Avec les précieux trophées qu’ils ont gagnés au fil des ans, les anciens Castors ont passé deux journées de joyeuses réminiscences, d’abord avec l’intronisation de l’équipe au Panthéon des sports de Sherbrooke, mercredi, et après lors d’un tournoi de golf amical suivi d’un méchoui, jeudi.

Les Castors : rois de Sherbrooke

De 1972 à 1982, les Castors ont fait vibrer Sherbrooke. Quatre championnats de saison régulière, trois coupes du président à titre de champions des séries éliminatoires, trois participations à la Coupe Memorial (1975, 1976 et 1982), une victoire écrasante contre les Soviétiques, des émotions en bloc pour les amateurs sherbrookois pendant plus d’une décennie. Et des souvenirs pour la vie pour les anciens joueurs.

Plusieurs dizaines de ces anciens joueurs qui ont autrefois porté le chandail bleu, blanc et orange des Castors se sont donnés rendez-vous à Sherbrooke, ces jours-ci, sous l’impulsion de Georges Guilbault, l’ancien directeur général et président de l’équipe, et de l’ancien entraîneur-chef Ghislain Delage.

Les Castors de l’édition de 1975-76 ont été intronisés au Panthéon des sports de Sherbrooke, mercredi soir, après leur improbable médaille d’argent au championnat du monde junior, en Finlande.

Les festivités ne se sont pas arrêtées là. Ils avaient tous rendez-vous au Club de golf de Sherbrooke, où ils ont disputé un tournoi amical avant de se retrouver en soirée pour un buffet, sous l’œil bienveillant des deux trophées qu’ils ont remportés, le trophée Jean-Rougeau (saison régulière) et la Coupe du président.

Les sourires, les claques dans le dos, les souvenirs et les anecdotes ont été nombreux. Mais surtout, la fierté d’avoir représenté Sherbrooke, dans les bons moments comme dans les plus éprouvants, était palpable.

« Ce fut une journée fantastique. Comme si on arrivait tous pour le camp d’entraînement. J’avais hâte de voir les gars, voir si j’allais les reconnaître! Il y a certains gars que je n’ai pas revus depuis 40 ans », a dit l’ancien capitaine Fernand Leblanc, qui a joué avec l’équipe de 1971-72 à 1975-76.

« On avait une équipe unie, les francophones, les anglophones, c’était à l’unisson, sur la glace et à l’extérieur. On jouait par instinct, avec plaisir. On vivait tous ensemble à la Hutte des Castors, où il s’est passé plein de choses, dont plusieurs pas racontables. On a grandi ensemble. »

« Sherbrooke, pour moi, ce fut la plus belle expérience de hockey de ma vie. On n’avait rien à s’occuper, on avait un petit salaire, on gagnait, on était les rois! C’était la plus belle vie qu’on pouvait avoir! », a-t-il rigolé.

Fernand Leblanc a joué plusieurs années en Suisse par la suite.

Les plus belles années

Jere Gillis a été un choix de première ronde, quatrième au total, par les Canucks de Vancouver, en 1977. Au total, il a joué 386 matchs dans la LNH, tout en récoltant 173 points.

C’est pourtant à Sherbrooke qu’il estime avoir vécu les plus belles années de sa vie.

« Comme la plupart des gars, ce fut un passage marquant, jouer pour les Castors. Probablement les meilleures années de nos vies. On a vécu plein de choses, on a grandi ensemble, on a passé à travers des épreuves, on a gagné des championnats. On a connu le succès, tout le monde nous traitait comme des rois, on était gâtés pourris! C’est en voyageant dans les autres villes qu’on réalisait à quel point on était chanceux et bien traités. »

« On avait une bonne équipe, une bonne direction, la ville était superbe, ce fut impossible de retrouver ça ailleurs », a souri Jere Gillis, qui a joué à Sherbrooke de 1973-74 à 1976-77.

Acquis de Shawinigan en décembre 1974, Claude Larose n’aura joué qu’une seule saison avec les Castors. Mais elle fut exceptionnelle.

« En 1974-75, c’était l’année de l’accident d’autobus. Je suis arrivé pas longtemps après. Déjà l’équipe était soudée, mais j’ai été capable de rentrer dans la gang. Les castors, ça va toujours rester des souvenirs incroyables. Ces amitiés ont été bâties à cause de certains événements, dont la participation à la Coupe Memorial. Le sentiment d’appartenance est incroyable. De 1972 à 1982, les années de Georges Guilbault, ont été spéciales; il avait le tour de rassembler les gars, c’était magique. J’ai joué 10 ans chez les pros par la suite, et je me souviens davantage de mon année avec les Castors », a dit celui qui a été repêché au tout premier rang du repêchage de 1975 de la World hockey association, par Cincinnati.

« Je me souviens aussi très bien de notre match d’exhibition, en janvier 1975, contre les Soviétiques, qui venaient tout juste de gagner le Championnat mondial junior. Georges les avait amenés à Sherbrooke et on les avait battus 7-0 devant un aréna plein à craquer! »

Figure bien connue à Sherbrooke pendant ses années juniors, Floyd Lahache a également profité à plein de son retour en ville.

« Ce fut une journée incroyable, ça rappelle des souvenirs fantastiques des quatre ans (1973-74 à 1976-77) que j’ai passés ici. Je n’arrête pas de dire aux gars que si je pouvais revenir dans le temps, ça serait à Sherbrooke, pendant ces quatre années mémorables, les plus belles années de ma vie, comme plusieurs gars le disent aussi », a précisé celui qui a passé 835 minutes au cachot lors des 276 matchs qu’il a joués avec Sherbrooke.

« On gagnait. Quand tu gagnes, tout va. Les gens te reconnaissent, ils sont gentils avec toi, ils t’encouragent. Pour des gars de 16-17 ans, c’est très impressionnant. On était des rois! »

« On a même fait notre premier gros voyage à vie en jouant en Finlande. C’est à ce moment que la camaraderie s’est réellement installée. J’espère qu’on va amorcer une tradition et se revoir plus souvent, c’est tellement plaisant. Quand tu as joué pour les Castors, ça reste pour la vie. »

Ghislain Delage a pris la parole devant ses anciens joueurs, mercredi soir lors du souper. Tous étaient attentifs, comme à l’époque.

Ils ont réservé une longue ovation à Georges Guilbault, pour ces années mémorables, et pour les retrouvailles.

« Chez les Castors, le respect et la fierté, c’était important. Si tu n’avais pas ces valeurs, tu n’entrais pas dans l’équipe. Plusieurs l’ont appris à leurs dépens. Les gars se rappellent ces années avec plaisir, car on gagnait. Quand tu gagnes, que tu sois le meilleur compteur, le cinquième défenseur ou le gardien substitut, tu demeures un champion. Tout le monde était égal. Le respect, la fierté, entre les joueurs, la direction et les partisans. C’est simple, et efficace. »