Plusieurs jeunes filles enfilent le dossard des Green Buffaloes. Il y a même des plans pour créer une équipe entièrement féminine.

Le soccer pour tout le monde [ PHOTOS ET VIDEO]

On dit souvent que ça ne coûte rien pour jouer au soccer, qu’il suffit d’avoir des souliers et un ballon. Mais ce n’est pas tout à fait vrai. Le coût d’inscription dans les équipes compétitives peut être de quelques centaines de dollars et les camps spécialisés peuvent être hors de prix pour de nombreuses familles, principalement des nouveaux arrivants, qui ne peuvent se permettre d’inscrire leur enfant au soccer. C’est justement pour permettre à tout le monde de jouer que l’équipe communautaire des Green Buffaloes a vu le jour dans l’est de Sherbrooke.

Avec les Green Buffaloes, tout est fourni : les souliers à crampons, les ballons, les filets et les dossards. Les entraîneurs sont des bénévoles et préparent des entraînements sur mesure pour les jeunes. L’école primaire Desjardins fournit le terrain et le gymnase durant l’hiver. N’importe quel enfant peut juste se pointer les mardi soir et samedi après-midi et jouer au soccer. 

S’ils sont une bonne cinquantaine chaque mardi soir et samedi après-midi, c’est plus d’une centaine de jeunes qui ont enfilé un dossard depuis le début du projet. Ils s’entraînent comme s’ils faisaient partie d’une équipe.

« On est là pour aider les enfants et le quartier, souligne Fredy Ndobewa, entraîneur de l’équipe. Ça aide aussi les parents qui n’ont pas nécessairement les moyens d’inscrire leur enfant dans une école de soccer. C’est comme une famille, ça me fait vraiment plaisir de donner cette formation aux enfants, ça vient du cœur. »

Les jeunes ont le sourire collé aux lèvres. C’est le cas du jeune Gloire Kamba, 10 ans, qui est originaire du Zimbabwe. Il s’est fait plusieurs amis dans l’équipe.

« J’aime marquer des buts et faire des passes, lance-t-il. J’ai hâte de jouer un match, je suis prêt ».

La communauté se met ensemble

Le projet des Green Buffaloes a été mis sur pied par la Table de quartier 4-saisons qui soutient l’initiative de parents. La Ville de Sherbrooke, la députée de Saint-François Geneviève Hébert, la ministre Isabelle Charest et la Table de quartier 4-saisons ont offert conjointement 6000 $ pour le démarrage de cette ligue. Le magasin Éconosports de Sherbrooke a fourni l’équipement à prix « dérisoire ».

« On voulait que les jeunes aient la même chance que les autres. Jouer au soccer sans les crampons, ce n’est pas la même expérience, explique Louis-Philippe Renaud, agent de liaison de la Table de quartier 4-saisons. J’ai rencontré Denis Fortier de la Fondation Rock Guertin et il va nous financer l’achat de bouteille d’eau pour les jeunes, Econosports va nous les vendre à prix ridicule et on va mettre notre logo dessus. On va avoir 100 bouteilles bientôt. »

Louis-Philippe Renaud rappelle aussi que l’activité ne s’adresse pas seulement aux jeunes issus de l’immigration.

Des parents satisfaits

Plusieurs parents restent autour lors de l’entraînement de leur enfant. Ils n’avaient que de bons mots pour l’équipe.

« Il tripe, il aime vraiment ça, indique Vincent Auguste dont le garçon joue depuis quelques jours seulement dans l’équipe. Il pense juste à ça. Ce week-end il m’a parlé de ça. C’est une belle chose, c’est bien organisé. »

La fille de Catherine Chicoine-Veret en était à sa première expérience lors du passage de La Tribune.

« Ça fait plusieurs années qu’elle me dit qu’elle veut jouer au soccer, mais je n’avais pas vraiment les moyens, souligne-t-elle. On est donc venu ici. Je l’avais inscrit quand elle avait 5 ans, mais elle regardait plus les papillons que le ballon. C’est un beau programme et une belle façon de faire bouger les enfants. »

Partenariat avec le Mistral

L’objectif des Green Buffaloes n’est pas de piler sur les pieds du Mistral de Sherbrooke, loin de là. Les deux entités souhaitent même collaborer. 

« Ce qu’on veut, c’est qu’il n’y ait pas de jeunes qui ne jouent pas au soccer parce qu’ils n’ont pas les moyens de le faire, résume Louis-Philippe Renaud. Le Mistral est dans une optique de compétition. On est en mode apprendre à se connaître. On veut jouer contre des équipes du Mistral lors de festival cet été. On va favoriser les jeunes qui sont venus souvent et qui sont sérieux. »

Des matchs contre une autre équipe communautaire du quartier d’Ascot pourraient avoir lieu lors de la Fête de la famille. L’objectif, selon M. Renaud, est de répandre la façon de faire communautaire dans les autres quartiers de la Ville.

« C’est très bien qu’on parle d’activité communautaire, je n’ai rien contre et c’est le fun d’avoir une petite ligue pour ceux qui veulent s’amuser, mentionne pour sa part Michel Couturier, directeur général du Mistral. Mais lorsqu’on tombe dans le volet compétitif, il faut que ce soit fédéré parce qu’à un moment donné on va se piler sur les pieds. Au Québec on a mis en place des fédérations, il faut embarquer là-dedans. »

Hommage à une équipe de la Zambie

Le nom Green Buffaloes n’a pas été choisi au hasard. Il a été emprunté à une équipe de la Zambie basée à Lusaka qui a remporté six titres de leur ligue de 1973 à 1981. 

« Le Green Buffalo c’est un buffle qui est réputé pour être endurant et faire face aux défis et c’est ça qu’on veut donner comme valeur aux jeunes. »

L’équipe a été fondée en 1965 et joue avec des maillots vert et blanc.