Les chasseurs sont invités à appuyer une pétition réclamant la légalisation de la chasse à l'écureuil au Québec, comme c'est le cas d'autres provinces canadiennes ainsi que dans des États comme le Vermont et le New Hampshire, chez nos voisins américains.

L'écureuil au menu du jour

Chronique / Je n'essaierai pas de vous convaincre que cet enjeu faunique est au sommet des priorités des chasseurs estriens. Sauf que comme le sujet est sur la table, il est opportun de s'y intéresser : l'écureuil devrait-il se retrouver sur la liste des petits gibiers pouvant être chassés au Québec?
La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs du Québec (FédéCP) pense que oui. Malgré des représentations en ce sens au cours des 10 dernières années, elle n'a cependant pas encore réussi à en convaincre les autorités provinciales.
Cette fois, le groupe de pression supporte une démarche citoyenne en invitant les chasseurs de toutes les régions à signer une pétition réclamant que le Québec imite d'autres provinces canadiennes ainsi que de nombreux États américains qui permettent cette chasse. C'est notamment le cas de l'Ontario ainsi que du New Hampshire et du Vermont.
« C'est une fixation de certains hauts fonctionnaires à Québec, de ne pas vouloir admettre qu'il n'y a aucune raison de faire bande à part. L'espèce n'est pas menacée et une chasse ne risquerait pas non plus de la mettre en péril », fait valoir le directeur général de la FédérCP, Alain Cossette.
Tuer pour tuer ou récolter des écureuils pour les manger?
« L'écureuil gris a une viande délicieuse se comparant avantageusement à celle du lièvre », fournit-on comme comparaison sur le site du Vermont Fish & Wildlife Department. Là comme au New Hampshire, cette chasse est autorisée entre le 1er septembre et le 31 décembre.
C'est une chasse pratiquée avec des armes de faible puissance. Une carabine à air comprimé ou une carabine de calibre. 22 fait l'affaire. On peut présumer que cette chasse ne serait pas davantage permise que les autres en milieu urbain.
En toute honnêteté, plusieurs gamins comme moi, ayant grandi à proximité de boisés, ont déjà pris des écureuils pour cibles sans savoir qu'il s'agissait d'un geste délinquant. Il n'était évidemment pas question de ramener nos prises à la maison pour les déguster.
La légalisation pourrait à cet égard régulariser des pratiques difficiles à contrôler pour les agents de protection de la faune qui ont plus urgent à faire que de surveiller la chasse illégale à l'écureuil.
« Le gouvernement québécois se préoccupe de relève, voilà une façon simple d'encourager la pratique de la chasse. L'écureuil est abondant dans toutes les régions et avec un encadrement approprié, c'est sûr que cela offrirait de réelles opportunités à de nouveaux adeptes », ajoute Alain Cossette.
En fin de journée mercredi, près d'un millier de signatures avaient été récoltées sur le site de l'Assemblée nationale (www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-6885). Cette pétition sera active jusqu'au 26 septembre. Elle est l'initiative d'un jeune chasseur de Mascouche, Martin Poirier.
Le blocage politique est-il alimenté par la crainte de soulever une levée de boucliers en autorisant la chasse d'un animal perçu comme un voisin puisqu'il cohabite avec nous en milieu urbain? Possiblement.
« Aurons-nous cette fois plus de succès que lors de nos tentatives précédentes? Je ne sais pas. La réceptivité ne semble pas tellement grande au bureau du ministre Luc Blanchette. On ne perd cependant rien à appuyer un mouvement populaire », fait valoir Alain Cossette.
L'ampleur de la pétition nous fournira un bon baromètre d'ici quelques mois.