Michel Couturier

Le Mistral vise une licence nationale

Le Mistral de Sherbrooke a déposé sa candidature pour obtenir une licence nationale en 2021. En plein cœur d’une grande réforme dans le monde du soccer au Québec, et au Canada, alors que les clubs devront se conformer à une myriade de critères, le club sherbrookois coordonne ses actions afin de répondre aux exigences de la plus haute licence proposée.

C’est dans cette optique que le président du club, Abdallah Raouj, ainsi que le conseil d’administration du club, ont mandaté la direction de s’investir davantage dans le développement des équipes élites, puisque le Mistral, s’il obtient la licence nationale cet automne, devra être en mesure de présenter des équipes dans toutes les catégories élites, tant au niveau masculin que féminin.

Le Programme de reconnaissance des clubs est une initiative de Canada Soccer, mis sur pied l’an dernier, et supporté par Soccer Québec.

Il a été conçu dans le but de guider les clubs de soccer à travers le pays vers les meilleurs principes de développement organisationnel sur le terrain comme à l’extérieur.

Spécifiquement, l’accès aux compétitions sera octroyé selon un principe de reconnaissance, et non plus selon l’ancien système de promotion ou de relégation.

« Soccer Canada impose depuis deux ans des normes de qualités pour les clubs. L’acquisition d’une licence définit la direction voulue pour un club. Il y a quatre sortes de licence; la licence de base, la licence régionale, la licence provinciale et la licence nationale. En gros, en demandant la licence nationale, on devra par la suite répondre à des standards et des exigences plus élevées afin d’évoluer dans les circuits de compétitions les plus élevés », a précisé le directeur sportif, et directeur technique du Mistral, Michel Couturier.

Les critères pour la reconnaissance régionale et provinciale restent à déterminer.

Un club devra donc démontrer la qualité de son organisation concernant entre autres la gouvernance, la technique, l’infrastructure, et le volet administratif, avant de se voir accorder l’accès à une compétition.

Une période tampon

Toutefois, ces changements ne seront pas effectifs pour 2019 et 2020; cette période de deux ans servira principalement à la mise en place, par Soccer Québec, du processus de qualification et de reconnaissance.

La structure de compétition sera graduellement mise sur pied à partir de 2021, notamment par l’entremise de la première ligue de soccer du Québec catégorie juvénile (catégorie U13 et U14).

En gros, le Mistral scindera son offre de service en deux volets; la structure loisirs et la concrétisation du Centre de développement de club (CDC), qui vise la détection et le développement de l’élite.

Les actions de ces CDC seront centrées autour des joueurs de U8-U12 qui voudront un encadrement plus soutenu.

« Il y aura donc deux types de services. Notre principal défi, ce sera la formation des entraîneurs. Le cadre de formation, sa durée et les coûts associés seront plus élevés. On va devoir investir beaucoup plus qu’on ne le faisait auparavant. Par exemple, pour obtenir une licence C et enseigner aux plus jeunes, il faudra suivre une formation qui dure huit jours. Nous avons deux ans devant nous pour démontrer que le projet est viable », a dit Michel Couturier.

Soutenir une structure compétitive qui pourra progresser et développer des joueurs sera un autre défi, croit M. Couturier.

« On veut éviter l’exode des bons joueurs vers les autres clubs. Voilà pourquoi on doit resserrer notre offre de service par le CDC. Le sport-études, qui se travaille avec Soccer Estrie, devra devenir encore plus élitiste. Puisque nous serons probablement le seul club en région avec une licence nationale, nous espérons attirer les meilleurs joueurs de toute la région. »

Michel Couturier occupera dorénavant les fonctions de directeur technique, en plus de ses fonctions de directeur sportif du Mistral. Il remplacera ainsi Vincent Orsida, dont le contrat n’a pas été renouvelé.

« J’ai changé un peu mon mandat, remis certains dossiers administratifs à d’autres. Ça fait deux ans que je suis en poste à Sherbrooke et c’est un mandat qui m’allume. Je suis davantage un développeur. Tout ce qui s’en vient, c’est positif. Il y aura maintenant de la rigueur pour faire du haut niveau », a-t-il dit.

« Le volet loisir ne développe plus l’élite, les données ont changé. Désormais, le sport se développe davantage de façon cylindrique et avec l’implantation des CDC, ce sera du soccer neuf à 10 mois par année ».

Le conseil d’administration réitère toutefois son désir d’assurer le développement de tous ses 3500 membres, et ce, peu importe leur niveau.

Le club de soccer le Mistral de Sherbrooke travaillera de concert avec la Ville de Sherbrooke et son association régionale de soccer, l’ARSE, dans ce projet d’envergure.

La reconnaissance obtenue par le club est valide pour 2 ans. Donc, les clubs qui ont soumis une demande de reconnaissance avant le 31 août dernier auront une reconnaissance (sous réserve du respect des critères) valide de janvier 2021 à décembre 2022.