La décision de l'Université Bishop's de déménager son équipe de football dans la conférence des Maritimes ne fait pas l'unanimité au sein des anciens joueurs.

Les joueurs des Gaiters sont sceptiques

L'annonce du départ des Gaiters de la conférence Québec du football universitaire vers la conférence des Maritimes a provoqué une onde de choc partout au pays. Et aussi dans le vestiaire des joueurs, les principaux concernés par cette décision.
Plusieurs anciens joueurs se sont exprimés sur les médias sociaux, et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne sont pas heureux de la décision.
Actuel membre des Eskimos d'Edmonton, le Sherbrookois Elie N'Goyi a mentionné que les Gaiters auraient dû rester au Québec et trouver d'autres moyens d'être compétitifs.
« C'est une mauvaise décision, pour Bishop's, pour les joueurs, pour le RSEQ. On explique cette décision de quitter pour les Maritimes parce que l'équipe ne peut lutter à armes égales avec les autres; pourtant, l'équipe n'a toujours pas d'entraîneur-chef, en pleine période de recrutement! C'est dur d'avoir de la stabilité au poste d'entraîneur et ça fait mal; c'était la même chose quand j'étais là », a dit N'Goyi, qui vient de compléter sa quatrième saison chez les pros, après son passage avec les Gaiters.
« Pendant que le processus de nomination de l'entraîneur s'allonge, toutes les autres équipes, y compris celles des Maritimes, recrutent fort. Je suis inquiet aussi des conséquences du voyagement pour ces étudiants à temps plein si les déplacements se font en autobus. »
Dès 2017, les Gaiters évolueront en compagnie de Mount Allison, Acadia, St-Mary's et St-Francis-Xavier dans les Maritimes. Toutes des universités qui sont très semblables à plusieurs points.
Le souhait initial de Bishop's est de planifier un budget entre 200 000$ et 225 000$ pour ses voyages en avion dans les Maritimes. Ces sommes proviendraient essentiellement des dons faits par les anciens de Bishop's.
Avec un budget annuel de 350 000 $ qui n'a pas bougé depuis plusieurs années, les Gaiters ne pouvaient tout simplement plus affronter les puissants programmes de football québécois qui possèdent des budgets d'exploitation deux ou trois fois supérieurs.
«Mal à l'estime et à l'orgueil»
Après une saison 2013 historique et une présence en demi-finale du football québécois, les Gaiters n'ont pu faire mieux qu'une fiche de 3-21 lors des trois années suivantes.
Même s'il a disputé son dernier match avec l'équipe l'automne dernier, le porteur de ballon Vincent Pruneau avait des émotions partagées à propos de cette nouvelle lorsque La Tribune l'a contacté.
« À première vue, c'est un peu dur à avaler, je trouve que c'est de niveler par le bas. Pour être honnête, les joueurs ne sont pas au courant de tous les détails. Notre job à nous, c'est d'étudier, de jouer et de s'entraîner. Par contre, l'image qu'une telle décision projette, c'est que nous ne pouvons pas rivaliser avec les équipes du RSEQ. »
« Et en tant que Québécois, changer de ligue, ça fait mal à l'estime et à l'orgueil. Je me disais que les sommes requises pour aller jouer dans les Maritimes auraient dû être investies dans le personnel d'entraîneurs afin d'être plus compétitifs. »
« En même temps, à force de parler avec des gens, je me suis rendu compte que c'était probablement moins coûteux d'aller jouer là-bas que de tenter de compétitionner contre Montréal ou Québec. Ça va probablement nous permettre de gagner plus souvent, peut-être de faire les séries, et d'attirer de bons joueurs avec ces victoires. »
« Je crois tout de même que même si l'équipe change de conférence, on devra faire un meilleur job de recrutement. »
« Je crois que les gars vont embarquer dans le bateau, il faut juste leur laisser un peu de temps pour digérer la nouvelle. En définitive, c'est une belle opportunité pour aller chercher plus de victoires et éventuellement une place en séries. C'est une bonne chose pour l'avenir du programme ».