Nicolas Boulay a connu un parcours hors du commun avant d’accéder au football professionnel. La persévérance, il connaît. Voilà ce dont il a entretenu les étudiants du Pavillon Le Ber de la Montée, lundi midi

Le parcours inspirant de Nicolas Boulay

De l’avis des experts et de la majorité de ses entraîneurs de football, Nicolas Boulay n’avait pas ce qu’il fallait pour réussir. Pas assez vite. Pas gros, pas assez costaud. Le jeune homme originaire de Magog a fait plus que défier les pronostics, il s’est justement bâti une carrière professionnelle qui en sera à une septième année, en 2019, au football professionnel canadien.

Le numéro 52 des Alouettes de Montréal était de passage au Pavillon Le Ber de l’école La Montée, lundi midi, afin d’expliquer son parcours inspirant aux jeunes étudiants de l’institution.

Une activité initiée par son bon ami Pierre-André Lafond, conseiller en orientation à La Montée. Les deux hommes se sont côtoyés au sein du programme de football de l’Université de Sherbrooke lorsque Lafond était responsable de l’équipe et Boulay, l’une des vedettes de la brigade défensive.

Nicolas Boulay a cultivé sa passion pour le football aux États-Unis, chez les Wolves de Newberry, une école secondaire de Caroline du Sud.

Celui que l’on surnommait alors « white chocolate », puisqu’il était l’un des rares joueurs blancs de l’équipe, a su faire sa place à coups d’épaule et de détermination.

« On a même gagné le championnat d’État à mon année senior. J’ai toujours eu un gros cœur, et j’ai toujours été celui qui travaillait le plus fort. À plus de 100 degrés Celcius, je poussais ma « sled » vêtu de ma veste de poids au gros soleil. On m’a toujours répété que je n’étais pas assez vite ou fort. Pourtant, j’ai terminé mon année senior avec 156 plaqués en 13 matchs, ce qui m’a valu une bourse d’études pour un programme de foot en division 2 », a-t-il expliqué à la vingtaine d’étudiants réunis pour l’écouter.

Boulay est par contre revenu au Canada avant d’entamer son parcours universitaire américain.

C’est à Laval qu’il amorcera ses études en biologie marine et qu’il tentera de percer le programme de football. Une amère déception l’attendait.

« Les entraîneurs m’ont assuré que j’allais être partant. Par contre, c’est la première fois que j’ai réalisé qu’il y a de la politique dans le sport. J’ai connu un super bon camp, on m’a habillé pour un match hors concours, mais je n’ai joué que trois jeux, alors qu’on menait quelque chose comme 30-0; une passe incomplète, une punition et un « knee down ». C’est tout ce que j’ai eu », s’est-il rappelé.


«  Je n’ai jamais abandonné. J’ai rapidement appris que l’échec fait partie de la croissance personnelle.  »
Nicolas Boulay

« Pendant ce temps-là, l’un des bons jeunes secondeurs de l’équipe, qui n’avait pas fait le camp ou participé à un match hors-concours, a été nommé partant pour la saison. Tu sais, tout n’est pas rose ou fair dans la vie. Il faut faire avec. Mais c’est dur. Se faire bencher, c’est se faire dire que tu n’es pas assez bon. J’ai pensé abandonner le foot. J’ai aussi eu des difficultés à l’école, j’ai coulé quatre de mes cours. Je m’étais donné à fond, mais ça n’allait pas. »

Boulay, dont les parents habitent Magog, décide de retourner en Estrie et de joindre l’Université de Sherbrooke et le Vert & Or.

« André Bolduc (l’entraîneur-chef) a vu mon potentiel et il m’a donné ma chance. Je crois qu’il ne le regrette pas. Il me dirige encore aujourd’hui, avec les Alouettes. Il est l’une des principales raisons qui font que je joue encore au foot. »

Malgré ses succès individuels avec l’équipe, Boulay n’est pas invité au Défi Est-Ouest destiné aux meilleurs espoirs du football universitaire canadien, en route vers le repêchage de la LCF.

Une autre claque.

« J’ai redoublé d’ardeur et l’année suivante, j’étais invité directement aux essais nationaux de la LCF, avant d’être repêché en quatrième ronde, 30e au total, en 2013.

« Je n’ai jamais abandonné. J’ai rapidement appris que l’échec fait partie de la croissance personnelle. Les nombreux échecs que j’ai connus ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui. Ce n’est pas le fruit du hasard, c’est le travail et la persévérance qui m’ont permis de continuer. »