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En demeurant positif et en faisant preuve de résilience, Olivier Crête-Belzile a combattu le cancer et prépare aujourd’hui son retour au jeu.
En demeurant positif et en faisant preuve de résilience, Olivier Crête-Belzile a combattu le cancer et prépare aujourd’hui son retour au jeu.

L'inspiration des champions

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
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Olivier Crête-Belzile ne pouvait concevoir qu’à l’âge de 19 ans seulement, un cancer envahissait son corps. Le choc est encore plus grand quand on affiche une forme digne d’un joueur de la LHJMQ. « Pourquoi moi? » s’est-il demandé à plus d’une reprise. Cet été, le joueur du Phœnix de Sherbrooke a disputé la partie la plus importante de sa jeune carrière : le match de sa vie. Et il l’a remporté. 

En rémission aujourd’hui, Olivier Crête-Belzile se dit prêt à revenir au jeu. Déjà à l’entraînement depuis quelques semaines au Palais des sports, le défenseur de 20 ans espère effectuer un retour à Chicoutimi lors de la bulle formée dès le 22 janvier. 

« J’étais à Baie-Comeau et j’avais une bosse dans mon cou depuis une semaine, se souvient-il. Je suis allé voir notre thérapeute sportif, qui lui m’a envoyé voir le médecin de l’équipe aussitôt. On croyait d’abord que j’allais avoir une grippe. On pensait que c’était juste un ganglion enflé. »

Mais c’est finalement bien plus qu’une grippe que le jeune athlète a dû combattre. 

« J’ai passé une échographie, une tachographie, un test de sang. Rien n’était concluant. J’ai rencontré un chirurgien cervico-facial et un hématologue pour ensuite subir une biopsie locale. Ce n’est qu’après la biopsie complète que j’ai appris que j’avais un cancer du sang, un lymphome hodgkinien nodulaire. »

Même s’il a raté quelques matchs après l’annonce, Olivier Crête-Belzile tenait à terminer sa saison malgré tout. 

« Je me sentais quand même bien après Noël. J’étais heureux d’être avec les gars encore. Je n’avais pas encore de symptômes. Mais c’était tout un choc d’apprendre cette nouvelle. Pour moi, mais aussi pour ma famille, mes amis et mes coéquipiers. Je n’arrivais pas à comprendre ce que j’avais fait. Pourquoi moi? J’ai finalement trouvé la force de l’annoncer à notre thérapeute, qui l’a ensuite dit à notre coach. Stéphane (Julien) a informé les gars. J’en étais incapable. Mes coéquipiers les plus proches l’ont pris vraiment dur. »

Ces derniers n’ont pas hésité à rendre hommage à leur ami à plus d’une occasion. D’abord, lors de la partie JEVI, l’équipe lui a remis l’un des chandails thématiques de superhéros. Et peu de temps après avoir appris la nouvelle, ses coéquipiers lui ont ensuite offert la rondelle de la victoire alors qu’il regardait la partie du haut des gradins. 

La vague d’amour a continué de déferler. Les messages d’encouragement sur Facebook, les appels... Une classe complète du primaire lui a même envoyé des mots d’espoir. Et de l’espoir, Olivier n’a jamais arrêté d’en avoir. Il croyait en lui et en ses chances de vaincre la maladie. 

« J’avais vu Saku Koivu y parvenir. Mario Lemieux aussi. Et plus récemment, Maxence Parrot. Ils sont tous revenus assez rapidement dans l’action. À son retour, Maxence Parrot a même remporté les XGames au Big Air. Ils ont été mes inspirations », confie celui qui s’est adressé pour la première fois à un média depuis sa maladie.

Pendant ce temps, ses coéquipiers s’inspiraient aussi de son courage allant jusqu’à remporter le championnat de la saison dans la LHJMQ. Lorsque la pandémie a mis fin abruptement à la saison, causant ainsi l’annulation des séries, le Phœnix trônait au sommet du top 10 de la LCH. Rien de moins.

Cette déception de voir la saison prendre fin sans avertissement s’ajoutait à l’épreuve qu’il devait traverser. En plus de la période difficile qui accompagnait la pandémie : le confinement, les risques élevés qu’il soit également frappé par la COVID-19 étant donné son système immunitaire affaibli par les traitements. Tout ça sans parler de la mortalité qui a frappé sa famille. De durs moments.

« Mais j’avais comme motivation mon retour au jeu et pour ça, je devais rester en forme. Chaque fois que je passais un traitement, j’étais fatigué et malade pendant trois jours et ensuite, je pouvais m’entraîner chaque jour jusqu’au prochain traitement, trois semaines plus tard. J’étais seul chez moi pour m’entraîner en raison de la COVID-19, mais je n’ai jamais lâché. »

Le grand jour

Lorsqu’il a remis les pieds pour la première fois depuis près d’un an au Palais des sports, Olivier Crête-Belzile savait que toute cette mauvaise aventure se trouvait désormais derrière lui. 

« J’étais surpris de voir que je n’avais pas perdu mes repères. J’ai hâte à mon premier match, mais juste le fait de me trouver sur la glace et de regarder les gradins du Palais des sports, c’était déjà un but atteint. C’était signe que tout était fini. »

Durant tout ce temps, bien des choses ont changé chez Olivier Crête-Belzile. 

« Je me suis découvert de nouvelles passions comme le plein air, la course et le vélo. J’ai une nouvelle façon de voir la vie. C’était une grande étape pour moi. Je ne regarde plus à long terme aujourd’hui. Je me concentre sur le présent. Quand on perd de quoi, on se rend aussi compte de toute sa valeur par la suite. »

Le joueur gêné et introverti qui refusait d’attirer l’attention et qui préférait se tenir loin des projecteurs est soudainement devenu un peu plus loquace. 

« J’ai gagné en maturité dans toute cette histoire. Je n’ai jamais dramatisé tout ça. Je suis quelqu’un qui aime rire et qui reste positif dans la vie. C’est ce qui m’a permis de m’en sortir je crois. Je sais que d’autres vivent actuellement ce que j’ai vécu. Des jeunes comme moi seront aussi atteints un jour de cette maladie. Ce n’est pas facile à accepter, mais on doit persévérer. Il y a une lumière au bout du tunnel. Ça affecte beaucoup de monde autour de nous, mais on doit garder espoir et passer à travers sans abandonner. »

À son prochain but, Olivier Crête-Belzile regardera certainement vers le ciel en remerciant la vie. Une vie qu’il voit désormais d’un œil bien différent.