Marie-Laurence Lortie se dit fière de sa septième position au classement féminin au terme de sa première année sur le circuit de nage longue distance en eau libre de la FINA.

Marie-Laurence Lortie revient grandie d’Italie

Les grands exploits sportifs ne sont pas toujours ceux qui se terminent dans l’euphorie de la victoire. Participant à la dernière épreuve de la saison sur le circuit de nage longue distance en eau libre de la FINA en Italie, la 9e position de Marie-Laurence Lortie valait de l’or à l’épreuve disputée entre Capri et Naples. La jeune nageuse de Kingsey Falls a démontré une force de caractère peu commune pour compléter les 36 kilomètres en mer de la compétition.

Les mésaventures de Lortie ont débuté vers le 10e kilomètre alors qu’elle souffrait de nausées. Comble de malheur, deux kilomètres plus loin, son bateau guide tombe en panne et Marie-Laurence Lortie doit poursuivre sans ravitaillement et sans entraîneur pour bien la renseigner et la diriger dans l’eau.

Pas question d’abandonner même si Marie-Laurence Lortie se sentait de plus en plus faible, vomissant à plusieurs reprises entre les kilomètres 15 et 20. Heureusement pour elle, son entraîneur a pu la rejoindre dans une autre embarcation pour lui redonner espoir et force en parvenant à l’hydrater aux 10 minutes.

Alors que le soleil commence à luire pour la jeune athlète de 24 ans, une autre tuile lui tombe sur la tête et aussi invraisemblable que cela puisse paraître, son bateau tombe encore en panne dans la baie de Naples. Le même combat reprend pour Marie-Laurence Lortie qui doit à nouveau se passer de son entraîneur et avancer sans ravitaillement. C’est un spectateur, envoyé en renfort, qui prend alors la relève et s’assure de l’accompagner jusqu’à l’arrivée.

Autant d’obstacles en auraient démoralisé plus d’un, d’autant plus que des difficultés au niveau de l’hébergement ont ajouté au défi. Pas Marie-Laurence Lortie, qui a finalement touché terre au bout de 8 h 37 m 59 s d’efforts soutenus et d’abnégation.

Classement mondial

Au classement cumulatif de la saison, Lortie termine septième sur l’échiquier mondial. « Terminer septième à ma première saison complète sur le circuit me ravit. J’aurais aimé que ça se passe différemment en Italie, surtout que j’avais eu un très bon départ qui m’avait permis de me maintenir parmi les cinq premières. Abandonner un marathon n’est pas une option pour moi. Mais là j’avais de sérieux doutes. Finalement, ma tête a eu le dessus sur mon corps. J’ai quand même 81 kilomètres de nage dans les bras dans les 15 derniers jours plus une centaine à l’entraînement. À la nage longue distance, les victoires personnelles sont souvent celles qui nous procurent le plus de fierté et le goût de persévérer «, a fait valoir Marie-Laurence Lortie.

Son entraîneur Jocelyn McCann chez les Requins de Drummondville ne tarissait pas d’éloges envers sa protégée. « Marie-Laurence ne regarde jamais en arrière. Elle garde toujours le cap sur son objectif. Après le Lac Saint-Jean une tendinite est apparue à son avant-bras droit. Elle subi de multiples traitements. Sa force de caractère et son attitude positive ont compensé. C’est un modèle pour les plus jeunes de notre club. »

Les traces de maman

Il y a 20 ans, c’est la maman de Marie-Laurence Lortie, Nathalie Patenaude, qui prenait le départ de la course Capri-Naples. « C’est maintenant elle la plus rapide de la famille. Elle a mis une trentaine de secondes de moins que moi pour compléter la distance. On se ressemble à certains égards. Je replonge dans mes souvenirs de nageuse quand je vois son caractère et la détermination qui l’anime. Elle ne s’arrête jamais au premier obstacle. Elle cherche toujours une solution », souligne Nathalie Patenaude qui a participé à la Traversée internationale du lac Memphrémagog à quelques reprises durant sa carrière.

D’ailleurs, quand il est question d’inspiration, Marie-Laurence Lortie n’a pas besoin de réfléchir et chercher longtemps. Sa mère qui était atteinte de la glomérulonéphrite à IgA, ou si vous préférez la maladie de Berger, a subi une greffe de rein plus tôt cette année. Avec des reins qui ne fonctionnaient plus qu’à sept pour cent, Nathalie Patenaude s’est battue durant trois ans et après 4240 dialyses pour rester debout, refusant de lâcher prise malgré la maladie qui la condamnait à mourir sans une greffe.

« Je ne sais pas si quelque part elle avait des images de moi quand elle se sentait un peu seule et affaiblie lors de sa dernière compétition en Italie. Je sais qu’elle est fière de moi. Me croyez-vous si je vous dis que c’est réciproque », affirme Nathalie Patenaude.

Marie-Laurence Lortie et Nathalie Patenaude donnent de la valeur au vieil adage voulant que la pomme ne tombe jamais loin du pommier.