Carey Price devant les buts du Canada.

L'ego à la porte, l'or dans la poche

Les joueurs de hockey canadiens ont quitté leur pays il y a deux semaines en laissant leur ego derrière eux, mais ils y sont revenus avec une médaille d'or au cou. L'esprit d'équipe a fait toute la différence selon les connaisseurs de hockey de la région.
<p>Jocelyn Thibault</p>
L'ancien gardien de la LNH Jocelyn Thibault n'a d'abord pas hésité à qualifier le jeu des Canadiens de « parfait ». « Les joueurs ont respecté le plan de match à la lettre. L'entraîneur Mike Babcock avait une philosophie à vendre et tous ses joueurs y ont adhéré. Ils ont laissé leur ego à la porte et ont ainsi offert toute une clinique de hockey à leurs adversaires durant le tournoi. »
Thibault n'hésite d'ailleurs pas à dire qu'une bonne part de la victoire canadienne revient à Carey Price. « Il n'a peut-être pas toujours été fort occupé, mais il s'est dressé devant ses adversaires et a réalisé les gros arrêts au bon moment. Il en devenait même intimidant pour les autres pays tellement qu'il était confiant devant son filet. »
Les mots décrivant le mieux la prestation des joueurs professionnels du Canada? Fierté, discipline et structure.
« Les Suédois ont frappé le poteau dès le début du match et ç'a permis aux Canadiens de ne jamais jouer du hockey de rattrapage, souligne Jimmy Waite, l'ancien portier des Blackhawks de Chicago et des Sharks de San Jose dans la LNH. Une fois que les Canadiens ont pris les devants, rien ne pouvait les arrêter. La défensive s'est montrée étanche et solide! »
« Le seul mot qui me vient à l'esprit ce matin (dimanche), c'est 'Wow! '' lance l'entraîneur du Phoenix de Sherbrooke, Judes Vallée. Le Canada a joué en équipe et c'est ce qui a pesé dans la balance. »
Pour sa part, le pilote des Cougars de Champlain a tenu à souligner l'intelligence des hommes de Mike Babcock.
« S'ils avaient joué de façon individuelle, les Canadiens n'auraient pas atteint la ronde demi-finale, comme les Russes par exemple. Le jeu collectif a été la clé du succès. Le Canada, ce n'est pas que Crosby. C'est une vingtaine de joueurs qui font partie des meilleurs hockeyeurs au monde », rappelle Pascal Rhéaume.
Cette conquête a de quoi former toute une dynastie. La bonne nouvelle, c'est que plusieurs membres de l'équipe n'en sont qu'à leurs premiers pas.
« Mis à part Martin St-Louis et Patrick Marleau, les joueurs canadiens sont quand même très jeunes. Disons que ça regarde bien pour les prochains Olympiques dans quatre ans! » croit Jocelyn Thibault.