Jean-Benoît Jubinville
Jean-Benoît Jubinville

Le sport-études au Triolet aura lieu comme prévu

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
L’école secondaire du Triolet s’apprête à accueillir ses élèves à compter de ce vendredi pour la rentrée scolaire 2020. Et les participants aux différents programmes de sport-études amorceront leurs activités dès la semaine prochaine. Une rentrée comme les autres? Pas tout à fait.

Les programmes de sport-études se dérouleront bel et bien, au Triolet. Par contre, les participants aux différents sports interscolaires devront patienter quelques semaines avant de s’élancer.

Au total, ce sont 894 jeunes qui participent aux différents programmes de sport-étude, et quelque 700 autres sont généralement inscrits, en moyenne chaque année, aux sports interscolaires.

Depuis le mois de juin, l’équipe du Triolet a planché sur l’établissement des groupes classes stables, en milieu scolaire et pour chapeauter la pratique sportive des sports-étude, a confirmé Jean-Benoît Jubinville, directeur adjoint au 1er et au 2e cycle Sports-études.

« On savait dès le mois de juin qu’on devait changer notre façon de fonctionner, à l’école, et qu’on devait mettre sur pied des groupes classes stables, où l’élève serait avec les mêmes élèves, pendant toute la journée, dans le même local. Quand on a eu des rencontres avec les 53 programmes sport études au Québec, début juillet, c’était clair pour tout le monde qu’il y avait un groupe classe stable à l’école et un groupe d’entraînement stable au sport. On a tous interprété ce qui était écrit de la même façon. On a demandé de se faire confirmer le tout, on a annoncé au ministère de l’Éducation qu’on allait baser notre modèle scolaire en fonction de ces données -là. Le ministère était courant, mais il ne nous a jamais donné d’indication contraire », a poursuivi M. Jubinville, qui est également membre du comité provincial des programmes sport-études.

En état de choc

Justement, ce comité provincial devait se réunir, jeudi matin. Les plans ont changé, à cause de l’annonce du ministre Roberge. Le comité fera le point vendredi après-midi.

« Tout le monde est un peu en état de choc parce que le ministre annonce quelque chose de complètement nouveau, que personne n’a vu venir. Quand tu reçois un mémo à la dernière minute comme ça, ça déstabilise un peu. Par chance, notre organisation scolaire était toute faite. On est chanceux, on s’était bien préparé, alors on n’est pas si pire. »

Par contre, ce dernier établit une différence importante entre le sport interscolaire, et le sport-étude. Un détail qui semble échapper au ministre de l’Éducation Jean-François Roberge.

« Le sport-étude, et le sport interscolaire, ce n’est pas la même chose du tout. Le ministre semble mélanger les deux.

Un programme sport-étude, c’est 75 % du temps à l’école et 25 % du temps aux sports. Quand les élèves sont en classe, ils sont sous la responsabilité de l’école. Et quand ils sont aux sports, ils sont sous la responsabilité d’un mandataire sportif, qui est un OBNL, et c’est comme ça partout au Québec. Donc, quand il est au hockey, par exemple, il n’est pas géré par le Triolet, mais pas Hockey Sherbrooke. C’est comme ça pour tous les sports qui se déroulent pendant le temps de sport. Les jeunes ont donc deux groupes stables; s’il y a une traçabilité à faire pour un cas ou une éclosion, ça va être très facile. Pour l’instant, on parle juste d’entraînement sur temps de classe, et non de matchs. »

« Dans notre équipe de football juvénile, par contre, c’est impossible que l’équipe soit dans la même classe. Tant que les conditions actuelles demeurent, c’est clair que la saison de football est reportée un peu. On continue exactement comme prévu. La seule chose qu’on a faite, dans notre organisation scolaire, c’est de prioriser le choix de cours de l’élève pour créer les groupes classes. » 

Les programmes de sport-études se dérouleront bel et bien, au Triolet. Par contre, les participants aux différents sports interscolaires devront patienter quelques semaines avant de s’élancer.

Des règles différentes pour les sports associatifs

Jean-Benoît Jubinville ne comprend toujours pas pourquoi, par contre, les jeunes peuvent participer aux activités des sports associatifs, une fois que la cloche de 16 h a sonné à l’école. Craint-il une désaffiliation et un exode?

« On n’a pas peur pour l’instant, mais ça serait ridicule que ça en arrive là. Les valeurs du sport étudiant, le sentiment d’appartenance, le respect des règles de santé, tout ça fait en sorte qu’on est numéro un. Je ne comprends pas qu’il y ait une règle pour le sport civil et une autre pour le sport scolaire. Il y a là un non-sens, c’est certain. »

« À ce sujet, on a posé des questions, on a demandé des réponses aux gens qui œuvrent au ministère de l’Éducation. Mais on n’a pas eu de réponses. J’aimerais ça lui parler, au ministre. Il fait des rencontres et il répond aux questions des enfants, sur les réseaux sociaux, mais il devrait parler à ceux qui prennent des décisions pour les jeunes », a-t-il également avancé.

« Je ne suis pas contre le délai, pour que l’école commence bien, qu’on se concentre sur l’école. Mais que les jeunes puissent continuer à faire du sport civil, ça n’a pas de sens. Tu fais les deux, ou tu ne l’autorises pas du tout. On accueille nos élèves dès vendredi, avec nos nouvelles mesures et on va tout faire pour que nos jeunes soient bien et heureux à l’école. Pour plusieurs d’entre eux, ce bien-être passe par le sport. Et s’il n’y en a pas, il va manquer quelque chose, c’est certain. »