Le Vert & Or de l'Université de Sherbrooke tentera de sauver sa saison samedi en rendant visite aux Stingers de Concordia.

Les derniers espoirs

COMMENTAIRE / Le Vert & Or amorce la deuxième moitié de sa saison régulière 2017 ce samedi en affrontant les Stingers de Concordia, à Montréal. Avec une fiche de 0-4, ses espoirs de participer aux séries d'après-saison ne tiennent plus qu'à un fil. Une deuxième exclusion consécutive des séries aurait des conséquences difficiles pour le programme de football sherbrookois.
Le Vert & Or voyait gros pour cette saison 2017, sa 15e depuis le retour du football à l'Université de Sherbrooke.
Mais le moins que l'on puisse dire, c'est que les choses ne se déroulent pas du tout comme prévu.
L'équipe montre la même fiche après quatre matchs qu'il y a 15 ans, lors de cette fameuse saison 2003 où le Vert & Or a frotté ses crampons sur le terrain naturel du Stade de l'Université de Sherbrooke pour la première fois, finissant l'année avec une fiche de 0-8.
Installé au dernier rang du classement québécois, Sherbrooke doit affronter Montréal, Québec et McGill, en plus des Stingers cette fin de semaine, pour conclure sa saison.
Si on exclut les matchs contre Montréal et Québec - les probabilités de victoires sont plus minces dans ces deux cas - cela veut dire que Sherbrooke devrait, dans le meilleur des mondes, battre Concordia et McGill pour se faufiler en séries.
On vous entend d'ici, et vous avez raison. Participer aux séries pour ensuite affronter Montréal ou Québec, ça donne quoi? Certes. Mais faire les séries, c'est semer l'espoir. Et l'espoir, très souvent, permet de recruter, de projeter des jours meilleurs.
Être exclu des séries pour une deuxième année de suite serait difficile pour la suite de ce programme qui a une équipe relativement âgée : lors de son dernier match, contre Montréal, le Vert & Or alignait 23 joueurs de quatrième et de cinquième année, ce qui est pratiquement la moitié de l'alignement complet.
Sherbrooke doit donc obligatoirement, dans le meilleur scénario, battre Concordia et McGill par deux et trois points, respectivement, afin d'obtenir le bris d'égalité.
Le match contre Concordia de ce samedi sera significatif; le Vert & Or affrontera une équipe qui sera fort probablement privée de son quart-arrière étoile Trent Miller, victime d'un dur plaqué lors du match contre Québec.
Mais le match contre les Redmen de McGill prévu le 21 octobre à Montréal aura aussi son importance.
Bref, dans un cas comme dans l'autre, le Vert & Or devra trouver le moyen de marquer des points. Ce qu'il a été incapable de faire en quatre matchs.
Le personnel d'entraîneurs a opté pour Alex Jacob-Michaud, et ensuite la recrue Conor Sinclair pour diriger son attaque, mais sans grand succès dans les deux cas.
L'unité offensive, dans son ensemble, souffre d'un flagrant manque d'expérience.
Mise à part sa ligne offensive, le Vert & Or n'a tout simplement pas l'expérience, ou la profondeur requise, pour présenter une attaque menaçante.
Au poste de quart, Alex Jacob-Michaud en est à une deuxième année, alors que Conor Sinclair est une recrue. Le porteur Gabriel Polan en est à une première année complète à cette position. William Tremblay-Harnois et Samuel Gareau en sont à leur deuxième année.
Chez les receveurs de passes, Tomy Duperron et Béchir Janfaoui-Vilsaint jouent pour la première fois depuis deux ans; idem pour Tyree Harris et Jermer Braswell, les deux receveurs américains inactifs depuis plus d'un an et qui doivent s'adapter au football canadien.
Un manque d'expérience qui s'observe aussi chez le personnel d'entraîneurs : Luc Sylvain (entraîneur des quarts), Rémi Giguère (ligne offensive), Simon Charbonneau-Campeau (receveurs de passe) en sont tous à leurs premiers pas respectifs dans leurs fonctions avec le Vert & Or.
L'équipe a un nouveau coordonnateur des unités spéciales, Kevin Régimbald, un nouveau coach de la ligne défensive en Dominic Biron, ainsi que son adjoint Yan Genest. Et un nouvel entraîneur-chef en Mathieu Lecompte, fonction qu'il n'avait jamais occupée dans le passé.
À un certain moment, tu ne peux pas pallier pour le manque d'expérience.
Et ça donne ça : 44 points en quatre matchs (une moyenne de 11 par match), une moyenne de 264 verges d'attaque nette par match et seulement trois touchés inscrits et un botteur de précision qui a réussi 50 % de ses bottés (3 en 6).
Une reconstruction majeure est en cours à l'attaque, au moment même où la conférence Québec a perdu un joueur; le départ des Gaiters de l'Université Bishop's a changé la donne au Québec en signifiant entre autres la fin des matchs interconférences avec les Maritimes.
Fini le temps où une équipe pouvait ramasser une victoire ou deux sur le dos des Gaiters ou d'une équipe des Maritimes. Dorénavant, toutes les équipes du Québec s'affrontent deux fois.
Et dans la mesure où tant McGill que Concordia ont battu Sherbrooke plus tôt cette saison, sur son propre gazon naturel, et vous avez les ingrédients pour faire une soupe de très mauvais goût.
L'attaque a besoin de temps pour tout mettre en place, pour grandir ensemble, pour être au diapason.
Aura-t-elle assez des quatre prochains matchs pour trouver la recette gagnante?
Une partie de la réponse dès samedi.