Plusieurs membres de l’édition 1975-1976 des Castors de Sherbrooke étaient présents mercredi soir au Pavillon Armand-Nadeau lors de la quatrième soirée d’intronisation du Panthéon des sports de Sherbrooke.

Les castors retrouvent leur hutte

C’était jour de retrouvailles pour les anciens joueurs des Castors de Sherbrooke. Plusieurs membres de l’édition 1975-1976 étaient de retour dans la ville qu’ils ont animée il y a 43 ans. Mercredi soir, l’équipe a été admise au Panthéon des sports de Sherbrooke à l’occasion de la quatrième soirée d’intronisation.

« Ça fait plus de 40 ans que nous n’avons pas vu certains membres de l’équipe, soutient Georges Guilbault, le directeur général de la formation. On a eu des moments difficiles chez les Castors, mais surtout des moments de réjouissance. »

De vieilles histoires de hockey, on en a entendu une série au Pavillon Armand-Nadeau. Les anciens Castors se rappelaient la Hutte, l’endroit où ils étaient hébergés tout juste devant le Palais des sports, l’autre côté de la rue du Cégep. Ou la fois qu’ils avaient représenté le Canada lors du Championnat du monde de hockey junior de 1976.

Cette péripétie demeure l’une de leurs préférées. Lors de la troisième édition du Championnat mondial de hockey junior, le Canada n’a pas envoyé d’équipe de joueurs étoiles pour affronter les autres puissances mondiales.

« L’événement avait lieu en 1975 durant le temps des Fêtes, en Finlande. Notre parcours aux Mondiaux a été assez particulier », explique l’entraîneur Ghislain Delage.

Rappelons qu’un an plus tôt, un autobus ayant à son bord les joueurs des Castors avait fait une embardée dans le parc des Laurentides. Un accident qui a coûté la vie au jeune joueur de Drummondville Gaétan Paradis.

« Participer à ce tournoi un an plus tard, c’était un défi de fou, admet M. Guilbault. J’étais assis avec les autres directeurs généraux des différentes équipes de hockey junior du Canada. Ceux de l’Ouest se demandaient bien ce que nous allions faire là-bas, en Finlande. Ceux de l’Ontario s’attendaient à nous voir perdre. »

« On a effectivement perdu contre la Suède par la marque de 17-1. Disons que c’était une erreur de parcours », estime le Sherbrookois Denis Hallé, qui avait alors terminé la saison avec 82 points en 66 matchs.

Le club de Ghislain Delage a gagné 4-1 face à la Finlande et 5-4 face à la Tchécoslovaquie. Une fois rendu en finale, tout était permis.

« On a tout de même empoché la médaille d’argent après une défaite de 5-2 face à l’Union soviétique! » clame Denis Hallé.

C’était la dernière fois que le Canada n’envoyait pas les meilleurs joueurs des quatre coins du pays.

« En revenant de Helsinki, Ghislain a suggéré aux représentants du Québec de former une équipe de joueurs étoiles. La Fédération canadienne a ensuite décidé l’année suivante qu’elle formait une équipe nationale », informe Georges Guilbault.

Sherbrooke était Castors

Les Paul Boutillier, Jimmy Mann, Fernand Leblanc, Réjean Cloutier, Peter Marsh, Jere Gillis, Floyd Lahache, Bobby Simpson, Daniel Chicoine, Brendan Lowe, Robert Desormeaux, Syd Vesey, Alain Gilbert, Luc Bachand, Luc Gagnon, Sean McKenna, pour ne nommer que ceux-là, étaient attendus à la célébration mercredi soir.

La fiche de cette équipe : 51 victoires, 12 défaites, 9 parties nulles. Mais elle a toutefois perdu en grande finale.

« Nous avions une équipe passionnée, assure Georges Guilbault. La première journée du camp, Ghislain et moi avions déjà l’intention de gagner des championnats. Aujourd’hui, quand nous nous retrouvons, nous avons tellement de choses à nous dire. Tout le monde se remémore de bons souvenirs. Ce qui me touche le plus, c’est de voir cette amitié qui est restée. »

« Quand je pense aux Castors, je pense à l’esprit de famille, mais je pense aussi à la Hutte des Castors, confie Daniel Chicoine, qui avait terminé la saison avec 91 points. C’est là que notre équipe se soudait. On s’est perdus de vue pendant des années. Quand on se revoit, j’ai l’impression de retrouver mes frères. Les Castors, c’était un vrai happening. On avait du succès et il y avait 4500 personnes par partie. En ville, c’est au Palais des sports que ça se passait. »

La grande question maintenant : qu’est-ce qui a bien pu rendre les Castors aussi inspirants pour la population sherbrookoise?

« Le mot d’ordre était le respect, explique M. Guilbault. Comme directeur de l’équipe, je respectais mes joueurs et ils me respectaient à leur tour. Le respect, c’est ce qui forme les champions. »