Combien de fois a-t-on vu des athlètes sélectionnés en première ronde qui n'ont jamais percé, que ce soit dans la LNH, la LHJMQ ou les autres sports professionnels?

Le repêchage, cette science inexacte

COMMENTAIRE / Les maniaques de hockey font l'exercice régulièrement et avec raison : il demeure toujours intéressant de regarder vers le passé en analysant les choix de sélection des différentes séances antérieures pour finalement confirmer que le repêchage est une science inexacte. Et c'est le cas pour le Phoenix.
Combien de fois a-t-on vu des athlètes sélectionnés en première ronde qui n'ont jamais percé, que ce soit dans la LNH, la LHJMQ ou les autres sports professionnels?
Et les contes de fées concernant les hockeyeurs repêchés tardivement sont aussi nombreux. Dans la LNH, on pense entre autres à Luc Robitaille (ronde 9), Dominik Hasek (10e ronde) ou Andrei Markov (ronde 6). Il y a aussi eu des flops à la Patrik Stefan ou Nail Yakupov.
Tout ça pour dire qu'à la suite des transactions impliquant Jason Imbeault et Brock McLeod, il était tentant de revenir en arrière pour finalement constater que le repêchage 2015 n'était pas le meilleur du Phoenix. Loin de là.
L'organisation sherbrookoise et son directeur général de l'époque, Patrick Charbonneau, ne parlaient pas lors de la ronde initiale de cette séance présentée au Palais des sports. Le tout premier choix du Phoenix : Jason Imbeault au deuxième tour. Résultat? Seulement 15 points en 129 parties lors de ses deux années à Sherbrooke.
Imbeault a été échangé pour Alexis Gaudreau, un choix de 12e ronde des Islanders de Charlottetown en 2016.
Ensuite, Logan Johnston sélectionné en quatrième ronde en 2015 et échangé contre un choix de 12e ronde aux Wildcats de Moncton. Suivi de Brock McLeod, un choix de quatrième ronde aussi. Ce dernier a servi de monnaie d'échange pour obtenir Connor Senken, qui n'a jamais été repêché dans la LHJMQ.
Heureusement pour le Phoenix, il a vu juste dans le cas du joueur de centre Nicolas Roy et du défenseur Vincent Lampron, choisis en cinquième et huitième ronde. Les deux seuls joueurs actifs repêchés en 2015 dans l'alignement actuel des Oiseaux.
« C'est vrai que le repêchage 2015 a été difficile, admet le directeur général Jocelyn Thibault, qui appuyait alors Patrick Charbonneau et son équipe de recruteurs. On doit vivre avec ça. Depuis deux ans, on tente de renverser la vapeur en sélectionnant un maximum de joueurs le plus tôt possible et en obtenant de bons choix au repêchage dans le futur. »
En revanche, quatre joueurs du Phoenix sélectionnés en 2014 occupent un rôle important à Sherbrooke : Evan Fitzpatrick (ronde 1), Thomas Grégoire (ronde 1), Nicolas Poulin (ronde 5) et Kevin Gilbert (ronde 6) : quatre bons coups de Charbonneau.
Le Phoenix a effectué quelques vols aussi. En plus de Poulin et Gilbert, on pense entre autres à Yann-Félix Lapointe, un choix de onzième tour en 2016 qui a réussi à percer l'alignement cette année et qui aura un rôle tout de même essentiel à la ligne bleue du Phoenix.
Donc tout n'est pas noir, tout n'est pas rose. C'est ça, un repêchage...
L'échange Jérémy Roy
Autre petit jeu toujours aussi amusant : analyser les transactions antérieures. Dont celle de Jérémy Roy, qui ne se présentera pas au camp de l'Armada de Blainville-Boisbriand, espérant faire le saut chez les professionnels à l'âge de 20 ans au sein de l'organisation de Sharks de San Jose. Ces derniers l'ont repêché dès le début de la deuxième ronde en 2015.
Roy n'aura disputé que dix parties au total avec l'Armada.
Rappelons qu'auparavant, le Phoenix avait fait l'acquisition du défenseur de 20 ans Nathanael Halbert de l'Armada et d'un choix de 7e ronde en 2016 contre le vétéran défenseur Alexis Vanier ainsi qu'un choix de première ronde en 2017.
Ce choix de première ronde en 2017, qui a servi à sélectionner le meilleur espoir du Phoenix, Samuel Poulin, avait été retourné à Jocelyn Thibault dans la transaction de Roy. Sherbrooke avait aussi reçu une sélection de premier tour en 2018 et un choix de deuxième ronde en 2016. Le Phoenix a alors repêché Justin Blanchette, qui a été envoyé à Baie-Comeau peu après contre un choix de première ronde en 2018. Un vol, bref.
C'est donc dire que Sherbrooke parlera quatre fois au total en première ronde lors des deux prochains repêchages. Sans parler des trois sélections de deuxième ronde en 2019.
Alors si certains ont la critique facile envers le DG Jocelyn Thibault, il faut avouer que cette fois, l'Armada a payé cher pour trois petits points effectués par Roy dans l'uniforme blanc et noir.
Ce même Roy qui avait été choisi bien avant Thomas Chabot lors du repêchage 2013 de la LHJMQ. Chabot est actuellement le meilleur espoir de la LNH en défensive... science inexacte disait-on!