Cette photo prise par une caméra cachée a révélé les escapades nocturnes d'un cougar (puma) dans les collines surplombant la populeuse agglomération de Los Angeles. Le National Geographic a consacré un grand reportage « au super prédateur de retour en ville », dont on attend les prochaines manifestations en Estrie.

Le rôdeur au long parcours

Notre laboratoire saisonnier est en prolongation de mandat. Le couvert de neige demeure nos yeux nocturnes pour relever la moindre trace d'un cougar en région. Mais le tableau reste vierge.
C'est à croire que ce fantôme n'a jamais arpenté nos terres et qu'il n'est d'aucune façon responsable de l'agitation de l'été 2011, provoquée par des attaques sur des chevaux.
Pour mieux comprendre le mystère en face duquel nous sommes placés, je vous recommande la lecture d'un article récemment paru dans le prestigieux magazine National Geographic et dont la version électronique francisée est disponible sur internet (Le puma, un super prédateur de retour en ville). Nos voisins américains réfèrent au puma alors que nous utilisons l'appellation cougar pour décrire ce « lion de montagne ».
Fidèle à ses illustrations relevées, le National Geographic publie plusieurs photos dont l'une, captée par une caméra cachée, montre l'escapade nocturne d'un mâle aux portes de Los Angeles. Avec l'immense panneau éclairé du « Hollywood Sign » en arrière-plan, ça donne à penser que la photo est truquée.
Le National Geographic a toutefois acquis sa notoriété avec l'authenticité, pas en versant dans le maquillage cinématographique.
Pour aller s'installer dans les collines de Griffith Park, surplombant une agglomération de 17 millions d'habitants, « l'animal a traversé deux des artères les plus fréquentées au monde, dont une autoroute à dix voies », décrit l'article.
On comprend alors qu'un rang de campagne, les abords d'un village et même l'autoroute des Cantons-de-l'Est ne représentent pas une barrière humaine de nature à effrayer les rôdeurs d'occasion!
« Un grand carnivore subvient à ses besoins en pleine mégapole et échappe aux regards mieux qu'une vedette fuyant les paparazzis», utilise habilement comme métaphore l'auteur du reportage, Douglas Chadwick.
De jour, ce grand félin se fondrait dans le décor californien. « Ça montre bien la furtivité de l'animal, qui réussit à passer quasi inaperçu dans l'une des villes les plus populeuses des États-Unis », commente le biologiste sherbrookois Marc Gauthier, le scientifique ayant mis au point les poteaux de grattage installés en Estrie et sur lesquels ont été recueillis des poils de cougars.
Par contre, certains individus ont été piégés par l'urbanité. La référence à un cougar heurté mortellement en 2011 le long d'une bretelle d'autoroute du Connecticut nous ramène à un semblable accident survenu il y a une vingtaine d'années en Estrie, dans le secteur d'East Hereford.
La génétique de l'animal frappé en Nouvelle-Angleterre l'associait à des congénères du Dakota du Sud, à quelques 3000 km de là. La propension des jeunes mâles à prendre le large raccourcit donc les 500 km séparant l'Estrie du Connecticut.
Les scientifiques américains utilisent les instruments de télémétrie pour observer le comportement des cougars et surveiller leurs déplacements.
Nous n'en sommes pas encore comme eux, à suivre « F51 et F61 ». Mais tout avancement des connaissances sur ces fascinants fantômes griffés ne peut que nous éclairer sur les probabilités d'une occupation permanente du territoire estrien.
Et qui sait, peut-être nous aider à anticiper leurs prochaines manifestations
Plus près de nous, la revue Sentier Chasse-Pêche a également publié dans son édition du mois dernier un long article sur le cougar. Alors, en attendant de lui revoir les moustaches, y'a de quoi lire pour passer le temps!