Le président du Phœnix, Denis Bourque, fait confiance au gouvernement et aux revenus de la webdiffusion pour éponger une partie du déficit prévu lors de la saison 2020-2021 en raison de l’absence de spectateurs dans les gradins.
Le président du Phœnix, Denis Bourque, fait confiance au gouvernement et aux revenus de la webdiffusion pour éponger une partie du déficit prévu lors de la saison 2020-2021 en raison de l’absence de spectateurs dans les gradins.

LHJMQ : un plan financier à remodeler

Jérôme Gaudreau
Jérôme Gaudreau
La Tribune
La LHJMQ subit des bouleversements et traverse actuellement une période d’incertitudes en raison des perturbations causées par la pandémie de COVID-19. Tout le plan financier doit être repensé : des revenus différents et plus modestes, des dépenses en moins et de nouvelles stratégies d’affaires. Et ce, jusqu’à ce que le brouillard se dissipe.

En présentant les matchs à huis clos au Québec, les équipes de la LHJMQ devront se passer de leur source de revenus principale. En raison de l’absence de spectateurs dans les gradins, les organisations doivent du même coup mettre une croix sur les revenus des produits alcoolisés et des concessions. Sans parler des commanditaires, qui ont choisi dans certains cas de retirer leur publicité, faute de visibilité. 

Si certaines organisations ne roulaient déjà pas sur l’or, allant jusqu’à connaître des déficits, le portait aujourd’hui paraît encore plus sombre. 

« Ceux qui croient que c’est profitable, une franchise de la LHJMQ comme le Phœnix, ils se trompent. Imaginez maintenant. Dans notre cas, on n’investit pas d’argent ou d’efforts dans le Phœnix pour faire du profit. On le fait par passion! » indique le président et coactionnaire de l’équipe, Denis Bourque. 

Or, la LHJMQ continue de prétendre qu’il n’y a pas de concessions en danger financièrement.

« Les franchises sont en santé et ancrées dans leur communauté », assure la LHJMQ, répondant ainsi à la question posée par La Tribune. 

« À ce moment-ci, nos 18 propriétaires sont déterminés à conserver leur équipe dans leur marché respectif, soutient-on. Dans les discussions que nous avons eues pour recommencer la saison, tous poussaient dans la même direction afin de débuter la saison de hockey. Ces propriétaires sont d’abord et avant tout des partisans de hockey et c’est véritablement le sentiment qui m’a habité lorsque nous avons donné le feu vert pour la saison. »

L’ensemble des propriétaires ont en effet accepté aveuglement la proposition de la LHJMQ de tenir une saison sans spectateurs dès le 1er octobre. 

« On n’a reçu aucune garantie du gouvernement. On a fait confiance à la LHJMQ ainsi qu’au gouvernement, qui nous assure qu’il sera là pour nous aider au besoin. Mais j’ai hâte de le savoir. Ce serait sécurisant. »

Chaque organisation a dû jeter son plan financier à la poubelle, sachant que les gradins des 12 amphithéâtres du Québec seront vides cette saison.

Rappelons que dans les Maritimes, la présence des spectateurs est acceptée, mais une capacité maximale a été fixée pour chaque aréna. À Cap-Breton par exemple, 1500 spectateurs seront acceptés. La capacité habituelle du Centre 200 pour les matchs des Eagles : environ 5000.

Un casse-tête financier

Sans spectateurs, le Phœnix doit maintenant trouver un moyen de conserver ses commanditaires et de réduire le coût des factures concernant différentes dépenses. 

« On doit tricoter un budget d’opération minimaliste, explique le président du Phœnix. Certains commanditaires sont restés avec nous, d’autres ont quitté. La bonne nouvelle, c’est que les partenaires de la LHJMQ semblent être restés. Je n’ai pas eu d’indications comme quoi les commanditaires nationaux avaient quitté. On doit toutefois se montrer créatifs et surtout profiter de la webdiffusion pour conserver nos commanditaires régionaux ou en accueillir de nouveaux, qui voient une occasion extraordinaire de rejoindre leur clientèle cible grâce à la webdiffusion. »

« Nous travaillons fort à ce que tous nos partenaires soient de retour cette saison, assure de son côté la LHJMQ. Il est certain qu’en raison de la pandémie et des matchs qui se disputeront à huis clos au Québec, l’offre que nous avions dans le passé doit être repensée et renouvelée. Nous sommes donc dans la création d’idées d’activation avec nos partenaires dans le but de leur donner la meilleure fenêtre de visibilité malgré la situation actuelle. »

À Sherbrooke, les partenariats avec des commanditaires comme les croustilles Old Dutch ou la bière Sleeman ont ainsi été modifiés ou même suspendus. 

« On n’a pas de spectateurs, donc nécessairement, on ne vend plus de chips ou de bière dans le Palais des sports. On doit aussi déplacer certains panneaux publicitaires pour qu’ils soient vus lors de la webdiffusion et c’est là qu’il est possible de conserver nos commanditaires », indique Denis Bourque. 

Une liste de dépenses en moins

Avec tous ces sièges dégarnis et toutes ces portes verrouillées à clef durant les parties présentées au Québec, les dépenses des organisations diminuent conséquemment. 

Pas d’animation, pas d’employés à payer durant les parties, pas de bière à acheter.

« Mais certaines de ces dépenses amenaient finalement des profits. Comme la vente de bière, les concessions ou bien encore les souvenirs. On continuera à vendre des produits promotionnels, mais en ligne », précise Denis Bourque.

L’enveloppe destinée aux voyages de l’équipe a également diminué. De 25 %, plus précisément, selon les chiffres offerts par le Phœnix, puisque la formation sherbrookoise affrontera uniquement ses rivaux de division cette saison. 

« On aura à jouer plus souvent à Rouyn-Noranda ou Val-d’Or, mais on disputera nos autres parties à Drummondville, Boisbriand et Gatineau. On évite surtout les voyages dans les Maritimes, qui étaient très coûteux, et les voyages à Baie-Comeau, Chicoutimi et Rimouski, qui nécessitaient bien souvent des nuits d’hébergement. Nos joueurs passeront beaucoup moins de temps sur la route et disputeront huit parties en moins, dont quatre à l’étranger », rappelle Denis Bourque.