Le Phoenix envoie l’Armada dans les câbles

Le Phoenix n’a pas perdu de temps avant de lancer un message clair à l’Armada mercredi soir. Les Sherbrookois n’avaient qu’une idée en tête: revenir à Sherbrooke avec une avance de 3 à 1 dans cette série de premier tour. La troupe de Stéphane Julien n’a laissé aucune chance à son adversaire, quittant ainsi Boisbriand avec un gain de 6 à 2 et surtout, avec la ferme intention de ne pas y revenir pour un match numéro 6.

C’est encore une fois le premier trio du Phoenix qui a pris les commandes tôt dans la rencontre. Alex-Olivier Voyer et Félix Robert ont préparé le but de Ryan DaSilva dès les premières minutes du match.

Robert a ensuite doublé l’avance et en deuxième période, Voyer l’a imité. Il n’y avait que 21 minutes de disputées et ces deux joueurs avaient déjà amassé trois points.

«Ce match était un point tournant dans la série, soutient Samuel Poulin, qui avait pour sa part obtenu deux mentions d’aide à ce stade-ci de la partie. Ça nous prenait la victoire. Revenir à Sherbrooke avec deux gains de chaque côté aurait été très différent. On préfère bien sûr rejouer à domicile en menant la série 3 à 1, ce qui améliore nos chances de gagner cette série.»

«On est à fond de train à toutes les présences, observe Voyer. On est très contents de nos deux parties à Boisbriand. On est allés chercher les deux victoires que l’on visait. Il ne fallait pas lâcher l’Armada, parce que lorsque tous ses joueurs mettent l’épaule à la roue, ils sont tous dangereux.»

Benjamin Tardif a ensuite offert une avance de quatre buts à sa troupe. Le Phoenix semblait alors invincible.

Même l’élan offert à l’Armada grâce au but de Jasper Rannisto a été freiné aussitôt par le but de Patrick Guay. Après deux périodes, le pointage était déjà de 5 à 1.

«On était très agressifs, fait remarquer l’entraîneur du Phoenix, Stéphane Julien. Je sentais que les gars avaient de l’énergie. On a joué avec le feu mardi. L’Armada travaille très fort et il fallait être aussi intense que notre adversaire dès le départ.»

Ça passe ou ça casse

L’Armada a offert plus d’opposition en troisième période lorsque Zachary Roy a déjoué Dakota Lund-Cornish, mais Taro Jentzsch a enfoncé le dernier clou dans le cercueil alors que Brendan Cregan se trouvait au banc des siens.

«Il ne faut pas croire que c’est gagné d’avance, explique Samuel Poulin. L’Armada se présentera à Sherbrooke avec l’objectif de poursuivre leur année et d’éviter l’élimination. Il faudra donc travailler encore plus fort. Ça ne nous tente pas de revenir à Boisbriand pour une partie 6. C’est toujours plus agréable de mettre fin à une série devant nos amateurs, mais il faut surtout éviter de prendre ce risque en laissant l’Armada revenir dans la série. Ça pourrait être dangereux pour rien.»

De leur côté, les joueurs de l’Armada espèrent trouver le moyen de battre une fois de plus le Phoenix.

«À notre premier match, on était toujours dans leur visage, soutient Antoine Rochon. Ce soir, on donnait des petits coups après le sifflet. Il faudra garder notre concentration pour aller chercher la prochaine. On est déçus de la tournure des événements, mais on ne lâchera pas.»

«Un manque de respect pour notre logo»

Avant de commencer son traditionnel point de presse d’après-match, Bruce Richardson a pris une grande respiration. Les 60 minutes de la rencontre ont défilé dans sa tête et pour ne pas trop parler, l’entraîneur de l’Armada a longuement réfléchi à ses propos. Parce qu’il n’était pas content, Bruce Richardson. Vraiment pas. 

«Il y a un mot qui décrit notre match: décevant. Je suis très déçu de notre sortie de ce soir et de celle de la veille. Très très très déçu. C’est un manque de respect pour notre logo. Je ne peux rien reprocher aux joueurs pour ce qui est de leur attitude. Ils sont tous de bons gars. Mais un moment donné, il faudra arrêter de se faire battre sur le patin et sur l’effort.»

L’entraîneur pesait ses mots. Imaginez s’il ne l’avait pas fait.

«Je fais attention à ce que je dis, parce que l’on parle de jeunes joueurs de hockey, rappelle Richardson. Je les sentais prêts et engagés. Ils ont les bons mots avant la partie, mais quand c’est le temps de passer de la parole aux actes, on n’est pas toujours là et c’est frustrant parfois. J’en prends note. Notre équipe est en reconstruction et ce genre d’événements m’aident à prendre des décisions pour l’an prochain. De mon côté, je vais continuer à me battre et je ne les laisserai pas tomber.»

Il admet toutefois que sa troupe affronte une bonne équipe de hockey:

«On doit donner le crédit au Phoenix. Félix Robert a l’air d’un joueur repêché dans la LNH. On aime ce genre de joueurs. Il est un fier compétiteur. Samuel Poulin est en mission. Ça paraît qu’il veut être repêché au premier rang dans la LNH. Il le sait que les recruteurs sont ici. Mes gars aussi sont en mission, mais on a toujours l’adversaire dans la face et on court après notre queue. Il ne faut pas croire que c’est juste l’Armada qui joue mal.»

Comme affronter Mike Tyson

Richardson est allé jusqu’à comparer le Phoenix à Mike Tyson.

«Le Phoenix nous pousse au bout du rouleau constamment, renchérit Richardson. Mais vous savez, même si je m’apprêtais à me battre contre Mike Tyson et que j’avais de bonnes intentions, que je travaillais fort et que je compétitionnais, ça se peut très bien qu’il m’en sacre une quand même. On affronte une très bonne équipe, mais on y croit toujours. On n’a pas le choix.»