L'athlète olympique Clara Hughes était de passage à Sherbrooke vendredi, pour sensibiliser les gens à la réalité des personnes atteintes de maladies mentales. Elle était accompagnée par le patineur de vitesse Gaétan Boucher.

Maladies mentales : Clara Hughes inspire le Canada à changer

Malgré les conditions printanières maussades, Clara Hughes poursuit son tour du Canada en vélo visant à sensibiliser les gens aux maladies mentales. Vendredi, l'athlète olympique était de passage à Sherbrooke après avoir traversé les 158 kilomètres séparant Montréal de Sherbrooke sous la neige et la pluie.
Pourtant, c'est avec un sourire lumineux que la détentrice de six médailles olympiques en cyclisme et en patinage de vitesse s'est présentée devant les Sherbrookois réunis au centre Julien-Ducharme à l'occasion d'une soirée organisée dans le cadre du Grand tour de Clara.
Ce grand tour, c'est un périple à vélo de 110 jours sur 12 000 kilomètres qui a commencé à Toronto le 14 mars. Et tout au long de ces nombreux kilomètres, l'athlète olympique s'arrête dans les communautés pour discuter de maladie mentale. Pour son arrêt à Sherbrooke, elle était toutefois accompagnée du patineur de vitesse Gaétan Boucher, son mentor. «J'ai commencé à avoir des problèmes à neuf ans alors que je vivais une enfance difficile avec un père alcoolique. À 16 ans, j'ai quitté l'école et j'ai consommé beaucoup de drogue et d'alcool. Puis, un soir, j'écoutais la télévision et j'ai vu Gaétan Boucher lors d'une épreuve. C'était magnifique et c'est à ce moment que je me suis dit : voilà c'est ça que je vais faire de ma vie», raconte Clara Hughes qui a tenu à faire sa conférence en français.
Elle a donc commencé à pratiquer le patinage de vitesse, puis le vélo, et en seulement six ans, elle se rendait aux Jeux olympiques d'Atlanta. Malgré les médailles qu'elle y a récoltées, l'athlète sentait un énorme vide en elle. Deux mois après les Jeux, elle sombre dans une dépression qui lui prendra deux années de sa vie. «Après deux ans, un médecin de l'équipe nationale s'est rendu compte que je n'allais pas bien, que j'avais besoin d'aide. Avec beaucoup d'aide et de support j'ai réussi à m'en sortir.»
À la suite de cet épisode sombre, Clara a pris part à trois Jeux olympiques en 10 ans. «J'avais plusieurs occasionsn de festoyer et de témoigner de ma fierté, mais peu d'occasions de parler de ma souffrance. Avec Bell Cause pour la cause, j'ai eu la chance de dire que j'avais un historique de dépression et que ma famille a un historique de maladie mentale. Il faut en parler.»
Quatre ans après le début de la campagne de sensibilisation, Clara Hughes est heureuse de constater que l'on parle de plus en plus de cette maladie qui touche des milliers de personnes. «J'espère qu'avec 12 000 kilomètres de rencontres, on va réussir à effacer le stigmate de la maladie mentale. C'est mon plus grand rêve, plus grand que tous mes rêves olympiques», a soufflé l'inspirante athlète qui a reçu des ovations debout à son arrivée comme à son départ de la salle. «Je crois vraiment dans les jeunes Canadiens. J'ai la chance de les rencontrer et je suis convaincue qu'ils peuvent changer leur pays. J'espère que cette aventure pourra inspirer des changements. Je crois que nous pouvons être le meilleur pays du monde quand il est question de soutien et de comprendre les maladies mentales. Je crois en nous et c'est quelque chose que les Canadiens méritent.»
Samedi, la cycliste et patineuse de vitesse s'arrêtera à la salle du 10e groupe scout Est-Calade de Sherbrooke pour y rencontrer ses membres. Puis elle enfourche sa selle de nouveau et continue son périple qui la mènera à Ottawa le 1er juillet.