Vincent et Julien Anctil ont la confiance de leur entraîneur et obtiennent de grandes responsabilités après une saison de transition.

Les frères Anctil prennent du galon

Le début de saison des jumeaux Vincent et Julien Anctil dissipe les doutes. Repêchés en troisième ronde en 2018, les deux attaquants ont dû ronger leur frein à leur première saison que ce soit dans les gradins ou sur le banc des joueurs. Mais les frères Anctil deviennent peu à peu les joueurs souhaités lorsque le Phœnix de Sherbrooke les a sélectionnés tôt à l’encan.

« Ce n’est pas pour rien que notre organisation a repêché les frères Anctil aussi rapidement, clame l’entraîneur Stéphane Julien. On voyait en eux beaucoup de potentiel. Ils arrivaient de loin. Ils ont dû s’adapter et en ayant travaillé fort cet été, ils obtiennent de bons résultats et ils ne souhaitent pas s’arrêter là. Il s’agissait d’une année de transition pour eux entre la LHPS et la LHJMQ. »

Le passage entre la Ligue de hockey préparatoire scolaire et la Ligue de hockey junior majeur du Québec n’a pas été de tout repos. Considérés au départ comme des joueurs offensifs, les deux frères ont offert une contribution plutôt faible à l’attaque la saison dernière.

Julien Anctil a récolté quatre buts et sept mentions d’aide en 62 matchs, et ce, en évoluant sur le quatrième trio. Après 11 parties cette saison, le joueur de centre a déjà obtenu trois buts et deux passes.

Pour sa part, Vincent Anctil a été limité à 31 matchs en 2018-2019 et a terminé avec un dossier d’un seul but et trois passes. En 11 parties, l’ailier a déjà doublé sa récolte avec trois buts et cinq mentions d’aide.

« On a travaillé fort cet été et on continue de fournir les efforts, soutient Julien. On a été patients et ça paie aujourd’hui. J’ai amélioré ma puissance et ma rapidité cet été. Le hockey est un jeu de vitesse et mon frère et moi, on tenait à être encore plus vite sur la glace. »

« Quand on a eu une chance, on l’a saisie, note Vincent. Il ne faut pas arrêter et en donner encore plus en étant affamés. Je savais qu’il n’y avait pas beaucoup de changements dans l’alignement cette année. Je devais causer la surprise et gagner mon poste. Je ne voulais pas retourner sur le quatrième trio. »

Les spécialistes des unités spéciales

L’entraîneur Stéphane Julien n’hésite pas à offrir des mandats précis à ses deux joueurs. Parmi eux : gagner des mises en jeu, affronter les meilleurs trios et tuer les pénalités. 

Julien et Vincent Anctil remplissent bien leur rôle. Par exemple, lors du match contre l’Armada de Blainville-Boisbriand, Julien Anctil a terminé la rencontre avec 19 mises en jeu gagnées en 23 tentatives.

« À nos rencontres de début de saison, l’entraîneur m’a signifié que si je souhaitais avoir plus de temps de glace, je devais gagner des responsabilités et les mises en jeu sont une bonne facette de mon jeu, rappelle Julien Anctil. Je pratique cet aspect tous les jours. On le sait que c’est une portion importante d’une partie de hockey, donc si je peux devenir un spécialiste des mises en jeu, ce serait une corde de plus à mon arc. »

« J’ai toujours pensé que j’étais un joueur plutôt complet en pouvant jouer en infériorité numérique en plus d’avoir des aptitudes de marqueur, renchérit de son côté Vincent Anctil. Chaque fois que je compte, je gagne en confiance et cette confiance peut faire la différence dans mon jeu. On dirait que j’ai plus d’énergie et que je m’amuse plus quand je joue avec confiance. Je n’hésite pas et je fais moins d’erreurs. On a du temps de glace et on en profite à fond. On souhaite aussi en avoir encore plus en grimpant dans la hiérarchie. »

Chose certaine, leur entraîneur continuera de leur accorder sa confiance si leur niveau de jeu se maintient. 

« Étant un joueur de centre, Julien a pu jouer plus de matchs que Vincent avec nous l’an dernier parce que les besoins étaient à cette position, confie Stéphane Julien. À notre avis, les deux étaient au même niveau même si Julien avait un peu d’avance sur Vincent étant donné son rôle. La vie fait parfois bien les choses. Quelques joueurs ont subi des blessures, ce qui a ouvert la porte à Vincent et Julien. Depuis le début de la saison, ils ont progressé de façon incroyable lors du dernier mois et remplissent bien les mandats que je leur donne. »

Pendant que les frères Anctil maîtrisent les meilleurs joueurs adverses, le top 6 du Phœnix peut se permettre de s’en donner à cœur joie contre les joueurs de soutien de leurs opposants.

« Vincent est très fort sur la rondelle et possède un bon gabarit alors que Julien est responsable défensivement et remporte beaucoup de mises en jeu. On peut se permettre d’envoyer les frères Anctil contre le meilleur trio adverse, ce qui me permet d’utiliser le trio de Samuel Poulin contre de moins bons trios. »

« On est rapides, on mise beaucoup sur notre efficacité défensive et notre système de jeu veut que l’on soit toujours à pleine vitesse en désavantage numérique quand on n’est pas dans notre zone, précise Julien Anctil. On se connaît bien sur la glace mon frère et moi. On joue ensemble depuis que l’on a trois ans après tout. C’est donc une fierté pour Vincent et moi d’être le duo d’attaquants envoyé en désavantage numérique. »

Blanchette de retour au Palais

 Le jeune gardien des Cataractes de Shawinigan Antoine Coulombe constitue la révélation de la LHJMQ depuis le début de la campagne actuelle. Malgré tout, les Cataractes de Shawinigan miseront sur leur vétéran Justin Blanchette pour contrer la puissante attaque du Phœnix. 

L’entraîneur-chef des Cataractes n’a pas voulu envoyer dans la gueule du loup son portier de 17 ans vendredi soir à Sherbrooke. En revanche, Justin Blanchette connaît bien le Palais des sports pour avoir évolué avec le Phœnix à sa première saison. Il aura ainsi le défi de freiner l’attaque dévastatrice des Sherbrookois.

« Antoine connaît un excellent début de saison, confirme Daniel Renaud, entraîneur-chef des Cataractes. Après quatre matchs, il maintenait une moyenne de 0.69 but alloué par match et un taux d’efficacité de .975. C’est exceptionnel pour un gardien de 17 ans. Mais il ne faut pas oublier que l’on forme une jeune équipe et ce sera donc Justin qui sera envoyé devant le filet contre le Phoœnix. »

Positionnées au 6e rang du classement général, les Cataractes n’ont perdu que trois fois en dix matchs. 

« Ce sera deux bons tests pour nous, vendredi et dimanche, soutient Stéphane Julien concernant le Week-end des rivalités entre les deux équipes. On se ressemble un peu. Les Cataractes sont rapides et ont de bons joueurs offensifs en plus de miser sur de bons gardiens. Il faudra être discipliné. On doit absolument améliorer cette facette du jeu d’ici les Fêtes. Surtout que les Cataractes misent sur des joueurs qui sont capables de trouver le fond du filet dans cette situation. »

La bonne nouvelle dans le clan sherbrookois est que le Phœnix se trouve au premier rang en désavantage numérique avec un taux de succès de 90 %. En fait, le Phoenix se trouve au premier rang de bien des colonnes. Comme celles des minutes de punition et des buts accordés. 

Les Sherbrookois présentent aussi l’un des meilleurs rendements en avantage numérique et demeurent l’une des équipes qui lancent le plus souvent au filet.

« Le Phœnix double presque chaque fois son adversaire à ce chapitre. Il frôle bien souvent les 50 tirs par match. On forme encore une jeune équipe de notre côté et ces deux affrontements constituent un excellent test pour nos nombreux joueurs de 17 ans », note Daniel Renaud.