Diane Roy était en action, mercredi soir. Elle envisage toujours de participer aux Jeux paralympiques de Tokyo, en 2021.
Diane Roy était en action, mercredi soir. Elle envisage toujours de participer aux Jeux paralympiques de Tokyo, en 2021.

Les compétitions reprennent après le confinement

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
Ils étaient nombreux mercredi soir, les athlètes à arborer un large sourire, en marge de la présentation de la première compétition d’athlétisme à Sherbrooke en deux ans. Non seulement pouvaient-ils à nouveau fouler une piste d’athlétisme dans le cadre d’une compétition, mais pour certains autres, c’est un nouveau départ vers les Jeux olympiques de Tokyo en 2021.

Diane Roy n’a jamais caché son intérêt à participer de nouveau aux Jeux paralympiques.

Si la passion de la course brûle toujours en elle, c’est plutôt les aléas des mois de préparation qui la préoccupent.

L’athlète handisport de 49 ans ne ferme toutefois pas la porte à une septième participation aux Paralympiques,

« On verra. Je maintiens ma ligne de pensée, j’y vais six mois à la fois. Je course ce soir [mercredi] et samedi, et par la suite, il n’y a plus rien jusqu’en janvier. J’ai aussi décidé de laisser tomber les marathons. C’est rendu plus difficile, physiquement; j’en sors avec des douleurs au cou, aux poignets », a-t-elle mentionné.

Celle qui détient encore plusieurs records canadiens en course T54 (1500 m, 5000 m et marathon) aimerait bien se rendre jusqu’à Tokyo.

Mais...

« C’est loin. Je sais ce que ça prend, en termes de volume d’entraînement, et de préparation, pour ce genre de compétition. Et c’est ça qui me tente moins un peu. J’adore faire les courses, c’est toujours aussi motivant. »

Diane Roy a remporté cinq médailles (2 à Athènes en 2004 et 3 à Pékin en 2008) lors de ses participations aux Jeux paralympiques.

Mercredi, à Sherbrooke, elle a couru le 100 m et le 400 m. Sans opposition.

« Je teste la nouvelle surface de course. Elle va très bien. Après quelques années d’utilisation, elle sera encore plus rapide. Samedi, je vais courir le 200 m et le 800 m. Catherine Vaillant, de Montréal, sera présente. C’est seulement la troisième année qu’elle course. Il n’y a pas beaucoup de relève, dans notre sport », a-t-elle déploré.

Catherine Vaillant est quadruple médaillée de bronze aux Championnats canadiens d’athlétisme de 2018.

Les essais olympiques ou les Mondiaux universitaires pour Yassine

Yassine Aber était également à surveiller, mercredi soir. Le vétéran de l’équipe d’athlétisme du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke a survolé sa course de 400 m. 

Outre cette course en soirée à Sherbrooke, Aber a également couru à Québec, récemment.

« Ça fait vraiment du bien au moral de pouvoir retrouver la piste et de retrouver un semblant de normalité », a-t-il lancé à travers un grand sourire, après sa course de 400 m.

Si le confinement et l’arrêt des compétitions sportives ont été difficiles pour les athlètes qui participent à des sports collectifs, ce fut tout autant, sinon plus, éprouvant pour ceux qui pratiquent des disciplines individuelles.

« Ce fut une période meublée de hauts et de bas. D’abord, c’est venu d’un coup; du jour au lendemain, on n’avait plus accès aux pistes ni aux salles d’entraînement. Mais malgré ça, au début, je n’ai pas eu de problèmes à me motiver. Ça allait plutôt bien, mais être seul à s’entraîner, à la maison, à la longue, c’est difficile. C’est là que j’ai mesuré toute l’importance de l’effet de groupe lors de nos entraînements ».

« Ce fut tout un défi d’accepter cette situation, et de passer au travers. En même temps, ces épreuves ont rendu le retour sur piste encore plus facile. Je suis content de pouvoir compléter cette saison avec quelques courses, avant de prendre un peu de repos et d’amorcer la préparation pour une grosse saison 2021 », a-t-il expliqué.

Yassine Aber, qui est supervisé par l’entraîneur Marc-André Roy, vise les essais olympiques sur 800 m, et une possible participation aux Jeux mondiaux universitaires. Cette compétition doit se dérouler à Chengdu, en Chine, à compter du 18 août 2021.

Yassine Aber a bien fait sur 400 m mercredi soir. Il aimerait participer aux essais olympiques sur cette distance, en prévision de Tokyo, et une participation aux Mondiaux jeunesse de Chengdu, en Chine, est aussi dans ses objectifs.

Changer de perspectives

Luc Lafrance arborait lui aussi un grand sourire.

L’entraîneur-chef de l’équipe d’athlétisme du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke pouvait à nouveau arpenter les pistes et pelouses du Stade de l’Université de Sherbrooke, en prodiguant ses conseils et en faisant part de ses observations à ses athlètes en action.

Après des semaines de réunions sur Zoom, le retour à l’entraînement, sur la piste du Stade, et cette compétition du Crépuscule, mettent un baume sur une période estivale d’entraînement, disons, différente.

« Je crois que dans l’ensemble, ça s’est bien passé pour les athlètes. Pour plusieurs, ça leur a permis de changer un peu le mal de place, et de changer un peu leurs perspectives quant à la compétition, ou l’entraînement. Je crois que ceux et celles qui vont avoir passé cette période avec succès seront plus forts pour la suite des choses. S’entraîner seul, en temps de confinement, c’est loin d’être facile », a-t-il dit.

« On a participé à plusieurs rencontres webinaires, avec d’autres entraîneurs de partout au Québec. Et parmi les principales suggestions, il y avait celle de profiter de ce contexte particulier pour garder nos athlètes en santé, guérir les bobos existants. Il fallait revenir à la base. Même pour nous les entraîneurs, ce n’était pas une période facile. On n’avait jamais affronté une situation comme celle-là. On n’avait aucune référence. On se sent un peu impuissant à aider nos athlètes », a-t-il déploré.

La saison intérieure?

Bien malin qui pourra maintenant prédire quand pourra commencer la saison intérieure d’athlétisme.

Et à Sherbrooke, le chantier pour la rénovation du Centre sportif Yvon-Lamarche aura du retard.

Si les sourires étaient nombreux, mercredi soir, sous les doux rayons du soleil couchant, les entraîneurs et les athlètes devaient aussi souhaiter intérieurement que leur sport puisse se dérouler comme d’habitude, l’hiver prochain.

« On n’est pas sorti du bois encore », a soupiré Luc Lafrance.

« La principale question, c’est quand pourrons-nous entrer à l’intérieur, et quelles seront les mesures à suivre pour l’entraînement, et éventuellement, les compétitions. Jusqu’à présent, on ne sait pas. »

Devant la possibilité que l’Université de Sherbrooke utilise des gymnases comme salles de cours, ou même comme vestiaires sportifs, il y a des chances que la saison intérieure d’athlétisme soit altérée.

Invitation Athlétisme Sherbrooke

Un programme complet attend les amateurs d’athlétisme ce samedi, au Stade de l’Université de Sherbrooke.

Plusieurs lanceurs de qualité, provenant entre autres de l’Ontario, seront à Sherbrooke pour l’occasion.

Diane Roy sera en action à 15 h 15 et 16 h 10 pour ses épreuves, et Judith Lefebvre nous informe que le jeune Yoanne Rioux Bélanger (catégorie cadet homme) qui affiche une grande forme actuellement, participera au 1200 m à 11 h 27.

Également, plusieurs athlètes du Club d’athlétisme de Sherbrooke supervisés par Marc-André Roy seront en action lors du 800 m, dont l’épreuve est prévue à 18 h 32.

À la perche, Maxime Léveillé et le vétéran David Foley seront en action à 16 h 30.

Au 3000 m, Évelyne Ouellet (19 h 10), ainsi que Thomas Windish et Perry MacKinnon (19 h 40), seront à surveiller.