Tomi Stefanovski

Le phénomène Stefanovski

À 43 ans, Tomi Stefanovski ne laisse personne indifférent à la Traversée internationale du lac Memphrémagog comme partout ailleurs sur le circuit Grand Prix de la FINA qu'il domine depuis le début de la saison. On croirait voir la réincarnation de l'homme bionique.
Car celui qui était avant tout un joueur de water-polo avant de bifurquer vers la nage en eau libre revient de très loin. La naissance de ses deux filles et des blessures l'ont tenu à l'écart de la compétition durant quelques années. Seulement depuis 2002, le double vainqueur de la Traversée du lac Saint-Jean a subi pas moins de six opérations, trois à l'épaule gauche et autant au bras droit.
Dans le cercle des nageurs, Stefanovski suscite l'admiration de tous qui admettent sans détour qu'ils auraient accroché leur maillot pour bien moins. Encore plus surprenant, le nageur aux tempes grises ne cesse de s'améliorer, lui qui a patienté presque 10 ans avant de connaître ses premiers succès à l'échelle mondiale.
Depuis quelques années, c'est l'explosion et à son tableau de chasse de plus en plus reluisant ne manque plus que la Traversée du lac Memphrémagog, ce à quoi il tentera de remédier samedi prochain en milieu d'après-midi.
Nageur plus intelligent
Phénomène rare Stefanosvski, c'est le moins qu'on puisse dire, surtout que contrairement à ce que plusieurs peuvent penser, le macédonien est beaucoup plus qu'un nageur qui tire profit de son expérience et de sa résistance. Samedi dernier au Lac Saint-Jean, c'est lui, pour une deuxième année d'affilée, qui a enregistré le sprint le plus rapide dans le corridor d'arrivée de 500 mètres, distance qu'il a franchie en 5 m 35 s, soit quatre secondes de moins que Xavier Desharnais. Incroyable diront certains et avec raison.
« Je suis assurément plus expérimenté, mais on dirait que tous les astres s'alignent en même temps pour moi. Les blessures sont derrière moi, mes filles ont vieilli et je peux consacrer plus de temps de qualité à l'entraînement. Il faut juste que je dose bien mes efforts à l'entraînement pour ménager un peu mes vieilles blessures », raconte-t-il.
Ceux qui croient que la fatigue pourrait gagner Stefanovski samedi prochain dans les eaux du Memphrémagog avec un deuxième marathon en une semaine risquent de déchanter. « Je ne dois pas écarter cette possibilité, c'est bien évident, mais je peux vous dire que je récupère beaucoup mieux que l'an dernier, ce qui m'étonne un peu, car j'ai l'impression d'avoir sprinté durant sept heures samedi dernier au Lac Saint-Jean. J'étais tellement exténué en montant sur le quai que je n'avais même pas le goût de célébrer », affirme-t-il.
Qu'il le veuille ou non, Stefanosvski attire les regards dans les marathons de nage, lui qui pourrait quasiment être le père de certains nageurs qui prendront le départ à ses côtés samedi à la pointe Merry de Magog. « Je sais que je sers d'inspiration pour plusieurs. Je ne m'en vante pas, mais tant mieux si ce que j'accomplis peut aider des personnes », fait-il valoir.
Pas si mal pour un gars qui est arrivé pratiquement par accident dans ce sport dans les années 1990. « Le circuit passait dans mon pays et j'ai essayé ça par hasard. »