Le Phoenix de Sherbrooke devra trouver un moyen d'obtenir des victoires s'il souhaite distancer le Drakkar de Baie-Comeau et consolider son 16e rang, la dernière place donnant accès aux séries

Inquiétant Phoenix

CHRONIQUE / À 13 matchs de la fin de saison, le Phoenix se trouve actuellement au 16e rang, à un point d'une exclusion des séries éliminatoires. Si l'organisation ne semble pas inquiète, permettez-moi de l'être.
Une exclusion des séries constituerait un désastre pour la formation sherbrookoise. Et ce, même si le 17e rang lui permet d'obtenir de meilleures chances de gagner la loterie afin de repêcher au tout premier rang, sachant que la prochaine cuvée sera excellente.
Cette saison, les Oiseaux ne visaient pas du tout le sommet du classement après avoir raté leur objectif lors de la dernière campagne. Tout était à recommencer cette année, mais de là terminer dans la cave? Certainement pas.
Une équipe jeune, un gardien de premier plan peu constant, des blessures et encore des blessures. On ne peut pas dire que le Phoenix possède tous les outils pour avoir du succès et que les conditions semblent favorables.
En échangeant son capitaine Carl Neill, le directeur général envoyait un message clair aux partisans. Ce n'est pas cette saison que le Phoenix gagnera une première ronde éliminatoire depuis sa naissance en 2012. À moins d'un miracle.
Mais en acquérant le défenseur Luke Green, Jocelyn Thibault souhaitait préparer la prochaine saison, donner une chance à son club de bien se positionner et de ne pas perdre la face en séries. La venue de Cody Donaghey, un vétéran défenseur qui dispute sa dernière campagne dans le circuit, aurait aussi dû faire en sorte d'aider le club à obtenir plus de points.
Le hic, c'est que le Phoenix repose à l'avant-dernier rang et on sait que les positions 18 et 17 ne permettent pas de prendre part à la valse printanière.
Pour les coffres de l'organisation, une exclusion aurait évidemment un impact négatif. Mais il faut voir encore plus loin et penser à la fidélité des amateurs à court et moyen terme.
Est-ce les Oiseaux peuvent se permettre d'avoir seulement trois victoires lors des éliminatoires, et ce, en cinq saisons? Non. Surtout en connaissant la fragilité du marché sherbrookois.
N'allez pas croire que les joueurs ne sont pas au courant de l'urgence d'agir. Ils sont les premiers à vouloir connaître du succès d'ici la fin de la saison. Ils devront toutefois commencer à collectionner les victoires. Et ça urge. Pas seulement contre des équipes de bas de classement. Ça prendra quelques surprises face à des formations redoutables.
Pour ça, le gardien Evan Fitzpatrick devra multiplier les miracles. Ou du moins se ressaisir en se montrant plus constant.
Les piliers de la formation de Stéphane Julien devront quant à eux trouver le fond du filet plus régulièrement et donner une chance à Fitzpatrick de gagner ses parties, ce qui n'est pas le cas depuis une dizaine de matchs.
Certains sont fatigués après avoir été utilisés à outrance notamment à cause des blessures. Est-ce utopique de croire que sans Marek Zachar, sans Anderson MacDonald et avec des joueurs importants qui ont à peine joué une dizaine de parties avec l'équipe sherbrookoise, le Phoenix peut dépasser le Drakkar de Baie-Comeau, l'équipe à battre pour accéder aux séries? Peut-être.
La direction misait sur l'effort de ses joueurs afin d'offrir du hockey excitant à ses partisans. Maintenant, l'effort ne suffit plus. Ça prend des victoires.