Après trois finales de la Coupe du Président, une Coupe Memorial, trois présences au Défi Mondial des moins de 17 ans et un Championnat mondial des moins de 18 ans, voilà Guillaume Labonté aux portes d’une première participation au prestigieux Mondial junior.
Après trois finales de la Coupe du Président, une Coupe Memorial, trois présences au Défi Mondial des moins de 17 ans et un Championnat mondial des moins de 18 ans, voilà Guillaume Labonté aux portes d’une première participation au prestigieux Mondial junior.

Les officiels Guillaume Labonté et Jonathan Deschamps au Mondial junior à Edmonton

Louis-Simon Gauthier
Louis-Simon Gauthier
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Fêterons-nous Noël en famille cette année? Guillaume Labonté et Jonathan Deschamps, eux, ne se posent pas la question! Les deux officiels de la Mauricie ont appris, au cours des derniers jours, qu’ils participeront au Championnat mondial de hockey junior, à compter du 25 décembre dans la bulle d’Edmonton.

Les deux amis font partie d’une délégation constituée de 14 arbitres et 12 juges de lignes, tous de nationalité canadienne, dont 8 sont originaires du Québec.

Leur mandat? Officier les matchs regroupant les meilleurs espoirs, lors d’un rendez-vous sportif et culturel devenu une tradition pour des millions de téléspectateurs.

Une vitrine d’exception

Quand Labonté a reçu un coup de fil du responsable de l’arbitrage chez Hockey Québec, Peter Moraitis, il savait que ce serait des bonnes nouvelles.

Le Trifluvien maintenant établi à Nicolet a eu 30 ans lundi. Après trois finales de la Coupe du Président, une Coupe Memorial, trois présences au Défi Mondial des moins de 17 ans et un Championnat mondial des moins de 18 ans, le voilà enfin aux portes d’une première participation au prestigieux Mondial junior.

«Quel bel honneur!» s’est-il exclamé, en entrevue au Nouvelliste. «C’est le championnat que tout le monde regarde durant les Fêtes. D’être sur place, c’est un privilège. J’attendais ce moment depuis longtemps», poursuit celui qui a commencé à arbitrer dans le hockey junior il y a déjà plus d’une décennie.


« J’espère que ce tournoi m’aidera à me rapprocher un peu plus de la LNH. Je suis à un appel téléphonique, j’y crois toujours, même si la fenêtre semble moins grande qu’elle ne l’était il y a cinq ans. »
Guillaume Labonté

«Je me considère encore comme un jeune, on dirait que je ne vois pas le temps passer! J’espère que ce tournoi m’aidera à me rapprocher un peu plus de la LNH. Je suis à un appel téléphonique, j’y crois toujours, même si la fenêtre semble moins grande qu’elle ne l’était il y a cinq ans.»

Fulgurante progression

Le juge de lignes Jonathan Deschamps ne mise pas sur le même bagage que Labonté dans un uniforme rayé, mais sa longue carrière de hockeyeur l’ayant conduit du midget AAA aux rangs universitaires, en passant par la LHJMQ, vient compenser: il ne cesse de gravir les échelons depuis trois ans.

La preuve, il a passé l’entièreté de la saison 2019-20 dans la Ligue américaine. L’ancien capitaine du Phoenix de Sherbrooke compte déjà une compétition internationale (Défi mondial M-17) à son actif et il se retrouve sur le radar de la LNH.

On sait que la ligue a désormais un penchant pour les anciens joueurs dans son recrutement d’officiels. Comme l’expliquait l’arbitre François St-Laurent dans un article publié lundi sur le site web de RDS, le circuit Bettman vise à réduire le fossé entre les entraîneurs et les hommes zébrés, pour reprendre une expression que Bob Bissonnette a transformée en chanson.

Jonathan Deschamps gravit les échelons comme juge de lignes à une vitesse spectaculaire.

«Ça déboule vite depuis deux ans», sourit Deschamps, qui aborde le Mondial junior comme un autre examen d’évaluation vers le niveau supérieur.

«Je me sens bien, j’ai travaillé comme coach à l’école de power skating de Julie Robitaille, alors j’ai eu des patins dans les pieds une bonne partie de l’été. Je n’ai pas vraiment arrêté l’entraînement depuis avril. Oui, je suis prêt pour le Mondial!»

De son côté, Guillaume Labonté a vu un peu moins de hockey dans les derniers mois, sauf qu’il prévoit s’adonner à quelques séances de patinage libre, à l’aréna Pierre-Provencher de Nicolet.

Noël à l’hôtel

Les règles sont strictes dans la préparation menant au tournoi. Deschamps et Labonté devront s’isoler à la maison dès le 6 décembre, une semaine avant de monter à bord d’un avion, direction la capitale albertaine.

Là-bas, ils rejoindront les installations ayant abrité l’une des deux bulles de la LNH pendant les éliminatoires. Des séries ponctuées de succès avec un bilan intact: aucun cas déclaré de COVID-19.

«C’est rassurant de savoir que la formule est éprouvée», concède Guillaume Labonté. «On se fait tester, les gens impliqués sont déjà rodés. Je n’ai aucune inquiétude.»

Des propos partagés par Deschamps, même si ce voyage dans l’Ouest canadien rime avec deux réveillons passés à l’hôtel, loin des siens.

«Ce sera une première, un Noël sans la famille. Si tout le monde suit les règles, ce sera un succès. Nous ne connaissons pas encore tous les détails, mais on sait que la fédération internationale et Hockey Canada vont nous fournir tout ce dont on aura besoin. En plus, on se retrouve entre amis!»

Une première

Fait plutôt inusité dans une compétition sportive de calibre mondial, tous les officiels en poste à Edmonton seront des Canadiens.

«Habituellement, tu n’arbitres pas les matchs de l’équipe nationale de ton pays, mais la situation est exceptionnelle et ils font confiance aux officiels du pays hôte», témoigne Labonté, qui rappelle que la majorité des arbitres de la LNH sont originaires de l’Amérique du Nord.

«On a une bonne réputation et on va assurer de la maintenir!», d’ajouter Deschamps qui, à l’image de Labonté, suit les traces des Denis Morel, Claude Béchard, Michel Cormier Jr, Éric Furlatt et Frédérick L’Écuyer, tous des officiels originaires de la Mauricie.