Mélanie Turgeon a obtenu une médaille d’or et une autre d’argent en 24 heures à Innsbruck, en Autriche, lors des épreuves de Super-G en Coupe du monde de ski alpin.
Mélanie Turgeon a obtenu une médaille d’or et une autre d’argent en 24 heures à Innsbruck, en Autriche, lors des épreuves de Super-G en Coupe du monde de ski alpin.

Magog et sa potion magique de l’hiver 2000

Un véritable tourbillon de succès. Il y a des époques qui marquent plus que d’autres. Pour l’auteur de ces lignes, l’hiver 2000 vient en tête de liste, indélogeable. La région Magog-Orford rayonnait avec des athlètes qui se distinguaient à l’échelle mondiale et nationale. Pour une municipalité de la grosseur de Magog en 2000, les résultats étaient renversants. Comme si une potion magique s’était répandue aux quatre coins de la ville.

À la blague, il m’arrivait de narguer mes confrères et amis de Sherbrooke en prenant un malin plaisir à leur répéter que Magog venait de damer le pion à Sherbrooke sur la scène sportive. Quel hiver glorieux, explosif ce fut.

Replongeons donc 20 ans en arrière. La liste est impressionnante et on passe d’une discipline sportive à une autre. Commençons par le plus connu des Magogois au début du nouveau millénaire, soit le spécialiste des sauts en ski acrobatique Nicolas Fontaine. En Italie, lors de la dernière manche de la saison 1999-2000 de la Coupe du monde, Fontaine s’est emparé d’un quatrième globe de cristal de suite, une marque qui tient toujours 20 ans plus tard. Ce quatrième titre de champion de la Coupe du monde, Fontaine l’avait conquis un saut à la fois, parvenant à combler la pente abrupte qui le séparait des meneurs après des résultats plus modestes en début de saison. Mettant à profit sa vaste expérience, Nicolas Fontaine avait été régulier comme les aiguilles de l’horloge en deuxième moitié de saison. Lors de la dernière épreuve de la saison, le Russe Alexei Grichin n’avait pas pu résister à la poussée de Fontaine.

Tom Nutten

Transportons-nous sur le gazon vert, avec cette fois l’athlète le plus méconnu provenant de Magog : Tom Nutten. Parions que vous froncez les sourcils en vous demandant qui est ce Tom Nutten. Rien d’autre que le premier Québécois à avoir gagné le Super Bowl avec les Rams de Saint-Louis en 2000. Oui Monsieur! Je ne suis pas en train de me payer votre tête. On a fait grand état du dernier triomphe de Laurent Duvernay-Tardif et des Chiefs de Kansas City au dernier Super Bowl. Celui-ci a bel et bien été le premier footballeur francophone du Québec à gagner le Super Bowl. Or, il y a deux décennies à Atlanta, site du Super Bowl 2000, Tom Nutten avait été le tout premier Québécois à gagner le trophée Vince Lombardi attribué aux champions du Super Bowl.

Mettons les choses au clair. Nutten fut un Magogois d’adoption. Il est né en Ohio et c’est lorsqu’il a eu 16 ans que la famille Nutten est venue s’installer à Magog. Son père possédait une des industries (Thona) les plus prospères de la ville. Toutefois, le géant de 6 pieds 5 pouces et plus de 300 livres, après avoir joué au Collège Champlain, s’était expatrié aux États-Unis pour ses études universitaires. Avant d’aboutir dans la NFL, il avait fait un court séjour dans la NFL Europe. Même s’il revenait régulièrement à Magog durant la saison morte, Nutten, qui a été un membre régulier de la ligne offensive des Rams pendant sept ans et participant même à un deuxième Super Bowl en 2002, passait inaperçu dans les rues de Magog. Nul n’est prophète dans son pays comme dirait l’autre.

Originaire des États-Unis mais devenu Magogois à l’âge de 16 ans, Tom Nutten est le premier Québécois à avoir gagné le Super Bowl avec les Rams de Saint-Louis en 2000.

Cantonniers

Rapprochons-nous de nos terres. Après l’Italie et les États-Unis, dirigeons-nous du côté de Montréal, site de la Coupe Air Canada, emblème du championnat national midget AAA au hockey. Si vous êtes un vieux partisan des Cantonniers de Magog, vous êtes au courant que c’est l’année du seul titre canadien remporté par les Cantonniers. Il y a encore une bannière accrochée dans les hauteurs de l’aréna de Magog pour rappeler l’immense exploit réalisé par la troupe magogoise, dirigée par Mario Durocher cette saison-là.

Stéphane Waite, qui faisait partie du personnel d’entraîneurs des Cantonniers, a toujours mentionné que la Coupe Air Canada (maintenant la Coupe Telus) était le trophée le plus difficile à gagner au hockey. Une déclaration formulée par Waite en toute connaissance de cause il y a quelques années après avoir lui-même soulevé la Coupe Stanley à deux reprises à titre d’entraîneur des gardiens des Blackhawks de Chicago.

L’argument de Waite : le nombre d’équipes midget AAA à la ligne de départ à travers le pays, qui est de beaucoup supérieur à ce qu’on retrouve dans la ligue junior canadienne et la Ligue nationale.

Turgeon-Dugas

Au mois de février 2000, ce fut au tour de la skieuse Mélanie Turgeon d’apporter du bonheur pur dans certaines résidences de Magog. Sachez que les parents de Mélanie sont natifs de Magog. Son père Ronald a été patrouilleur sur les pentes d’Orford. Ses grands-parents Paul Turcotte et Laurette Turgeon demeuraient encore à Magog lorsque Mélanie Turgeon est devenue la coqueluche de l’heure au Québec en 2000.

Le Magogois Serge Dugas était en quelque sorte l’arme secrète de la skieuse Mélanie Turgeon.

Le fait d’armes de Mélanie Turgeon : une médaille d’or et une autre d’argent acquises en 24 heures à Innsbruck, en Autriche, lors des épreuves de Super-G en Coupe du monde de ski alpin. L’exploit de Mélanie Turgeon, rare pour les skieurs canadiens, avait fait le tour de la planète.

Et qui faisait partie de la garde rapprochée de Mélanie Turgeon en 2000? Le Magogois Serge Dugas, un des entraîneurs qui veillaient et conseillaient la skieuse, dont la carrière a malheureusement été écourtée par des blessures. Selon plusieurs experts du monde du ski alpin, Dugas, un homme discret, était en quelque sorte l’arme secrète de Mélanie Turgeon.

Comme il l’a été plusieurs années plus tard aux côtés d’Erik Guay, lorsque ce dernier était au sommet de son art.

Nicolas Trudel

Ce bal des champions qui déferlait sur la région Magog-Orford avait pris son envol lors du Championnat de l’est du Canada de patinage artistique. Le Magogois Nicolas Trudel s’était couvert d’or avec sa partenaire Geneviève Allaire de Fleurimont en danse dans la division prénovice.

Ski acrobatique, ski alpin, football, patinage artistique et hockey, je ne me souvenais pas avoir été aussi polyvalent dans l’exercice de mes fonctions. Un hiver essoufflant et euphorique!

Nicolas Fontaine s’est emparé d’un quatrième globe de cristal de suite lors de la dernière manche de la saison 1999-2000 de la Coupe du monde de ski acrobatique, tenue. Cette marque tient toujours 20 ans plus tard. — Photo The Associated Press, archives

Nicolas Fontaine s’est emparé d’un quatrième globe de cristal de suite lors de la dernière manche de la saison 1999-2000 de la Coupe du monde de ski acrobatique, tenue. Cette marque tient toujours 20 ans plus tard.