David Côté, propriétaire et entraîneur à l’Académie SGS, a pu relancer ses activités, mais sans contact, après avoir traversé une période qui est loin d’être favorable pour son entreprise et ses élèves.
David Côté, propriétaire et entraîneur à l’Académie SGS, a pu relancer ses activités, mais sans contact, après avoir traversé une période qui est loin d’être favorable pour son entreprise et ses élèves.

Les sports de combat mis KO

Alors que la vie tend à vouloir reprendre son cours normal, les sportifs ont retrouvé leur passion. En fait, presque tous. Les joueurs de soccer ont foulé à nouveau le terrain. Les arénas sont prêts. Les joueurs de tennis ont pu s’échanger quelques balles pendant que les golfeurs, eux, retrouvaient leurs bâtons il y a plusieurs semaines déjà. Pendant ce temps, les adeptes de sports de combat rongent leur frein en espérant que la situation leur permette bientôt de retrouver leur routine.

La boxe, les arts martiaux mixtes, le kickboxing et tous les autres sports de combat se retrouvent toujours en mode confinement en raison de la COVID-19. Et ils sont les seuls. Un dur coup à encaisser pour les adeptes, les promoteurs et les propriétaires d’écoles de combat. 

« Quand le gouvernement a annoncé la fermeture, c’était dur à entendre, admet David Côté, propriétaire et entraîneur à l’Académie SGS, qui se spécialise en arts martiaux mixtes. Je comprenais les raisons. C’était normal. Mais je m’attendais à une fermeture de deux semaines. Pas trois mois. Finalement, j’ai pu relancer mes activités il y a une dizaine de jours. Tout cela a nui aux affaires. Je devais continuer de payer le loyer et je n’ai pas pu ajouter de nouvelles inscriptions, mais je m’en sors bien malgré tout. Je demeure positif. »

La directive de ne pas tenir de combats dans un contexte sportif a toutefois été maintenue. Si le gouvernement a permis un déconfinement presque total au Québec, les sports de combat n’en font toujours pas partie. 

« Je suis étonné d’apprendre que les parties de soccer peuvent reprendre alors que les combats demeurent interdits. Même les bars sont ouverts! J’imagine que les sports de combat feront partie de la dernière phase. Je demeure optimiste », poursuit David Côté.

Durant cette attente, les combattants peuvent heureusement avoir accès au gym, enfin. Ils en profitent également pour travailler leur technique sous le regard de leur entraîneur, qui se tient à distance, tout comme les autres combattants.

Thomas Chabot s’entraîne comme si son troisième combat professionnel avait lieu dans quelques jours, ce qui ne sera vraisemblablement pas le cas.

Période difficile pour les boxeurs

Le boxeur Thomas Chabot venait à peine de commencer sa carrière professionnelle lorsque la pandémie a éclaté. Probablement le pire moment pour espérer vivre uniquement de la boxe, mais Chabot refuse d’abandonner son rêve.

Il avait d’abord réussi sa rentrée avec une impressionnante victoire par KO au premier round contre le Polonais Robert Niedzwiedski le 25 janvier dernier. Un mois plus tard, il servait la même correction au Mexicain Lux Marcos Garcia.

« Je vise les plus hauts sommets. Avant tout, je dois prendre de l’expérience, mais pour ça, je dois me battre. Heureusement, je suis jeune et j’ai encore du temps devant moi. »

Le début du confinement imposé par le gouvernement est survenu quelques heures avant le troisième combat du boxeur de Thetford Mines, qui s’entraîne à Montréal et parfois à Sherbrooke.

« La boxe est devenue mon seul gagne-pain. Depuis le début de l’année 2020, je n’ai pas d’autre revenu que celui apporté par la boxe. Et on s’entend qu’à nos débuts comme boxeur, la bourse reliée à un combat n’est pas très grosse. On doit faire nos preuves avant. En plus, j’ai dû cesser l’entraînement au gym. C’était décevant, certains boxeurs ont trouvé ça plus dur que d’autres sur le plan physique ou même financier. Surtout ceux qui ont un rythme de vie plus élevé, avec des dépenses plus importantes que les miennes. D’ici là, on doit se montrer patients, mais je ne me fais pas d’attentes quant à un éventuel retour. »

Thomas Chabot maintient donc la routine habituelle et garde la forme en évitant les entraînements avec un partenaire. 

« Je suis retourné au gym de Marc Ramsay. Je me sens en excellente forme physique. J’ai d’ailleurs gagné les Olympiades virtuelles organisées par Eye of the Tiger Management et Punching Grace face aux autres boxeurs du groupe. On a tous hâte de reprendre les combats. Malheureusement, la proximité dans notre sport complique bien des choses en temps de pandémie », soutient le jeune boxeur de 20 ans. 

Une date pour se préparer

Ce que souhaite le monde des sports de combat, c’est d’obtenir une date approximative du retour à la normale. 

« Ce serait utile pour préparer les combattants et les galas. On comprend que c’est difficile de respecter la distanciation dans notre sport, mais c’est aussi le cas de plusieurs autres sports qui ont pourtant recommencé. Ce que le gouvernement doit éviter, c’est d’annoncer la reprise des galas et des combats quelques jours avant le recommencement. Présentement, aucun de nos combattants n’est prêt à se battre. Ça prend une longue préparation, ça ne se fait pas du jour au lendemain », indique l’entraîneur David Côté, qui tente par tous les moyens de maintenir la motivation de ses élèves pour éviter que celle-ci soit mise KO par la COVID-19.