Philippo Noro, Gretel Pupo-Hechavarria et Jean-Marie Kneip ont vécu les rebondissements du match Allemagne-Argentine bien installés au Tapageur à Sherbrooke.

«Les Allemands méritent la victoire»

En 1986, l'Argentine triomphait de l'Allemagne 3-2 en finale de la Coupe du monde. Quatre ans plus tard, les Allemands prenaient leur revanche en soutirant le trophée aux Argentins par une victoire de 1-0. Dimanche après-midi, l'histoire allait se répéter, mais laquelle?
Consensus : les deux meilleures équipes du tournoi 2014 croisaient le fer en finale. Pour l'occasion, aucun siège vacant au Tapageur au centre-ville de Sherbrooke.
« C'est la seizième fois qu'on remplit le bar depuis le début de la Coupe du monde », se réjouit Gilles Gagné, propriétaire de l'endroit.
« Les Allemands méritent la victoire; ils ont joué un bon tournoi. Je suis sûr que leur style de jeu plus défensif aura raison de l'Argentine. Ils jouent de façon sûre et ils ne devraient pas faire d'erreurs », d'établir comme pronostic de début de match Thomas Dostie, accompagné de ses trois frères Victor, Bernard et Félix, et de sa soeur Mattéa. Leur table était drapée d'un drapeau de l'Allemagne, témoignage de leurs racines.
Pourtant, à la 20e minute, Gonzalo Higuain filait fin seul devant le gardien allemand, au grand plaisir de l'Argentine Gretel Pupo-Hechavarria.
« Je crois que l'Argentine va remporter la Coupe du monde. Nous sommes meilleurs qu'avant, Messi joue mieux. Il faut marquer le premier but, c'est tout. », pointe la partisane qui s'esclaffait chaque fois qu'un joueur allemand écopait d'un carton jaune.
Passion généralisée
Un drapeau argentin trônait au deuxième étage du Buffet des Continents. Des dizaines de personnes s'étaient réunies pour assister au duel de titans. Les acclamations s'enchainaient, tout comme les assiettes, mais plus le match avançait, moins les partisans osaient quitter leur siège.
« On avait écouté la demi-finale en famille, mais pour la finale, on voulait faire ça en grand quelque part, indique l'organisatrice de l'évènement, Natalia Ochoa.
Après les 90 minutes réglementaires, tous les espoirs étaient permis.
« Ce qui va faire la différence, c'est l'organisation conservatrice de l'Argentine », de s'avancer Griselda Barros.
Toutefois, à la 113e minute, Mario Götze réceptionnait un centre de Schürrle de la poitrine avant de botter le ballon au fond du filet. Silence complet au Buffet des Continents, les mots manquaient, les espoirs s'éteignaient.
« On est tristes, c'est certain, mais on se réjouit de s'être rendu en finale. Je pensais que Messi allait se réveiller et nous faire gagner, mais ce n'est pas arrivé », indique Mme Ochoa.
Les Dostie quant à eux se réjouissaient de l'issue du match.
« Nous sommes quand même surpris de la défense de l'Argentine, mais l'Allemagne n'a pas changé de tactique, elle méritait de gagner. Je m'y attendais. Ça faisait longtemps qu'on l'attendait ce titre mondial », raconte Thomas Dostie.
La Wernesgrüner était à l'honneur du côté des Dostie qui n'ont pas manqué de célébrer la victoire en famille.