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L'Estrie pousse ses fondeurs vers les plus hauts niveaux
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Jules Burnotte rapatrié d’urgence

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Jules Burnotte rapatrié d’urgence

Jérôme Gaudreau
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La Tribune
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Ce matin-là, le Sherbrookois Jules Burnotte et ses coéquipiers de l’équipe canadienne de biathlon se préparaient à participer à la toute dernière course de la saison sur le circuit européen en Pologne. Jusqu’à ce que Biathlon Canada les rapatrie d’urgence au pays. Une saison qui a pris fin exactement de la même manière que la dernière, alors que la COVID-19 forçait les athlètes canadiens à quitter la Finlande pour rentrer à la maison en mars 2020. 

Après avoir quitté le circuit de la Coupe du monde pour regagner le circuit d’Europe, Jules Burnotte s’est offert entre autres le 5e rang au sprint lors de l’épreuve d’Allemagne. De quoi le motiver pour la suite des choses.

« J’aurais pu poursuivre ma saison et aller aux Mondiaux par exemple, explique Jules Burnotte. Mais en prévision de l’annonce de Justin Trudeau concernant les modifications des règles sur les voyages à l’étranger, alors que les voyageurs devaient se soumettre à un isolement à l’hôtel, Biathlon Canada ne voulait pas prendre de chances et a demandé à tous ses athlètes de revenir au Canada. Tout le monde était bien déçu au sein de l’équipe. C’était une drôle de décision sachant que finalement, on aurait pu participer à cette course et revenir à temps pour éviter l’isolement à l’hôtel. C’est dommage. »

Maintenant au Québec depuis quelques semaines, Jules Burnotte se dit chanceux d’avoir pu pratiquer son sport sur la scène internationale malgré la pandémie. 

« On apprend à vivre avec l’incertitude en étant athlète. Parfois, on participe à certaines épreuves si l’on est bien classés, d’autres fois non quand on connaît une moins bonne sortie. C’était la même chose avec la COVID-19. On espérait vraiment pouvoir terminer la saison. Je ne peux pas dire que la pandémie a affecté ma motivation. J’ai eu la chance de pouvoir faire des courses cette saison, contrairement aux plus jeunes qui pouvaient seulement s’entraîner au Québec sans faire de compétitions. Je ne peux pas me plaindre. »

Lors des dernières semaines, Jules Burnotte a pu profiter du décor estrien pour s’entraîner sans pression. 

« J’étais un peu déçu de ma saison, qui était beaucoup en deçà de mes attentes. À mon retour, je me suis demandé ce qui était mieux pour moi. Si c’était préférable de prendre un peu de repos ou de me relancer immédiatement dans l’entraînement. J’ai opté pour le repos et j’ai senti que ça m’avait fait beaucoup de bien. Ensuite, je me suis entraîné à Sherbrooke en profitant simplement de l’hiver, sans stress, avant de revenir au Centre national d’entraînement Pierre Harvey. »

Jules Burnotte pourra également profiter des installations de la Base militaire Valcartier pour pratiquer ses tirs. 

« Je suis content de retrouver la gang du ski de fond, dont les gars de Sherbrooke Léo Grandbois et Olivier Léveillé. Ce n’est pas commun de voir un biathlonien de l’équipe nationale ne pas s’entraîner à Canmore, mais plutôt au Centre Pierre Harvey avec les fondeurs. Je me sens appuyé par la fédération, même en demeurant au Québec. Je vais revenir plus fort et plus motivé. Je ne dois jamais oublier que c’est un privilège de pouvoir faire ce que j’aime », résume Jules Burnotte. 

L’histoire à succès se poursuit

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L’histoire à succès se poursuit

Jérôme Gaudreau
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Ce n’est pas d’hier que le Club de ski de fond du Parc du Mont-Orford forme des athlètes de haut niveau. L’entraîneur Gilles Lefebvre a vu passer au fil du temps les Vincent Renart, Philippe Duchesneau, Zachary Cristofallini, Xavier Bouchard et Mylène Champagne pour ne nommer que ceux-là. Cette fois, près de la moitié de l’équipe masculine présente au Centre national d’entraînement Pierre Harvey provient de Sherbrooke et d’autres s’apprêtent à suivre les traces de Léo Grandbois, Olivier Léveillé et Jules Burnotte. 

On pourrait croire que les succès connus par le Québécois Alex Harvey ont augmenté la popularité envers le ski de fond en province, mais la pandémie aura poussé encore davantage de jeunes adeptes vers la pratique de ce sport.

« Normalement, on compte une douzaine de membres et depuis la pandémie, 19 skieurs sont inscrits au Club et s’entraînent avec nous, note Gilles Lefebvre. Ce n’est pas un hasard avec la pandémie. Parmi eux, on peut penser à des athlètes remplis de potentiel comme Nicolas Beaulieu et Alexandra Racine, qui ont déjà remporté le championnat national. Je pense aussi à Jules St-Jean et Morgan St-Martin qui se trouvent dans le top 10 de leur catégorie au Québec. Pour un petit club comme le nôtre, c’est impressionnant. »

Malgré la culture plutôt pauvre du ski de fond au Québec, la province fait bonne figure sur la scène nationale ou internationale.

« Les gens ont peut-être regardé les exploits d’Alex Harvey, mais je ne pense pas que ce fut suffisant pour les convaincre à acheter un équipement et à pratiquer le ski de fond, croit Gilles Lefebvre. Je pense que tout dépend des parents, qui vont amener leurs enfants faire du ski de fond. Tout part d’eux. Alex Harvey peut toutefois se vanter d’avoir attiré de nombreux fondeurs de haut niveau au Centre national d’entraînement Pierre Harvey malgré les bonnes installations de Canmore. »

Gilles Lefebvre se dit convaincu de voir Olivier Léveillé et Léo Grandbois connaître encore du succès en ski de fond. Idem pour Jules Burnotte au biathlon.

« J’ai supervisé l’entraînement à temps plein d’Olivier et j’ai travaillé sur la technique de ski de Jules et Léo. Il y a des standards à atteindre d’une catégorie à l’autre et ils se trouvent tous au bon endroit. Le chemin est long toutefois et ils ont fait beaucoup de sacrifices, surtout quand on pense à Léo qui a été à l’écart de la compétition pendant deux ans. »

Si Gilles Lefebvre a eu son mot à dire dans le succès du ski de fond en Estrie, les programmes de sport-études du Triolet pour le biathlon et de Magog pour le ski de fond ont aussi aidé au développement de ces deux sports en région, ainsi que le Club de biathlon de l’Estrie. 

« On a pu compter sur un excellent entraîneur comme Gilles, sur de bons programmes, mais aussi sur un bel appui d’Excellence sportive Sherbrooke. Je pense aussi qu’entre nous, on a su se pousser mutuellement pour en donner encore plus », avance Olivier Léveillé. 

Deux colocs, un seul but : les Olympiques

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Deux colocs, un seul but : les Olympiques

Jérôme Gaudreau
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Ils proviennent tous les deux de Sherbrooke, partagent la même passion, habitent ensemble, s’entraînent ensemble et bientôt, ils seront à la fois coéquipiers et adversaires. L’histoire des fondeurs Léo Grandbois et Olivier Léveillé n’a rien de banal. 

Un ancien biathlonien qui rencontre un spécialiste du ski de fond peut parfois donner un résultat impressionnant. Les deux Sherbrookois se retrouveront sur le même circuit de compétition la saison prochaine, et ce, pour une première fois. 

Pendant sa pause de deux ans causée par une opération, Léo Grandbois a vu son coloc connaître du succès sur la scène internationale, mais chez les juniors. 

Olivier Léveillé a notamment remporté une médaille de bronze au 10 km style libre lors des Mondiaux juniors de ski de fond de la Fédération internationale de ski en Finlande. Un exploit qui n’a pas laissé Léo Grandbois indifférent. 

« Ça m’a motivé! On habite ensemble depuis deux ans près du site d’entraînement du Centre national d’entraînement Pierre Harvey et je suis content de savoir que je peux me mesurer au troisième meilleur skieur au monde chez les juniors. On s’entraîne également avec Antoine Cyr, qui a percé le top 2 sur le circuit de la Coupe du monde. Si je suis capable de les suivre, c’est parce que je me suis bien rétabli de mon opération et que j’ai su maintenir la forme. Ça me permet de savoir où je me situe présentement. »

Il faut revenir jusqu’en 2018 pour se souvenir de la dernière compétition internationale de Léo Grandbois. Une épreuve de biathlon en Slovaquie. Et depuis décembre 2019, le Sherbrookois de 21 ans a dû s’absenter de la compétition pour régler un problème de circulation sanguine puisque Grandbois ne sentait plus ses extrémités en raison du froid, ce qui diminuait de beaucoup sa force. 

« Ça va mieux et j’ai pu tester tout ça lors de mon dernier hiver d’entraînement. C’était difficile, comme période. L’attente a été longue. Si je fais du sport, c’est pour performer et je ne pouvais pas prendre part aux compétitions. J’ai déjà hâte au mois de novembre et aux courses dans l’Ouest canadien. »

Olivier Léveillé (à gauche) et Léo Grandbois (derrière) profiteront d’un entraînement estival sur la piste de ski à roulettes avant d’amorcer leur prochaine saison au sein du circuit des moins de 23 ans et chez les seniors.

Deux « crinqués »

À ses côtés, il retrouvera Olivier Léveillé, qui admet profiter grandement de la présence d’un athlète comme Léo Grandbois. 

« On est deux à avoir des objectifs très élevés, soutient Léveillé, maintenant âgé de 20 ans. On se motive entre nous. Chaque jour, on donne le meilleur de nous-mêmes. Quand j’ai une moins bonne journée, Léo m’aide et le contraire est tout aussi vrai. Il faut maintenir une certaine discipline autant en ce qui concerne l’alimentation, les habitudes de vie et l’entraînement et c’est plutôt rare de tomber sur quelqu’un qui doit respecter la même routine et maintenir une certaine rigueur pour performer dans un sport de haut niveau. »

Il n’en demeure pas moins que le ski de fond est un sport individuel et que tôt ou tard, les deux amis devront s’affronter sur la même piste. 

« On ne se fera pas de cadeaux. Je veux déjà le battre à l’entraînement, donc ce sera la même chose durant les compétitions! » affirme Olivier Léveillé en riant. 

« J’ai l’impression que cette année, ce sera la bonne pour moi, ajoute pour sa part Léo Grandbois. Il y a tellement de facteurs qui influencent un résultat, mais je sens que la forme est bonne. Il est facile de trop en faire par contre. Je suis confiant, mais je devrai faire les bonnes choses à l’entraînement et mieux gérer ma préparation. »

« Rien ne nous empêche de nous entraider sur la piste surtout lors des départs de masse ou si par exemple on part tous les deux en échappée, précise Léveillé. On peut couper le vent chacun notre tour et s’aider de cette façon. On peut aussi se parler sur la piste. Disons que quand je le verrai, je n’aurai pas l’intention de casser ses bâtons. Il sera du même coup mon coéquipier chez l’équipe canadienne après tout et je serai toujours plus heureux de le voir gagner une course plutôt que d’en voir un autre remporter l’épreuve! »

Sur la route des JO

Même s’il s’agira d’une saison d’adaptation, les deux fondeurs espèrent tout de même faire bonne figure sur la scène nationale et internationale. 

« On arrêtera l’entraînement dans les prochains jours et je me permettrai deux semaines de congé à Sherbrooke pour décrocher complètement avant de reprendre la course à pied graduellement, informe Olivier Léveillé. Au début du mois de mai, je retournerai au Centre national d’entraînement Pierre Harvey pour la préparation en vue des premières courses au Canada. Mais j’ai vraiment hâte aux prochaines courses internationales. Je n’ai pas d’objectifs précis chez les seniors. J’espère participer aux sélections nationales et aux Mondiaux des moins de 23 ans et je ferai de mon mieux tout simplement dans ma nouvelle catégorie. »

« Pour ma part, je veux participer aux sélections nationales, indique Léo Grandbois, mais aussi aux sélections olympiques à moyen terme. »

Ce chemin est celui que souhaite emprunter le duo Léveillé/Grandbois pour se rendre un jour aux Jeux olympiques. Leur rêve.

« Je vise ceux de 2026, mais j’y vais au jour le jour. J’ai encore beaucoup à apprendre », termine Olivier Léveillé.