Reilly Pickard (sur la photo) a été bombardé de 28 tirs en deux périodes. Son coéquipier Brendan Cregan a pris la relève en arrêtant les cinq tirs reçus.

Le Phoenix déclassé à Bathurst

Le Phœnix était méconnaissable vendredi soir à Bathurst. À croire que les Sherbrookois avaient laissé leur détermination, ou leur énergie, à Rouyn-Noranda avant de se présenter au Centre régional K.C. Irving pour y affronter le Titan. Déclassé par la deuxième meilleure équipe de la LHJMQ, le Phœnix tentera de faire oublier son revers de 5-1 samedi avant de retourner à Sherbrooke.

La troupe de Stéphane Julien a pourtant été la première à attaquer. Mais les premières minutes ont été à l’image de la partie. Chaque fois que le Phœnix tentait une montée dangereuse, il n’attaquait jamais son ancien gardien Evan Fitzpatrick, qui a vu plusieurs tirs toucher la bande et la baie vitrée.

Malgré tout, Samuel Poulin a été le premier à s’inscrire à la marque en servant une tasse de café à Fitzpatrick après avoir mystifié la défensive.

« Je n’étais pas nerveux même après le but que j’ai accordé sur le premier tir, une pièce de jeu magnifique de Sam, a avoué l’ancien portier du Phœnix Evan Fitzpatrick, échangé contre Reilly Pickard aux Fêtes. Je croyais que le match allait être plus serré. Toutefois, on a profité de rebonds favorables, ce qui n’arrivera peut-être pas samedi. »

« On prenait de drôles décisions et on a commis des revirements en nous compliquant la vie, a précisé pour sa part l’entraîneur du Titan, Mario Pouliot. Par la suite, on a bien fait circuler la rondelle et on a utilisé notre vitesse. Le premier match est comme un combat de boxe. 

On a étudié l’adversaire. On était nerveux, mais on est revenus rapidement vers notre identité. »

Après ce but de Samuel Poulin, le Phœnix n’a plus jamais été dans le coup.

« J’ai aimé notre première période, a indiqué Stéphane Julien. On a obtenu plusieurs chances de marquer, mais on ratait le filet. Par contre, je trouvais que nos joueurs manquaient d’engagement et commettaient trop de revirements. On ne peut pas se permettre ça face à une offensive comme celle du Titan. »

Le Titan a montré toute sa force de frappe en marquant cinq buts consécutifs. On le sentait de plus en plus menaçant après le but de Poulin et Ethan Crossman a effectivement réussi à niveler la marque avant la fin de la période avec un tir parfait dans la lucarne.

« On a utilisé l’énergie de la foule, a affirmé Olivier Galipeau. Le Phœnix sort d’une série de sept matchs et il a rivalisé jusqu’au bout. On savait qu’ils allaient commencer la partie en force et personne n’a paniqué. »

Pickard aux douches

German Rubtsov, Mitchell Balmas et Olivier Galipeau ont coup sur coup déjoué Reilly Pickard. Le deuxième but de Balmas en fin de deuxième période aura convaincu Stéphane Julien d’envoyer Brendan Cregan devant la cage au dernier tiers. Cregan s’est montré parfait.

« Reilly a joué à l’image de l’équipe, soutient Julien. On a perdu le momentum à 4-1. C’est devenu plus difficile par la suite. Je ne voulais pas le laisser dans le filet afin de le reposer pour demain. On doit rester serein dans tout ça. On a constaté de belles choses. On ne doit pas partir d’ici la tête basse, car on a vu ce que ça prenait pour battre le Titan. »

Demain est un autre jour

Les joueurs du Phœnix ne semblaient pas du tout démolis après la rencontre et tenteront de rebondir samedi soir.

« Nos erreurs ont fait perdre notre tempo, a convenu le capitaine Hugo Roy. Tous les revirements ont fatigué notre équipe et on ne semblait pas avoir la même hargne. Les longs voyages ne sont pas une excuse, tout comme notre longue série contre les Huskies. On était bien préparés, mais on doit se regrouper. C’est comme une mauvaise journée au bureau et le momentum peut changer rapidement de côté. Si on ne touchait pas la cible, demain ce sera probablement différent. »

« On oublie tout et on repart demain en amorçant un nouveau match, a confié le pilote des Oiseaux. Ce n’est pas une déception, mais on doit ajuster quelques points. On aurait pu en donner un peu plus disons. »

La bonne nouvelle est que le Phœnix croit avoir trouvé certaines solutions aux énigmes du Titan.

« En étant une seconde en retard sur le jeu, on se faisait frapper par une équipe un peu plus grosse que nous, admet Julien. On devra réaliser les jeux plus rapidement et bouger les pieds davantage. La transition de Bathurst est excellente. Les trois premières lignes d’attaque pourraient d’ailleurs être notre première ligne à Sherbrooke. »

Sans Luke Green, qui n’a pas participé à la rencontre, et sans Mathieu Olivier, qui a quitté le match à la suite d’une blessure, le Phoenix manquait décidément de munitions.

« On a retiré du match Mathieu par prévention. On parle d’une blessure au haut du corps. Ce n’est rien de sérieux », a précisé l’entraîneur.

Evan Fitzpatrick n'a pas été très occupé lors de son premier match de la série face à son ancienne équipe. Il a bloqué 22 des 23 tirs dirigés contre lui.

Soirée facile pour Fitzpatrick

La présence d’Evan Fitzpatrick n’a pas été déterminante dans ce match. L’ancien portier du Phœnix a été peu occupé, mais a tout de même effectué le travail lors des rares attaques sherbrookoises.

« On n’a pas vraiment testé Fizpatrick aujourd’hui, observe l’entraîneur du Phoenix, Stéphane Julien. Pickard a réalisé de gros arrêts dès le départ et après ce fut plus difficile. »

« On affrontait l’une des meilleures équipes du circuit, rappelle Pickard. Elle avait beaucoup d’énergie. On a essayé d’être à son niveau, mais on n’a pas réussi à l’être après la première période. J’aurais dû être meilleur. Je n’étais pas comme lors de la série contre Rouyn-Noranda. 

La bonne nouvelle est que pour gagner les séries, ça prend quatre victoires, pas seulement une. On gagne samedi et ce sera 1-1 pour revenir à Sherbrooke. »

Ce dernier estime que son opposant a été meilleur :

« Evan a été bon aujourd’hui. Il a réalisé les arrêts importants. Il a reçu l’appui de son équipe. Le Titan n’a jamais cessé d’attaquer. On devra amener la rondelle dans leur zone, parce que dans la nôtre, c’est difficile à cause de la vitesse de notre rival. Heureusement, Brendan a fait de bons arrêts en troisième période. »

« C’était une bonne première partie pour nous, a fait remarquer Fitzpatrick. Le Phoenix a compté rapidement, mais on a bien répondu par la suite. On a appliqué notre système de jeu en sachant que les choses positives allaient suivre. On ne joue pas souvent contre le Phœnix donc plus la série avancera, plus on s’attend à du jeu physique. »

« Un gardien comme les autres »

Les deux formations refusent d’ailleurs d’aborder trop longtemps le sujet des retrouvailles entre les deux gardiens et leurs anciens coéquipiers.

« Reilly a connu une bonne série contre Rouyn-Noranda, mais on ne veut pas trop parler de lui, avance Olivier Galipeau. Il est un gardien comme les autres à nos yeux même s’il connaît très bien plusieurs de nos joueurs. Evan a connu un bon match et a gardé notre équipe dans la partie. On a confiance en lui et on doit revenir ici demain comme si la série était à 0-0. »

D’ailleurs, est-ce que Pickard était un peu nerveux avant son retour dans le Centre régional K.C. Irving?

« La pression n’est pas un mot faisant partie de mon vocabulaire. La pression n’a jamais été sur nous. C’est le Titan qui doit gagner cette année. Par contre, on doit être à cent pour cent pour battre le Titan », soutient-il.

Chose sûre, Fitzpatrick a eu droit à une scène plutôt inusitée lorsque son bon ami Brendan Cregan s’est présenté devant le filet.

« C’était spécial de voir Brendan devant moi à l’autre bout de la patinoire. Je suis habitué de pratiquer avec lui, pas de jouer contre lui! » confie Fitzpatrick.