Mathieu Olivier enseignera aux plus jeunes à se mettre en mode guerrier lors des séries éliminatoires. — photo Spectre Média, Marie-Lou Béland

L’effet Olivier sur le Phœnix

On l’a entendu durant toute la saison. L’acquisition de Mathieu Olivier l’été dernier contre un choix de deuxième tour aura été l’une des meilleures transactions du directeur général Jocelyn Thibault. Et son ajout sera encore plus essentiel en séries. Le Phœnix a gagné en confiance, en expérience et l’esprit d’équipe n’a jamais été aussi bon. On pourrait appeler ça : l’effet Olivier.

Avec une récolte de 27 buts, 22 passes et 90 minutes de punition cette saison, Mathieu Olivier a certainement contribué au succès du Phœnix en connaissant la meilleure campagne de sa longue carrière de hockey junior. Après tout, il a quand même presque doublé sa production de l’an dernier.

L’effet Olivier sera encore plus amplifié en séries. Derrière la cravate, le robuste attaquant a 40 parties d’expérience en séries. Ce qui équivaut environ à toute l’expérience de tous les autres joueurs du Phoenix réunis, puisque ses coéquipiers ont disputé ensemble un peu plus d’une cinquantaine de matchs en séries. Son but : partager son expérience.

« À ma première année avec les Wildcats de Moncton, j’ai affronté l’Armada de Blainville-Boisbriand. On était au 12e rang, l’Armada était 5e. L’écart était grand, mais c’était la série la plus serrée du premier tour. On avait perdu en six matchs, mais on aurait pu forcer la tenue d’un septième match. La série était très robuste. Il y avait eu beaucoup de bagarres et de blessures. J’ai appris beaucoup sur le troisième trio même si je n’avais que 16 ans. »

À sa deuxième saison, Mathieu Olivier s’est mesuré aux Mooseheads d’Halifax et les Nikolaj Ehlers, Timo Meier et compagnie.

« On a perdu au septième match en prolongation à cause d’un but de Nikolaj Ehlers. On menait pourtant 1-0 jusqu’à ce qu’il reste trois minutes à jouer. L’ambiance était débile. Les séries suivantes, j’affrontais le Phœnix de Sherbrooke. On a tout de même été surpris par sa belle performance. On avait gagné en cinq matchs. Evan Fitzpatrick avait volé une victoire et à la quatrième partie, il avait reçu 75 tirs environ! Après avoir battu les Islanders de Charlottetown et les Sea Dogs de Saint John, on avait perdu en finale contre les Huskies de Rouyn-Noranda. »

Olivier a finalement connu la honte à ses dernières séries.

« En deuxième ronde, on affrontait la 14e meilleure équipe du circuit. On avait terminé au troisième rang. Mais on a été embarrassés par les Foreurs de Val-d’Or. C’était honteux de perdre en six contre eux. Ils avaient gagné grâce à une ligne et un gardien. Je l’ai encore sur le cœur un peu. C’est la preuve que la saison ne veut plus rien dire. »

Ce qu’il a le plus appris durant toutes ces parties?

« L’équipe qui gagne en séries est celle qui garde le jeu simple et qui se commet le plus. C’est cliché, mais les détails comptent énormément en séries : bloquer des lancers, terminer les mises en échec, aller en avant du but pour cacher la vue du gardien, sauter sur les rondelles libres et faire dévier les tirs. Les joueurs de talent se sacrifiaient et jouaient aussi physique. Ça fait toute la différence. »

Savoir pratiquer le hockey de séries

Comme dit l’adage, les séries forment une nouvelle saison. Plus rien ne compte. Ou presque.

« On peut perdre ou gagner une partie 8-0, mais la série ne serait rendue qu’à 1-0. Le pointage n’est pas important. Il faut faire le vide après chaque partie. Tout ce qui est arrivé avant ne compte plus, mais ce sera important de jouer comme en fin de saison en utilisant notre vitesse, en mettant de la pression, en bombardant le filet et en mettant du trafic en avant du gardien. Les unités spéciales feront aussi toute la différence. »

Olivier a déjà répondu à plusieurs questions des plus jeunes lors de la dernière semaine d’entraînement.

« On doit se mettre en mode guerrier. Ce sera toutefois important de ne pas se dénaturaliser pour autant. C’est facile de changer notre style de jeu, mais c’est la pire erreur en séries. Je veux voir des gars comme Hugo Roy, Nicolas et Samuel Poulin et Thomas Grégoire utiliser tout leur talent tout en se sacrifiant en mettant le genou à terre pour bloquer des tirs. C’est ce qui fera en sorte que notre club gagnera ou perdra. On a mis ça au clair cette semaine. »

Des séries particulières

Les prochaines séries auront une saveur spéciale pour Mathieu Olivier. Pas seulement parce qu’elles seront ses dernières.

« C’est particulier parce que contrairement à mes quatre dernières expériences en séries, j’ai l’impression que nous avons la chance d’écrire l’histoire d’une équipe. L’organisation est encore jeune, le Phoenix n’a jamais gagné de ronde et on peut établir des records de franchise. C’est motivant », explique le vétéran de 20 ans.

Et finalement, ce qu’il pense des Huskies de Rouyn-Noranda, le premier adversaire du Phoenix en séries?

« Les Huskies ont une culture de gagnants. Plusieurs joueurs étaient là quand ils ont gagné la coupe du Président il y a deux ans. Ils seront bien préparés et engagés. On doit les surpasser là-dessus en étant encore plus fiers de porter le logo du Phoenix sur notre chandail », conclut Mathieu Olivier.