En 2018, l’increvable Roger Girard, malgré ses 64 ans, avait complété le Triathlon extrême Canada Man/Woman de Lac-Mégantic en 15 h 21m 9s, ce qui lui avait valu le premier rang de son groupe d’âge. Après Lac-Mégantic en fin de semaine, Girard sera au départ du prestigieux Norseman de Norvège, la mecque des triathlons extrêmes, au début du mois d’août.

L’inépuisable Roger Girard

Roger Girard, 64 ans, a le club des 30-30 dans la mire. 30-30 pour 30 ans de triathlon et 30 Ironman à son palmarès. Les 6 et 7 juillet, le Triathlon extrême Canada Man/Woman de Lac-Mégantic sera son 28e. Le 29e Ironman suivra à peine un mois plus tard en Norvège, soit lors du Norseman Xtrême, la mecque des compétitions du genre.

Le 30e attendra au début de l’année 2020 qui coïncidera avec sa 30e année de vie de triathlète. À travers toutes ces années, Girard s’est attaqué à tout près de 200 triathlons sous toutes ses formes, soit sur les distances sprint et olympique, sans oublier la version 70,3 du Ironman.

Le militaire à la retraite n’a pas de recette magique pour expliquer sa longévité dans une discipline aussi exigeante que le triathlon, particulièrement l’Ironman (3,8 km de natation, 180 en vélo et 42 km à la course à pied). « Chaque fois que je termine un Ironman, la scène est toujours la même. Je me prends le visage à deux mains et je me dis que je suis encore en vie. C’est drôlement valorisant. Comme si je ne m’y habituais pas et pourtant je n’ai jamais abandonné une course. Je n’ai pas de recette particulière. D’ailleurs, cela diffère d’une personne à une autre. En compétition, je nourris mon cerveau de pensées positives et je vois le verre à moitié plein, pas à moitié vide. Notre cerveau est programmé pour survivre, moins pour souffrir. Il faut l’alimenter en conséquence, engranger les kilomètres un à la fois et éviter de regarder l’ensemble du parcours qui se dresse devant toi. C’est ma méthode, fort simple, mais ça fonctionne pour moi », affirme Girard.


«  Chaque fois que je termine un Ironman, la scène est toujours la même. Je me prends le visage à deux mains et je me dis que je suis encore en vie.  »
Roger Girard

À l’entraînement, Girard essaie d’éviter le plus possible les sorties en solitaire. « M’entraîner seul serait plus difficile, mais j’ai beaucoup d’amis et de connaissances qui partagent la même passion. On se rejoint pour nager dans le lac Orford, à la piscine de la Ruche, en vélo, à la course à pied. Ça devient quasiment du social. Il n’y a pas une longue sortie à l’entraînement qui me pèse sur les épaules. «

L’âge n’est pas un obstacle

À 64 ans, les chronos de Roger Girard dans les Ironman sont un peu plus lents. Le principal intéressé vit bien avec cette nouvelle réalité. Il faut savoir que Girard s’est qualifié à sept reprises pour le Championnat du monde de la discipline à Kona en Hawai et trois autres fois sur la distance demi-Ironman. Il a souvent grimpé sur le podium dans son groupe d’âge un peu partout sur la planète.

« Je ne me torture pas l’esprit avec mes chronos. Le meilleur est derrière moi. Je m’installe à la ligne de départ le matin avec le même plaisir qu’auparavant. C’est maintenant l’expérience avant les bons chronos. Je vous garantis aussi que je ne suis pas masochiste. J’en vois plusieurs qui terminent des compétitions avec le dos en forme de S tellement ils sont mal en point. Lorsque cela m’arrivera, l’heure de la retraite aura sonné », explique celui qui réside maintenant à St-Élie d’Orford.

Si le rythme est plus lent, l’endurance et la volonté de Girard sont au beau fixe. Il participera à trois Ironman longue cette année. Ce sera la troisième fois qu’il se paie trois Ironman longue distance la même année depuis 2012. « C’est vrai que j’ai encore du gaz dans le réservoir. J’ai su éviter les blessures sérieuses. Cela m’aide. J’ai déjà participé à neuf triathlons en autant de semaines il y a une dizaine d’années. Je n’en suis plus là «, précise celui qui prend énormément de plaisir à entraîner d’autres athlètes et sportifs, notamment avec le Club de triathlon de Granby et chez Cardio Plein Air à Magog.


«  En compétition, je nourris mon cerveau de pensées positives et je vois le verre à moitié plein, pas à moitié vide.  »
Roger Girard

« En 2019, c’est ce qui me rend le plus fier, encore plus que mes performances personnelles. Voir les efforts et les progrès de ces hommes et ces femmes que j’entraîne me fait chaud cœur. On s’amuse ensemble et c’est payant pour eux. »

Son premier Ironman en 1994 s’inscrit dans ses souvenirs impérissables. « Pour une raison fort simple. On s’entraînait n’importe comment à l’époque. Je m’aventurais sur un terrain complètement inconnu. J’ignorais comment ça allait se terminer. Mes émotions étaient en montagnes russes. Regardez où cela m’a mené «, confie celui qui est aussi 2e dan en karaté.

Lac-Mégantic

Roger Girard a toujours été fidèle au Canada Man/Woman de Lac-Mégantic. Ce sera son troisième. « C’est tellement colossal et unique comme défi. C’est la signature d’Endurance Aventure qui organise la compétition de faire les choses différemment des autres. Je pourrais en parler des heures et des heures. Être en autosuffisance sur un parcours extrême. Terminer au sommet du mont Mégantic après un interminable passage à courir dans la forêt, c’est fou comme expérience. Je suis juste content de franchir l’arrivée avant la tombée de la nuit. Merci à Claude Ratté et Louise Nicholson qui m’assistent sur place. Ceux qui terminent sous les étoiles ont toute mon admiration. C’est un peu ça aussi un triathlon Ironman extrême. Il y a toujours de la place pour de l’émerveillement malgré la douleur et les longues heures à se battre contre soi-même », fait valoir Girard.