La saison 2020-2021 ne pourrait commencer plus tard que le 6 janvier selon ce qui a été évoqué par les dirigeants de la LHJMQ. L’existence d’un vaccin pourrait également être nécessaire afin de reprendre l’action.
La saison 2020-2021 ne pourrait commencer plus tard que le 6 janvier selon ce qui a été évoqué par les dirigeants de la LHJMQ. L’existence d’un vaccin pourrait également être nécessaire afin de reprendre l’action.

LHJMQ : pas de saison 2020-2021 sans vaccin ?

SHERBROOKE — Sans vaccin contre la COVID-19, la saison 2020-2021 de la LHJMQ pourrait être annulée. Une date ultime de reprise des activités a également été évoquée par les dirigeants du circuit. Si l’action ne reprend pas avant le 6 janvier, il faudrait mettre une croix sur la prochaine campagne.

« La question à se poser est la suivante : s’il n’y a pas de vaccin antiviral qui existe, est-ce que le gouvernement nous laissera organiser des événements sportifs ou artistiques, comme des matchs de hockey ou des spectacles? Tout dépend donc de la décision du premier ministre François Legault, estime le gouverneur et copropriétaire du Phœnix de Sherbrooke, Ronald Thibault. Si la réponse est non, ce sera fou. Il faudra peut-être oublier la prochaine saison. À moins que la science batte le record mondial de rapidité pour la conception d’un vaccin. »

Alors que le coronavirus se répand encore presque partout dans le monde, la course au développement d’un vaccin contre cette menace est enclenchée et les scientifiques espèrent trouver ce vaccin en un temps record. 

« Et si le gouvernement nous permet de présenter des matchs de hockey malgré l’absence de vaccin, on sera forcé de trouver les meilleures solutions en ce qui concerne la distanciation sociale et les protocoles sanitaires, admet Ronald Thibault. Est-ce qu’il faudra réduire la capacité de nos amphithéâtres? Est-ce qu’il y aura une limite pour le nombre de personnes permises lors d’un rassemblement? Peu importe le scénario ou la date choisie, on sera pris de court. On aura énormément de travail à faire pour se revirer de bord rapidement! Ce n’est pas simple. »

Dans le cas où le gouvernement décide d’autoriser les événements à grand déploiement ou les rassemblements d’envergure malgré l’absence de vaccin, quelles seront alors les règles de distanciation sociale et quel sera le protocole sanitaire? 

« Faudra-t-il réduire la capacité des amphithéâtres? Si oui, à quel point? Je me demande si ce sera rentable. Puis on fait quoi avec le déplacement des joueurs dans l’autobus ou leur présence dans le vestiaire et sur le banc des joueurs? Sur la glace, il y a aussi une proximité entre les joueurs, les arbitres, les entraîneurs », rappelle le gouverneur du Phœnix. 

Par exemple, en respectant la distanciation sociale imposée, est-ce que la capacité maximale pourrait être réduite à 25 %? Si oui, qu’en est-il de la rentabilité? Les dirigeants attendent impatiemment de connaître la décision du gouvernement prise au moment plus opportun, une fois que la situation s’éclaircira. 

La présence de 1000 spectateurs plutôt que 4000 par exemple vient aussi changer la donne pour les annonceurs.

« Ils n’auront pas la même visibilité. Déjà que l’on se demande si les petites et moyennes entreprises seront au rendez-vous lorsque viendra le temps de vendre de la publicité ou des loges », rappelle Ronald Thibault.

Situation inquiétante

La survie financière de quelques organisations inquiète déjà le commissaire Gilles Courteau, qui a confié s’attendre à ce que certaines des 18 organisations de la LHJMQ ne reviennent pas si la saison 2020-2021 n’a jamais lieu, tout en avouant cependant ne pas avoir peur de revoir toutes les équipes si la saison 2020-2021 n’est plus en péril. 

Reste maintenant à savoir sous quel format cette saison sera disputée si les activités reprennent plus tard à l’automne ou encore en hiver.

« Il serait possible qu’une saison d’une trentaine de matchs soit disputée entre janvier et avril si l’action ne reprend pas en 2020 », soutient M. Thibault, tout en rappelant que dans ce cas la Coupe Memorial sera repoussée à la première semaine de juin. 

Les matchs à huis clos ne sont pas la solution

Selon l’actionnaire du Phœnix de Sherbrooke, il serait impossible de conserver la viabilité d’une équipe de la LHJMQ en tenant des matchs à huis clos, sans spectateurs dans les gradins. 

« Les gens viennent voir nos matchs pour vivre une expérience. Ils ne viennent pas à l’aréna pour seulement regarder une partie de hockey. C’est un événement familial, un spectacle. C’est plus que du hockey. Donc je ne suis pas convaincu que la télédiffusion des matchs ou la présentation des parties sur Internet peut sauver la prochaine saison. Ce ne sera pas assez. »

À l’heure actuelle, la LHJMQ ne sait toujours pas quand et sous quel format les assises 2020 auront lieu. C’est à ce moment que les décisions sont prises annuellement entre les gouverneurs et le commissaire Gilles Courteau. Même si plusieurs dossiers peuvent être traités rapidement, celui de la reprise des activités dépendra alors de la décision du gouvernement. 

Rappelons que le repêchage aura tout de même lieu le 6 juin comme prévu, mais en ligne plutôt qu’au Palais des sports de Sherbrooke.