Elieder Alvarez (devant) a remporté son combat contre Jean Pascal (derrière). Le Sherbrookois Alain Villeneuve (à gauche) était l'arbitre du duel.

«Le plus gros combat de la carrière» - Alain Villeneuve

Vous étiez devant votre téléviseur, samedi soir, pour regarder le gala de boxe impliquant entre autres le combat entre Jean Pascal et Eleider Alvarez? Ou même, vous étiez sur place? Dans les deux cas, vous n'avez certainement pas remarqué Alain Villeneuve. Et c'est parfait comme ça.
L'arbitre de boxe sherbrookois a officié lors d'un 198e combat en carrière, samedi. C'était lui l'arbitre en charge pour ce combat mettant la table à la finale opposant Adonis Stevenson et Andrzej Fonfara.
Et de son propre aveu, c'était son combat le plus important.
« Ce fut certainement le plus important et le plus médiatisé de tous les combats auxquels j'ai participé. Il y a bien eu le combat entre Éric Martel-Bahoeli et Adam Braidwood le 24 février dernier au Centre Videotron, en sous-carte du combat principal entre Lucian Bute et Alvarez, mais le combat de samedi, c'était autre chose », a-t-il indiqué.
« Non seulement ce fut mon plus gros combat, mais ce fut aussi, de mon propre aveu, mon meilleur en carrière. C'était un combat important entre deux gars qui avaient beaucoup à prouver, un combat qui s'est très bien déroulé. »
« Jean a été ébranlé au deuxième round et il s'est mis à accrocher un peu plus par la suite. J'ai dû l'avertir à plusieurs reprises. Je devais mettre mon pied par terre, les règles sont là pour être respectées. Mais dans l'ensemble, ce fut un combat propre, bien disputé. »
Garder la forme
Loin des projecteurs médiatiques, les arbitres doivent eux aussi peaufiner leur préparation, tant mentale que physique, avant des combats de cette importante. Avant tous les combats, en fait.
« Je me garde dans une forme optimale. Je vais au gym trois fois par semaine, je fais du cardio, de la musculation. Il y a beaucoup de préparation derrière ça. Mentalement, c'est aussi tout un défi de participer à un combat de cette importance. Si tu mets trop de pression, tu interfères. Si tu n'en mets pas assez, tu laisses le combat déraper. »
« Passer inaperçu dans un combat comme ça, c'est une victoire en soi. Après la soirée, j'ai croisé Marc Ramsay (entraîneur d'Eleider Alvarez) et il m'a remercié pour avoir laissé les boxeurs s'exprimer sur le ring. Je suis reconnu pour être proche des boxeurs. Quand ça ne va pas, j'aime intervenir rapidement. J'aime mieux un coup à l'orgueil du boxeur à un coup à la tête qui pourrait avoir des conséquences ».
Le vétéran Marlon B. Wright est un exemple à suivre pour Alain Villeneuve. Et ironiquement, c'est l'état de santé de ce dernier qui a probablement ouvert les portes au Sherbrookois.
M. Wright souffre d'un cancer de la peau et il a mis sa carrière en veilleuse pour se concentrer à combattre la maladie.
« J'ai fait ce combat en pensant à lui. Je le connais depuis une dizaine d'années. C'est un leader silencieux qui prêche par l'exemple. C'est un gars droit et j'ai voulu avoir la même tenue dans le ring. Mon mentor Michael Griffin m'a aussi félicité. »
Alain Villeneuve le confirme; ce combat pourrait lui ouvrir des portes.
« J'ai envoyé le vidéo au superviseur des arbitres internationaux de la WBC et j'espère bientôt participer à un premier combat à l'extérieur du Canada. Je suis plutôt terre-à-terre, je vais laisser venir. Je crois avoir franchi une étape, samedi. »