Marianne St-Gelais a félicité son ex-conjoint Charles Hamelin après sa victoire au 1000 m, dimanche, à Montréal. Malgré leur rupture, la patineuse l’a chaudement enlacé.

Le sacre de Charles Hamelin

À sa 14e tentative, Charles Hamelin a enfin gagné sa couronne.

Celui qui est surnommé la locomotive de Sainte-Julie a confirmé au monde entier, dimanche, qu'il prenait la bonne décision en prolongeant sa carrière d'au moins une autre saison, alors qu'il a remporté le titre cumulatif des Championnats du monde de patinage de vitesse courte piste pour une première fois.

À l'âge de 33 ans, Hamelin est devenu le premier Canadien depuis Marc Gagnon en 1998 à accomplir cet exploit.

«Il me manquait deux titres en carrière, celui de champion olympique au 1000 mètres et celui au cumulatif aux Mondiaux, a rappelé Hamelin avec les yeux pétillants. Le réussir à Montréal, les mots me manquent. De le faire devant ma famille et mes amis, j'ai l'impression d'être redevenu jeune.

«J'étais préparé pour obtenir des résultats comme ça, mais de le faire réellement, c'est un rêve devenu réalité. Ç'a m'a pris 15 ans avant d'être sacré champion du monde et une des raisons pour lesquelles je continue, c'est parce que je veux que ça arrive à un autre gars, mais pas après 15 ans. Je veux que le titre revienne plus rapidement au Canada. J'espère que mes performances ont donné envie à des jeunes de commencer à patiner.»

En cours de route, Hamelin a remporté le titre au 1000m, dimanche, et celui au 1500m, samedi. Il avait aussi terminé au cinquième rang sur 500m, samedi, grâce à une victoire en finale B.

Hamelin a ensuite fait le nécessaire en super finale sur 3000m pour confirmer son sacre mondial. Il a terminé la compétition avec 81 points, loin devant le Hongrois Liu Shaolin Sandor (45) et le Sud-Coréen Hwang Dae Heon (44).

Quelques minutes après la super finale, Hamelin a ajouté une médaille d'argent à sa récolte du week-end en aidant ses coéquipiers Samuel Girard, de Ferland-et-Boilleau, Pascal Dion, de Montréal, et Charle Cournoyer, de Boucherville, à prendre le deuxième rang de la finale au relais 5000m.

«Le courte piste est hyper serré en ce moment et c'est difficile de dire qui va gagner, a noté Cournoyer. Il y avait peut-être 10 patineurs qui pouvaient espérer gagner le titre en fin de semaine. Ça dépend des circonstances, de qui se sent le mieux cette semaine. Charles a prouvé que c'était lui qui se sentait le mieux.»

En franchissant la ligne d'arrivée à la fin du 3000m, Hamelin a levé les bras au ciel et a fait un signe de coeur à la foule qui l'acclamait. Il a ensuite sauté dans les bras de son frère François, qui accroche ses patins, et de ses coéquipiers. Il a aussi fait l'accolade à son entraîneur Derrick Campbell et à Marianne St-Gelais, de qui il a annoncé sa séparation la semaine dernière.

«Je me rappelle d'il y a quatre ans ici, je l'avais serré dans mes bras par-dessus la bande parce qu'il venait de perdre le titre, a raconté St-Gelais, pour qui il s'agissait d'une dernière compétition en carrière. Je lui avais dit de ne pas lâcher et que ça arriverait un jour. C'est super beau que ça arrive aujourd'hui, à Montréal, devant sa foule. Il méritait d'être champion du monde depuis tellement d'années. Il travaille tellement fort et de le faire à 33 ans, c'est tout un exploit.

«Il reste un athlète exceptionnel pour moi et je vais continuer à le suivre dans sa carrière, parce qu'elle n'est pas terminée, et il reste important pour moi.»

À l'âge de 33 ans, Charles Hamelin est devenu le premier Canadien depuis Marc Gagnon en 1998 à remporter le titre cumulatif des Championnats du monde de patinage de vitesse courte piste.

Le flambeau attendra pour Girard

Pendant les Jeux olympiques de PyeongChang le mois dernier, Hamelin avait connu des ratés sur les distances individuelles pendant que Girard triomphait au 1000m. À l'époque, Hamelin se dirigeait toujours vers la retraite et on parlait beaucoup de la passation du flambeau de ses mains à celles du patineur âgé de 21 ans. Ce week-end, Hamelin le lui a repris.

«Pour un bref délai, a insisté Hamelin en riant. On est capable de bien se partager le flambeau durant la prochaine saison. Je veux transporter les jeunes, et pas seulement Sam. Il y a d'autres jeunes qui s'en viennent et il y en a de très talentueux. L'équipe canadienne va se tenir en santé.»

En début d'après-midi dimanche, Hamelin avait dominé la finale au 1000m, pendant que Girard était pénalisé pour avoir fait chuter Hwang.

Le Sud-Coréen Lim Hyo Jun avait terminé au deuxième rang, devant le Néerlandais Sjinkie Knegt.

De son côté, Girard a conclu la compétition au 10e rang cumulatif. Il avait été pénalisé en finale du 1500m, samedi, et avait été relégué au sixième rang. Au 500m, le patineur de Ferland-et-Boilleau avait été éliminé dès les quarts de finale et il s'était classé neuvième.

Médaillé d'or au 1000m aux Jeux olympiques de PyeongChang le mois dernier, Girard ne s'est pas qualifié pour la super finale.

«J'ai pris des décisions qui ont fait en sorte que j'étais moins au bon endroit au bon moment dans les courses, a mentionné Girard. J'ai fait deux finales. Même si j'ai été pénalisé à chaque fois, je suis content de mes courses. Je suis encore là pour apprendre. Je reviendrai encore plus fort la saison prochaine. De voir Charles devenir champion du monde à Montréal, ça donne le goût de continuer et de faire comme lui.»

Girard continuera donc à suivre la locomotive de Sainte-Julie, qui sera maintenant décorée d'une couronne de champion du monde.

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ST-GELAIS TERMINE SA CARRIÈRE AVEC LE BRONZE AU RELAIS

Marianne St-Gelais a vécu de fortes émotions, dimanche, à sa dernière journée de compétition.

Marianne St-Gelais a fait sourire la foule une dernière fois en arrosant ses coéquipières et quelques rivales avec du champagne, dimanche.

Le rayon de soleil de Saint-Félicien a accroché ses patins après avoir aidé l'équipe canadienne à remporter le bronze au relais 3000 mètres aux Championnats du monde de patinage de vitesse courte piste.

Après un week-end difficile au niveau des courses individuelles, St-Gelais, qui est âgée de 28 ans, a pu célébrer une dernière fois avec ses coéquipières sur la glace de l'aréna Maurice-Richard.

Après l'interprétation de l'hymne national soulignant la victoire de l'équipe sud-coréenne, St-Gelais a aspergé Kim Boutin, de Sherbrooke, Kasandra Bradette, de Saint-Félicien, Jamie MacDonald, de Fort St. James, et Valérie Maltais, de La Baie. Quelques Sud-Coréennes ont aussi été éclaboussées.

«Ç'a fait chaud au coeur de voir les gens ici, a dit St-Gelais au sujet de son dernier tour de piste. Ça rend émotive de dire au revoir à tout ça. C'est ce que j'aime faire. Le relais, c'est ce qui va le plus me manquer, de courir avec les filles. Mais je suis très sereine avec ma décision.»

St-Gelais s'attendait à vivre des émotions fortes au cours de la journée. Après avoir remporté sa vague lors des quarts de finale du 1000m en début d'après-midi, elle n'a jamais été dans le coup lors des demi-finales. Boutin faisait partie de la même demi-finale et a également été éliminée.

Après la course, Boutin a levé le bras de sa coéquipière et lui a fait faire un tour d'honneur sous une ovation de la foule.

«J'étais contente que Kim vienne me trouver, a mentionné St-Gelais. Ça faisait une belle image, Marianne qui passe le flambeau à Kim.»

«Marianne m'a beaucoup appris, a ajouté Boutin, qui est âgée de 23 ans. Elle a été là jusqu'à la fin pour moi, et moi pour elle. C'était un beau moment à vivre et je voulais le vivre avec elle. Je n'arrêtais pas de lui dire qu'elle allait me manquer!»

Samedi, St-Gelais avait été pénalisée et avait chuté lors des demi-finales du 500m, terminant au huitième rang. De plus, elle n'avait pas franchi les qualifications au 1500m, vendredi.

Tout ça a été oublié dimanche grâce à la médaille remportée au relais.

«Dans le vestiaire, quand on a su l'ordre du relais, on s'est toutes mises à pleurer, a raconté Boutin, retenant encore des larmes. C'est un gros moment. Marianne était un gros pilier dans l'équipe et elle va nous manquer.»

Les Sud-Coréennes se sont imposées, tandis que les Néerlandaises ont résisté aux Canadiennes pour décrocher l'argent.

Choi triomphe, Boutin 7e

La Sud-Coréenne Choi Min Jeong a terminé le week-end avec trois médailles d'or et un troisième titre cumulatif individuel en carrière. Elle a gagné au 1500m, au 500m et au relais, en plus de terminer au quatrième rang au 1000m. Elle a également fait le nécessaire pour confirmer son triomphe au classement cumulatif lors de la super finale sur 3000m.

Sa compatriote Shim Suk Hee a pris le deuxième rang au classement cumulatif, devant la Chinoise Li Jinyu.

Boutin a glissé du cinquième au septième rang lors de la super finale. MacDonald avait tout juste raté la super finale en se classant neuvième après les trois distances traditionnelles.

Après avoir gagné le bronze au 1500m et signé une cinquième place au 500m, samedi, Boutin s'est contenté du neuvième rang au 1000m, dimanche.

Shim s'est imposée au 1000m, devant respectivement la Russe Sofia Prosvirnova et Li.

MacDonald a écopé un carton jaune lors des quarts de finale après avoir reçu deux pénalités dans la course. Elle a été éliminée.

«Au 1000m, je n'avais plus d'énergie, a admis Boutin, triple médaillée lors des récents Jeux olympiques de Pyeongchang. Au 3000m, j'ai essayé de tout donner et au relais aussi. Je suis vraiment fière de ma saison.»

Et est-elle prête à hériter du flambeau des mains de St-Gelais?

«Non», a-t-elle répondu en riant, comme si elle souhaitait que ce soit toujours St-Gelais qui le porte.

«Je vais le prendre, a ensuite ajouté Boutin. Je vais être là pour l'équipe. Être un des piliers de l'équipe, j'aime ça. Si on me donne ce rôle, je vais l'adorer, c'est certain.»

Boutin aura quelques semaines pour s'habituer à la vie à l'aréna sans St-Gelais. Cette dernière s'attend d'ailleurs à ressentir l'impact de son départ à la retraite quand arrivera l'époque où elle aurait repris l'entraînement.

«Peut-être qu'à ce moment-là, je vais réaliser que la retraite commence, a noté St-Gelais, qui se dirige vers une carrière à la télévision. Je vais devoir m'entraîner par moi-même, je n'aurai plus personne pour me botter les fesses.»

Parions toutefois qu'elle ne sera jamais très loin pour venir donner un coup de main à Boutin et à la nouvelle génération de patineuse canadienne.