Lissa Bissonnette (deuxième à partir de la gauche) et ses coéquipières ont réussi, en août dernier, à qualifier le K4 canadien pour les Jeux olympiques de Tokyo.

Le rêve reporté de Lissa Bissonnette

Jusqu’à lundi dernier, Lissa Bissonnette et les membres de l’équipe canadienne de canoë-kayak s’entraînaient à Melbourne, en Floride, en prévision des qualifications finales en vue des Jeux olympiques de Tokyo, l’été prochain. Mais en une semaine, les plans des trois dernières années de la Sherbrookoise ont été chamboulés.

Dimanche soir, le Comité olympique canadien (COC) annonçait qu’il n’enverrait pas ses athlètes à Tokyo en juillet, à cause de la pandémie de la COVID-19.

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Le Canada a été suivi peu de temps après par l’Australie. Mais le suspense perdure à savoir si les Jeux auront lieu ou non.

En quarantaine à Ottawa après son retour des États-Unis, Lissa Bissonnette cautionne la décision du COC, mais avec le cœur brisé.

« Je suis bien sûr habitée par des sentiments mixtes. C’est triste de faire une croix sur les Jeux, mais avec tout ce qu’on voit passer sur les réseaux sociaux... La semaine passée, j’étais encore en Floride à m’entraîner en vue des qualifications finales pour les Jeux olympiques. Tout ce qu’on nous disait alors, jusqu’à lundi, c’était : "tout va bien, on reste ici, on regarde pas les réseaux sociaux."  En Floride, on était pas mal seuls, on ne sortait pas beaucoup, on était comme en quarantaine, à Melbourne. Mais dès le lundi, avec l’annonce du premier ministre (Justin Trudeau) comme quoi il fallait rentrer au pays, on connaissait les conséquences », a-t-elle dit.

Le rêve olympique de la spécialiste en kayak venait ainsi de prendre une autre tournure.

Lissa Bissonnette, et ses trois coéquipières, ont réussi à qualifier le Canada pour les prochains Jeux olympiques en 2020 à Tokyo, en K4, en août dernier.

Cet exploit, qui représente une première pour le Canada depuis 2008, a été réalisé lors des Championnats du monde de canoë-kayak de vitesse, qui se sont déroulés à Szeged, en Hongrie.

La place de Bissonnette dans l’embarcation canadienne n’était pas encore assurée à 100 %, voilà pourquoi elle devait se démarquer lors des qualifications canadiennes, qui devaient se mettre en branle le 16 avril prochain.

« La décision du COC, je la supporte ; mais était-elle prématurée, je ne sais pas. Ça ne fait pas si longtemps que ça que l’on est exposé à toute l’ampleur de la pandémie. On a eu un appel conférence dimanche de la part de la fédération, alors j’ai eu le temps de digérer la nouvelle avant qu’elle ne soit rendue publique. J’ai fermé mon cellulaire par la suite ! », a-t-elle lancé.

« On était très proche des qualifs, c’était prévu pour le 16 avril pour le K4. Je connaissais un bon camp, tout allait bien. C’est dur. Voir que l’Australie a pris la même décision que le Canada, ça m’a fait un peu du bien. En espérant maintenant que le Comité olympique international (COI) se range à ça et que les Jeux soient reportés en 2021. »

Si les Jeux sont en effet reportés d’un an, voudra-t-elle continuer le processus pour une autre année ?

« Est-ce qu’on va reprendre le processus de qualification, comme c’était prévu ? Chose certaine, ça va vouloir dire un autre camp d’entraînement, en vue de ces qualifs. Et ce camp est très exigeant, mentalement. En fait, toute l’année qui précède les Jeux est exigeante, pour tout le monde. La compétition est plus grande, tout le monde met la gomme. D’après moi, le processus va recommencer à zéro et je vais devoir à nouveau faire mes preuves. Pour un autre cycle olympique de quatre ans, je ne sais pas, mais pour an, c’est certain que je vais y aller », a-t-elle confirmé.

En attendant d’être fixée plus clairement, Lissa Bissonnette tente de garder sa forme olympique, du mieux qu’elle peut.

« On n’a pas de plan d’entraînements, depuis une semaine, alors c’est le retour aux programmes d’entraînement comme lorsqu’on était jeunes. Je vais me tenir en forme, en attendant de voir ce qui va se passer cet été. Si les Jeux sont annulés, il n’y aura probablement pas de compétitions non plus. Je vis encore un peu ma déception. C’est plutôt le temps de prendre le temps pour faire des choses qui nous font plaisir. »