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Jérôme Gaudreau
La Tribune
Jérôme Gaudreau
Malgré les nombreuses mesures préventives, la COVID-19 s’invite dans les vestiaires de la LHJMQ.
Malgré les nombreuses mesures préventives, la COVID-19 s’invite dans les vestiaires de la LHJMQ.

LHJMQ : Des environnements (pas assez) protégés

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CHRONIQUE / Vous l’avez vu comme moi. Les Rangers du Texas ont disputé un match dans un stade plein lundi : 40 000 fans, pour la plupart sans masque. Dans les Maritimes, à Moncton par exemple, plus de 2000 personnes assistent aux parties des Wildcats. Pendant ce temps au Québec, les 12 équipes de la LHJMQ se croisent les doigts après avoir vu leurs séries être remises à plus tard : onze cas positifs à la COVID-19 chez les Olympiques de Gatineau et quatre chez les Remparts de Québec.

Après un début de campagne des plus chaotiques parsemé de quelques éclosions, la LHJMQ a vendu l’idée des « environnements protégés » à la Santé publique en espérant avoir la permission de présenter ses matchs de saison malgré les mesures en vigueur en zone rouge ou orange.

Au mois d’octobre, rappelons que le Phœnix déclarait que 11 de ses membres avaient été touchés par la COVID-19. Peu avant, 18 joueurs de l’Armada étaient atteints de la COVID-19.

Malgré les différentes précautions prises depuis ce temps, la COVID-19 s’invite encore dans les vestiaires des différentes formations du circuit Courteau.

Ce virus est difficile à déjouer. Mais tout indique que l’environnement des organisations n’est pas si protégé, finalement. Ou du moins, pas assez.

Maintenant, c’est au tour des Remparts et des Olympiques d’être mis en isolement pendant 14 jours. 

D’autres cas ont par la suite été déclarés. Plus récemment encore, le Phœnix de Sherbrooke a dû mettre une croix sur ses deux derniers matchs de saison en raison d’un cas chez un membre du personnel. Quelques jours avant, le Drakkar de Baie-Comeau remettait en question sa présence dans la bulle de Sherbrooke.

Et au même moment à Vancouver, c’est l’hécatombe chez les Canucks. Le virus, un variant brésilien dit-on, se rend même jusque dans les familles des joueurs. 

D’ailleurs, je ne serais pas surpris d’apprendre que des membres de familles de pension ou de familles du personnel aient été aussi atteints par la COVID-19. 

Parce qu’en réalité, la bulle autour des joueurs n’est pas si étanche. Ces derniers retournent dans leur famille de pension à la fin de chaque entraînement et de chaque événement en environnement protégé. 

Un peu ironique de se rappeler que les parties dans les Maritimes se disputent devant une foule pendant qu’ici, des équipes se battent contre le virus. 

La LHJMQ pousserait l’audace jusqu’à présenter les demi-finales et la finale dans les Maritimes devant spectateurs. 

Mais on est encore bien loin de cette idée, puisque pour l’instant, la LHJMQ travaille sur un plan et un calendrier en espérant ne pas être obligée d’annuler pour une deuxième fois de suite les éliminatoires.

On le voit : en renvoyant ses joueurs et les membres du personnel dans la communauté, même s’ils font des efforts inhumains pour éviter les contacts et les sorties inutiles, la LHJMQ s’expose au danger d’une éclosion. 

La semaine dernière, en guise de réponse à une question posée par La Tribune, la LHJMQ a confié qu’en cas de résultats positifs au sein d’une formation, cette dernière serait forcée de mettre une croix sur la suite des séries. 

Dans ma chronique intitulée « La LHJMQ doit avoir les moyens de ses ambitions » écrite en octobre, je mentionnais alors que le protocole de retour au jeu n’avait pas fait ses preuves et comportait des failles à la suite des premiers cas chez le Phœnix et l’Armada.

Une fois en zone rouge et en confinement total, la LHJMQ a opté pour les bulles. Un concept qui semblait faire ses preuves jusqu’à tout récemment. 

Encore une fois, la LHJMQ devra retourner à la planche à dessin. Et s’il y a un concept qui a fonctionné, c’est bien celui de la LNH lors des plus récentes séries éliminatoires. 

Une bulle complète. C’est la seule option qui se présente à la LHJMQ, qui ne peut pas se permettre d’avoir des séries durant lesquelles chaque équipe a devant elle le spectre d’une possible exclusion des séries à cause de la déclaration de cas de COVID-19. 

Loger tous ses joueurs sous un même toit à la fin d’une quarantaine, dans une bulle fermée, loin de tous les éléments pouvant transmettre le virus. Tester les membres des équipes à leur entrée et tout au long des séries éliminatoires. Il faudra serrer la vis.

Douze millions de dollars ont été offerts par le gouvernement pour que les organisations du Québec puissent payer les frais d’une saison sans spectateurs et sécuritaire. Un million par équipe. 

Les propriétaires du junior majeur n’ont pas les mêmes moyens que ceux de la LNH, bien entendu. Mais ils ont les mêmes ambitions : déterminer une équipe championne en présentant des séries.

Et ça, parti comme c’est là, c’est loin d’être fait.

Il faudra probablement s’armer de patience et de résilience. Sauf si l’on prend les grands moyens.