Lucien « Lou » Richard

Lucien « Lou » Richard n’est plus

Asbestos a perdu un important personnage de sa communauté le 22 décembre dernier. Le très engagé Lucien « Lou » Richard, notamment reconnu pour ses exploits au sein de différentes ligues de balle rapide et de balle lente, s’est éteint à l’âge de 94 ans en laissant derrière lui un important héritage.

« C’était un des meilleurs lanceurs de balle lente dans la province, sinon le meilleur », partage le conseiller municipal Pierre Benoit, qui a vu M. Richard se dévouer chaque jour dans le milieu du sport amateur à Asbestos. Celui qu’il décrit comme un homme extrêmement déterminé a d’ailleurs un terrain de balle en son nom, auquel il se rendait régulièrement pour effectuer bénévolement des travaux d’entretien. 

M. Benoit se souvient d’ailleurs de l’époque où la Ville a entamé le déménagement du parc Lou-Richard de la rue Laurier à la 1re Avenue. « M. Richard a accepté à la condition qu’on y construise de belles estrades neuves. Il a amassé lui-même l’argent pour le faire », dit-il. 

Né à Québec en 1926, Lou Richard est devenu dès l’âge de 15 ans un lanceur à la balle molle, doué d’un sens du spectacle inégalé. Sa signature, celle de montrer la balle à son adversaire avec sa main droite et de la faire tourner « comme un jongleur » avant de la lancer furtivement, est d’ailleurs ce qui lui a valu son surnom « Lou », explique André Beaumier, un ami proche. « Il était rapide et ratoureur comme un loup. Il disait au frappeur : prêt, pas prêt ? C’est de valeur, t’as une prise », dit-il. 

Le sport d’affection de Lou Richard lui a permis de parcourir la province lors de tournois et de rencontrer des hommes célèbres, dont l’ancien premier ministre Jean Charest, les hockeyeurs Maurice et Henri Richard et le journaliste sportif Jacques Beauchamp.

« Il était toujours tiré à quatre épingles. Il s’était même fait faire des boutons de manchette en amiante, et lorsqu’il rencontrait des gens importants, il tenait à leur montrer que ce n’était pas dangereux », partage M. Beaumier.  

M. Richard était installé à Asbestos depuis 1946 et a travaillé à la mine d’amiante jusqu’à sa retraite en 1983. En plus de veiller sur sa famille, le père de quatre enfants s’est impliqué dans le hockey pendant 18 ans comme instructeur de joueurs. « Il était comme un père pour eux », dit M. Beaumier. 

M. Richard avait également fêté cette année ses 52 ans d’implication auprès des Chevaliers de Colomb. « Il était très charitable et il a reçu plusieurs prix pour son implication », indique M. Beaumier, précisant que l’homme se faisait un devoir de remettre chaque année le trophée du tournoi sportif organisé au Festival des Gourmands.

Une vitrine en son honneur

Pour garder son héritage en vie, la Société d’histoire d’Asbestos avait aménagé cette année une vitrine spéciale en l’honneur de Lou Richard, où ont été mis en valeurs les photos et trophées que le grand sportif collectionnait. 

« Il disait souvent : “si j’étais instruit, je ne peux pas imaginer jusqu’où j’aurais pu aller.” Il n’avait pas d’éducation, mais il était très articulé. Je lui répondais “fais-toi en pas, tu as été très loin dans ta vie” », conclut celui qui a vu son ami « vénéré » par les jeunes au terrain de balle. 

« Il a joué avec eux à la balle molle jusqu’à la soixantaine au moins, même s’il a toujours préféré la balle rapide. Il s’était résigné au fait que les jeunes préféraient avoir plus de plaisir et moins de compétition. »