Les joueurs du Phœnix Nicolas Poulin, Benjamin Tardif, Kevin Gilbert et Hanna Quinn affichent fièrement leur traditionnelle chevelure spéciale pour les séries éliminatoires de la LHJMQ.

Le Phœnix en mission

Les joueurs du Phœnix ont foulé les terres abitibiennes jeudi avec la ferme intention de gagner la première ronde éliminatoire de leur jeune histoire. Les Sherbrookois sont en mission et malgré l’absence de deux piliers, ils semblent prêts à tout pour revenir au Palais des sports avec une victoire ou deux.

À l’aube des séries 2018, les chances étaient pourtant fortes d’affronter une équipe située à proximité, comme les Remparts de Québec ou les Tigres de Victoriaville. Mais ce sont finalement les Huskies de Rouyn-Noranda, situés à 784 km de Sherbrooke, qui se dresseront sur leur chemin à l’occasion d’une série 4 de 7 qui commencera dès vendredi à l’aréna IamGold.

« Je crois au destin et s’il faut affronter les Huskies au premier tour, alors on se présentera là-bas avec l’intention de gagner », a confié l’entraîneur du Phœnix, Stéphane Julien.

Menée par des vétérans aguerris, la jeune équipe sherbrookoise tentera de causer la surprise. Car après tout, c’est elle la négligée dans cet affrontement. Rappelons que la Meute a terminé au 7e rang et le Phœnix au 10e rang.

« Notre équipe a prouvé qu’elle pouvait rivaliser contre toutes les formations cette année, a avancé le joueur de 20 ans Mathieu Olivier. Je pense que le duel est bon pour nous. J’ai de l’expérience en séries et je sais que je dois faire attention à ce que je vais dire pour ne pas motiver l’adversaire, mais malgré le fait qu’ils sont les favoris, une fois rendu là tout peut arriver, peu importe notre classement. Une nouvelle saison recommencera vendredi. »

« Les Huskies ont un bon punch offensif, admet le pilote des Oiseaux. La discipline sera la clef du succès. On s’attend à une guerre de tranchées. Leurs défenseurs sont excellents. Avec une victoire en deux matchs à Rouyn-Noranda, on pourrait être satisfaits et ce serait réaliste, mais on vise le doublé. Grâce à la confiance acquise récemment, on voit cette série d’un bon œil. »

Peu importe le résultat des parties de vendredi et samedi à Rouyn-Noranda, le Phœnix promet de revenir à Sherbrooke gonflé à bloc. Et à voir les Sherbrookois s’entraîner récemment, tout indique qu’ils le sont déjà. Parlez-en à Kevin Gilbert, qui a perdu une dent lors de la dernière pratique. Un entraînement plutôt intense…

« On a connu de l’adversité cette année, soutient Stéphane Julien. Même si le Phœnix subit deux défaites ou encaisse deux victoires à Rouyn, je ne pense pas que ça affectera mon équipe. On reviendra à Sherbrooke en ayant déjà tout oublié parce qu’à chaque match de séries, tout est à recommencer. »

Green et Alexeyev demeurent à Sherbrooke

C’est sans le défenseur élite Luke Green, blessé au genou, et le prolifique attaquant russe Yaroslav Alexeyev, blessé au pouce, que le Phœnix disputera ses deux premières parties éliminatoires.

« Quand Luke Green est revenu après sa blessure à l’épaule, les autres défenseurs ont mieux joué parce qu’ils se retrouvaient dans la bonne chaise, soutient l’entraîneur. Ceci étant dit, ça ne veut pas dire qu’ils ne sont pas de calibre. Au contraire. Son absence faisait en sorte de mettre un peu plus de pression sur les autres parce que Luke est un défenseur capable d’évoluer durant près de 25 minutes par match. »

« On mise peut-être sur quatre ou cinq défenseurs peu expérimentés, poursuit Julien, et on sait qu’en séries la constance est importante, donc ils devront jouer à la limite de leur capacité. Il faut par contre se souvenir que des recrues comme Alexandre Joncas et Olivier Crête-Belzile jouaient contre les meilleures lignes des autres équipes cette année jusqu’au retour de Green il y a une quinzaine de matchs. Nos jeunes ont joué beaucoup et ça aidera pour les séries. »

Du côté de la Meute, tout le monde semble en santé.

« Les Huskies compteront sur du renfort avec le retour de plusieurs blessés, rappelle Mathieu Olivier, qui possède une quarantaine de parties éliminatoires d’expérience. Le Phœnix a souvent affronté des clubs qui étaient positionnés très haut au classement lors de ses trois premières séries. Tout le monde aspire à la victoire dans la ligue, mais les Huskies ne sont pas favoris pour la Coupe du Président à cause du classement. Nous non plus d’ailleurs et normalement, ces séries-là entre les équipes de milieu de peloton sont les meilleures. Je crois sincèrement que les détails feront toute la différence. »

En vitesse

Les joueurs du Phœnix semblaient bien calmes à la veille du match numéro 1 : « De la façon dont on a joué dernièrement, je ne sens pas de nervosité, note le pilote des Oiseaux. Et de toute façon, notre groupe de leaders est assez fort pour contrôler ça. Peut-être que juste avant le match, les gars seront nerveux, mais ce sera de la bonne nervosité. »

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La récente séquence de neuf gains consécutifs a de quoi motiver les Sherbrookois en vue des éliminatoires. « La ligne est mince entre la confiance et la peur de perdre, rappelle Stéphane Julien. On dose bien ça présentement. Il faudra gérer nos émotions. On entre en séries avec confiance, mais il faudra la conserver peu importe ce qui arrive. »

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La force du Phœnix cette saison? Sa profondeur. Et c’est là-dessus que misera l’entraîneur de la formation.

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« Quand on a gagné nos matchs, c’est parce que tout le monde a contribué ou bien que nos gardiens ont su nous sortir du trouble. »

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Le Phœnix n’est pas l’histoire de seulement trois joueurs contrairement à d’autres équipes. Si Nicolas Poulin, Hugo Roy et Marek Zachar jouent moins bien, on a d’autres joueurs sur lesquels on peut compter. »

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Ce qui fera la différence lors de ce duel? La discipline et les unités spéciales.

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« Le pire ennemi du Phœnix est les blessures. Ça fait d’ailleurs déjà mal à notre alignement présentement. Le pire ennemi serait aussi de perdre confiance en nos unités spéciales. C’est ça, le nerf de la guerre. Ça va se jouer là. Il faudra lever notre jeu d’un cran en désavantage ou en avantage numérique. »