Anne Marcotte, Emerick Croteau, Hans Pelletier, et Loïck Lahaie s’entraînent deux fois par semaine, sous la supervision de Jean Gauthier. Ces quatre boxeurs du Club de boxe de Sherbrooke sont déjà qualifiés pour la prochaine édition du Championnat canadien. Même chose pour Scott Veilleux, absent lors de la prise de la photo.
Anne Marcotte, Emerick Croteau, Hans Pelletier, et Loïck Lahaie s’entraînent deux fois par semaine, sous la supervision de Jean Gauthier. Ces quatre boxeurs du Club de boxe de Sherbrooke sont déjà qualifiés pour la prochaine édition du Championnat canadien. Même chose pour Scott Veilleux, absent lors de la prise de la photo.

Les boxeurs amateurs en attente

Cinq boxeurs du Club de boxe de Sherbrooke (CBS) s’étaient déjà qualifiés pour la prochaine édition du Championnat canadien de boxe, en 2021. Mais la COVID a chamboulé tout le programme. La boxe, comme les autres sports de combat, n’en est qu’à la phase 1 de son retour. Alors sans combat en vue ou sans échéance précise, les boxeurs du CBS travaillent en gym en gardant espoir.

La période estivale est généralement tranquille, au CBS. C’est la période des vacances pour les participants du volet récréatifs.

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Mais pour Anne Marcotte (51 kg), Scott Veilleux (69 kg), Hans Pelletier (52 kg), Emerik Croteau (57 kg) et Loïck Lahaie (64 kg), qui s’étaient qualifié lors de la dernière édition du Défi des Champions, et leur entraîneur Jean Gauthier, la routine continue malgré l’incertitude et ce, deux fois par semaine.

«On pouvait rouvrir le gym depuis le 22 juin, mais généralement, on est fermés à partir de la Saint-Jean, et ce, pour la période estivale. Les boxeurs du volet compétitif ont continué l’entraînement en solo pendant la durée de la pandémie.Ça a permis à ces athlètes de travailler un peu, de guérir les petits bobos, de faire d’autres sports et de sortir de la boxe un peu, et de retrouver le goût à reprendre l’entraînement intensif qui on espère sera de retour en septembre», a dit Jean Gauthier.

Ce dernier a cependant dû adapter son enseignement, cet été.

«On ne peut pas faire de mitaines, ni de «sparring». On fait donc de l’entraînement technique, avec beaucoup de directives verbales, on fait de la boxe imaginaire sur le sac. C’est différent, mais ça permet de revoir la base, de revenir à des choses qu’on n’a pas toujours le temps de voir habituellement dans un entraînement normal. Les entraînements sont moins longs, mais plus intenses. On respecte le deux mètres de distance, les sacs de frappe sont placés à bonne distance», a dit Jean Gauthier.

Toujours à la phase 1 du déconfinement de son sport, la boxe est en mode attente.

Les sports de combat pourraient ne pas reprendre au Québec avant la découverte d’un vaccin contre la COVID-19, une «grave injustice» aux yeux du président d’Eye of the Tiger Management, Camille Estephan.

Le promoteur montréalais a indiqué mercredi que le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) l’a avisé que la direction de la Santé publique envisage d’interdire les sports du combat professionnels jusqu’à l’obtention d’un vaccin ou d’un traitement. Cette décision aurait des conséquences «irréversibles pour la boxe québécoise», affirme Estephan.

«La situation peut être différente pour les boxeurs amateurs et les boxeurs professionnels. Certains de ces derniers ont des contrats, ils doivent livrer un certain nombre de combats, c’est une grosse business à faire fonctionner. Je le comprends (Camille Estephan) de vouloir avoir des réponses rapidement. Est-ce qu’il sera tenté d’aller aux États-Unis, si la situation perdure? Top Rank présente deux galas par semaine et Kim Clavet va se battre là-bas dans quelques semaines», a poursuivi Jean Gauthier.

«On n’a aucune idée du retour à la normale. Et on n’a aucune idée de la procédure menant à l’éventuelle composition des équipes canadiennes. Mais les boxeurs gardent l’enthousiasme. Ça leur a manqué, ça fait du bien de pouvoir renouer avec eux. L’entraînement physique avec François Thénault est recommencé. Pour l’instant, on a des objectifs à court et moyen terme. On fait du mieux qu’on peut, on nage encore dans l’inconnu, on ne planifie pas trop à long terme», a continué Jean Gauthier.

Un crochet pour le CBS

La pandémie a été difficile pour le CBS, confirme son président Franklin Dorey.

«Il y a eu le remboursement des athlètes qui faisaient partie du programme sport-études en boxe, puisqu’ils n’ont pu terminer leur année, on a manqué une partie des entrées d’argent des participants du volet récréatif, on a dû annuler un gala prévu pour avril, alors oui, il y a eu des impacts importants. Ça se chiffre à environ 30 000$ de manquer à gagner, sur un budget de 100 000$», a dit M. Dorey.

«On va passer à travers la crise. Je ne suis pas inquiet pour le club. On espère pouvoir recommencer les cours récréatifs en septembre, même chose pour le sport-études. On a déjà une dizaine d’inscriptions. On a le droit d’être 12-15 athlètes dans le local, en même temps.»

La pandémie forcera le club à revoir certaines méthodes, dont celle du prêt d’équipements.

«Il n’y aura plus de partage d’équipement. Les gens devront avoir leurs gants, leur casque, leur corde à danser, etc. C’est ce qu’on voulait depuis un bout. Et c’est l’occasion de le faire», a dit M. Dorey.