Les Cantonniers ont été supplantés par les Grenadiers de Châteauguay vendredi, devant une foule médusée. « On a l’habitude de se relever après une défaite. Faudra chausser nos bottes de travail », affirme l’entraîneur de Magog, Félix Potvin.

Les Cantonniers s’effondrent

Le grenadier est un soldat d’élite qui lance des grenades. À l’image d’une armée sans peur, les Grenadiers de Châteauguay ont attaqué et envahi le territoire des Cantonniers de Magog sans défense lors du premier match de la demi-finale quatre de sept de la Ligue midget AAA du Québec en route vers une victoire décisive de 6-1 devant plus de 1200 spectateurs incrédules à l’aréna de Magog.

Pourtant, le match de vendredi avait bien débuté pour les troupiers de Félix Potvin, qui ont ouvert le pointage dès la troisième minute de jeu par l’entremise de Marshall Lessard qui a marqué sur un jeu de puissance.

Pendant une dizaine de minutes, les deux équipes se talonnaient et ne cédaient rien à l’adversaire. À la 15e minute de jeu, Marshall Lessard et Patrick Guay se sont échappés à deux contre un en désavantage numérique et ont raté une chance en or de doubler leur avance. Utilisant leur rapidité, les Grenadiers ont immédiatement contre-attaqué et Lucas Reeves a inscrit le premier but des visiteurs.

« Ce but s’est avéré le fait saillant de la partie, a déclaré Félix Potvin dans son bureau. Cela n’aurait pas dû, car le match était encore jeune, mais nous avons par la suite multiplié les erreurs et les Grenadiers nous l’ont fait payer. »

Et comment! Trente-sept secondes plus tard, les Grenadiers s’inscrivaient de nouveau à la marque. Les joueurs ont été survoltés par ce second but, et un troisième a suivi avant la fin de la période, et un quatrième dès le début de la période médiane. Les Cantonniers étaient complètement déclassés et ils ont vu leurs rivaux ajouter à l’insulte avec deux autres filets au dernier vingt.

Au final, l’attaque massive des Grenadiers a produit trois buts et un autre en infériorité numérique.

Débandade

Les Magogois n’ont jamais connu pareille déconfiture cette saison et on peut dire qu’ils ont mal choisi le moment pour s’effondrer de la sorte devant la plus grosse foule de l’année. Félix Potvin n’a pas cherché à excuser ses joueurs.

« Les Grenadiers ont été meilleurs que nous dans tous les aspects de la partie. Vous l’avez constaté comme moi. Nous avons laissé travailler leurs défenseurs à leur guise alors qu’ils sont très efficaces pour relancer l’attaque. Ils n’ont jamais subi de pression. Nous avons écopé de mauvaises punitions en zone offensive et une autre pour avoir fermé la main sur la rondelle. Le deuxième effort, je l’ai vu seulement de la part des gars avec un chandail foncé. On a l’habitude de se relever après une défaite. Faudra chausser nos bottes de travail », d’analyser Potvin.

Des soldats

Dans le vestiaire des gagnants, l’entraîneur Bruce Richardson savourait ce premier triomphe. « Je suis content parce que nous avons joué selon notre identité. Nous avons utilisé nos quatre trios et nos six défenseurs et tous les joueurs ont contribué. Il reste que c’est seulement une victoire et on pense déjà au prochain match », a souligné Richardson.

À savoir si les Cantonniers sont ébranlés et vont se remettre de cette cuisante défaite, Richardson répond qu’il se concentre sur son équipe. « Je m’occupe de mon vestiaire, pas de l’autre. »

Les Grenadiers méconnaissables

Avant le premier match de cette série, les Grenadiers de Châteauguay n’avaient pas mis les pieds à l’aréna de Magog depuis le 12 novembre.

Presque quatre mois plus tard, force est de reconnaître que la troupe de Bruce Richardson est méconnaissable.

On comprend mieux maintenant pourquoi les Grenadiers ont dévoré le Blizzard du séminaire St-François, deuxième au classement général, en trois petites bouchées.

Les visiteurs ont eu besoin de seulement 26 lancers (contre 22 pour Magog) pour déjouer Rémi Poirier six fois, mais celui-ci a été laissé à lui-même à plus d’une reprise.

La brigade défensive des Magogois a souvent été débordée par les patineurs explosifs des Grenadiers. William Villeneuve voudra rapidement oublier sa première période. Mais le 32 des Cantos a tout pour rebondir.

Pour sa mise en échec par-derrière dans les dernières minutes de la partie, Patrick Guay sera suspendu pour le match de dimanche. Quand ça va mal.

Durant la saison régulière, il a fallu attendre au dernier match du calendrier régulier pour voir un joueur des Cantonniers être suspendu pour une mise en échec par-derrière. Depuis le début des séries, ces punitions se multiplient et Félix Potvin se voit ainsi priver de joueurs qui sont suspendus. Le moment est drôlement mal choisi, on l’avouera.

Juste avant la mêlée qui a suivi la mise en échec de Guay, Isaac Belliveau a eu maille à partir avec trois joueurs des Grenadiers assis à leur banc qui le narguaient. Les Grenadiers sont passés maîtres dans cet art et les joueurs adverses mordent à l’hameçon.

Mentionnons en terminant que les six buts des gagnants ont été réussis par autant de joueurs. Profondeur, vous dites.