Malgré deux saisons difficiles dans la conférence des Maritimes, Chérif Nicolas entrevoit des jours meilleurs pour ses Gaiters. Le recrutement de joueurs québécois y jouera un grand rôle, dit-il.

Les Gaiters gardent le cap

Les Gaiters de l’Université Bishop’s ne s’attendaient certainement pas à un tel dénouement à la suite de leur passage dans la conférence des Maritimes, il y a deux ans. Avec une fiche d’une seule victoire contre 14 défaites, et deux saisons sans éliminatoires, on peut comprendre que le moral ne soit pas au plus haut. Malgré les difficultés, l’entraîneur-chef Chérif Nicolas est confiant de pouvoir faire changer le vent.

Les Gaiters ont disputé leur dernier match sur la route, samedi, en affrontant les Axemen, à Acadia.

Un match qui s’est soldé par une victoire de 31-9 des Axemen. Bishop’s est toujours à la recherche d’une victoire en 2018 (0-7).

« Avant la semaine de relâche, on avait progressé, je sentais que l’équipe voulait se battre et défendre ses couleurs avec fierté. On a disputé un gros match contre les Huskies (défaite de 18-9) la semaine dernière, un match où on a rivalisé coup pour coup. Je redoutais un relâchement cette semaine face à Acadia, et c’est ce qui s’est produit, malheureusement », a dit Chérif Nicolas.

« C’est décevant. Quand tu observes une certaine progression, tu veux qu’elle se poursuive. Il nous reste une chance de faire un pas vers l’avant, lorsqu’on accueillera St-Francis-Xavier, samedi. On va continuer à mettre l’emphase sur ce qui est important et faire confiance au processus. Il faudra prendre les bouchées doubles. »

Chérif Nicolas constate une certaine amélioration de son unité défensive, qui est désormais sous l’entière responsabilité de Fabrice Raymond.

« Depuis que Fab a pris la défensive au complet, ça va bien, ça progresse. On ne peut pas dire qu’on est entièrement satisfait, mais il y a une progression. On a limité les dégâts lors des deux derniers matchs. Je crois qu’on s’en va dans la bonne direction », a-t-il analysé.

Mais en attaque, l’unité dirigée par Justin Chapdelaine peine à afficher une certaine constance et des résultats probants au tableau : Bishop’s n’a marqué que 80 points en sept matchs en 2018.

« Notre attaque a de la difficulté à avoir du succès sur une base régulière. Ça vient par bourrée, ce qui fait qu’on n’a pas de rythme. On a un certain manque de cohésion et, il faut l’avouer, un manque de stabilité au poste de quart-arrière. On donne des opportunités aux gars, on fait un choix pendant la semaine, et on y va. »

Mathieu Demers (12 en 23, 186 verges de gain, un touché et deux interceptions) de même que Stephen Casey (5 en 12, 48 verges et deux interceptions) ont à nouveau partagé le travail, samedi. Dylan Tucker a amorcé la saison comme quart-arrière, mais il joue maintenant comme centre arrière.

Vivre avec la défaite

On s’en doute, les deux dernières saisons n’ont pas été de tout repos, chez les Gaiters.

« Il faudrait poser la question directement aux joueurs. Mais pour moi, c’est très très très difficile. C’est le plus gros défi auquel je fais face dans ma carrière. Je n’ai pas l’habitude des défaites. J’ai 14 défaites depuis que je suis arrivé ici, et j’en ai subi seulement 28 en sept saisons avec les Spartiates du Vieux-Montréal. Mais bon, c’est mon travail, et je fais ce que j’aime. »

« Le succès va venir avec le recrutement, et principalement le recrutement au Québec. Ça nous prend des joueurs qui vont vouloir endosser le mauve pour changer les choses. Plusieurs d’entre eux nous ont déjà choisi, mais on retient leurs noms jusqu’à la fin de la saison, par respect. On a déjà cinq gars du Québec confirmés, on espère en avoir une douzaine. »

C’est notamment le cas du quart-arrière Charles Aubry, des Nordiques de Lionel-Groulx (collégial division 1).

« C’est un très bon choix pour lui, il aura la chance de compétitionner rapidement et d’avoir un impact rapidement avec nous. Il aura la chance de faire plus que de porter un chandail », a dit Chérif Nicolas.

« Il ne faut pas oublier que 50 de nos 73 joueurs sont de première ou de deuxième année et notre moyenne d’âge est d’environ 21 ans. Tous des gars que j’ai recrutés. Oui, le succès n’est pas venu aussi vite qu’on le pensait. Mais quand tu grimpes une montagne, tu dois y aller un palier à la fois. Ces gars-là vont vieillir avec nous. Si on va chercher quelques gars du Québec, on va gagner en expérience. Notre recrutement va beaucoup mieux, il y a de plus en plus d’intérêts pour ce que l’on offre aux jeunes. »

Chérif Nicolas a encore une année à son contrat avec les Gaiters.