?
« C'est malheureux pour les Olympiques parce que le hockey masculin est toujours un gros morceau et que les joueurs qui y prennent part sont les idoles de bien du monde, mais d'un autre côté, ça va peut-être permettre de mettre l'accent sur le tournoi féminin. Ça va peut-être nous mettre encore plus sur la map et éveiller l'intérêt des gens pour la suite des choses », émet-elle comme souhait.
Chose certaine, elle ne se voit pas terminer sa carrière de hockeyeuse après Pyeongchang. « Si le corps suit », elle devrait continuer à envoyer des rondelles au fond du filet pour plusieurs années. Et inspirer de nombreuses petites filles à faire de même.