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Jérôme Gaudreau
La Tribune
Jérôme Gaudreau
Le Phœnix arrive en séries par la grande porte, mais avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
Le Phœnix arrive en séries par la grande porte, mais avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Le jour de la marmotte

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C’était le 14 mars 2020. Le Phœnix se préparait à faire salle comble pour une deuxième fois de suite. La meilleure équipe au pays accueillait le meilleur joueur d’âge junior au monde : Alexis Lafrenière de l’Océanic. Le scénario parfait, jusqu’à ce que la pandémie vienne mettre en échec tous les espoirs de l’équipe, saison suspendue, séries annulées. Un an plus tard, le Phœnix voit encore ses derniers matchs de saison partir en fumée en raison de la COVID-19. L’histoire se répète.

Un membre du personnel a effectivement remis un test positif tout juste avant de disputer les deux dernières parties de la campagne. Résultat : le Phœnix de Sherbrooke est exclu de sa propre bulle.
Et si c’était arrivé en séries?
« En fonction de la situation et des mesures décrétées par la Santé publique lors d’un cas positif au sein d’une équipe, notamment une mise en quarantaine de 14 jours, cette équipe serait effectivement exclue des séries éliminatoires », m’a répondu la LHJMQ.
Toutes les équipes de la LHJMQ disputeront donc les séries avec une épée de Damoclès au-dessus d’elles. Connaissant le karma plutôt mauvais du Phœnix, rien n’est impossible. Ce serait alors le jour de la marmotte.
Imaginez! Le champion 2021 pourrait même être acclamé par défaut si les meilleures équipes ne déjouent pas la COVID-19 lors des prochaines semaines et se voient forcées de se retirer. On ne le souhaite évidemment pas. Mais pendant que les clubs de la LHJMQ se préparent aux séries éliminatoires, le gouvernement resserre les mesures dans plusieurs régions, dont certaines qui accueillent des formations du circuit Courteau.
La saison 2020-2021 aura été des plus bizarres du début jusqu’à la fin.
Le 8 avril prochain, les 12 formations du Québec entreprendront leurs séries. Dans les Maritimes, la saison des six équipes se poursuivra tout le mois d’avril. Les séries seront lancées le 4 mai pour ces formations. Une ligue, deux formats de séries différents.
Tout cela sous le regard de plusieurs centaines de spectateurs dans les Maritimes. Par exemple, lors du dernier match des Wildcats à Moncton, 2149 spectateurs assistaient à la rencontre.
Pendant ce temps, les parties des équipes du Québec sont disputées à huis clos. Les joueurs et les membres du personnel doivent respecter un certain confinement et les mesures deviennent encore plus nombreuses une fois que les clubs intègrent la bulle.
Et malgré tout, le Phœnix s’est retrouvé en isolement préventif jusqu’à la fin de l’enquête épidémiologique de la Santé publique et n’a pu participer aux deux matchs prévus lors de la dernière semaine.
Cette enquête a permis à la Santé publique de constater que le résultat positif constituait finalement un cas isolé. Les autres membres ont reçu un résultat négatif après une autre série de tests et le Phœnix peut reprendre ses activités puisque la période d’isolement obligatoire est maintenant levée.
La question à se poser: est-ce que les mesures des environnements protégés sont efficaces? Sont-elles respectées? Quoi qu’il en soit, la discipline de tous les membres des formations sera requise pour permettre à la LHJMQ de tenir des séries éliminatoires cette année.
D’ailleurs, il n’est pas impossible de voir la demi-finale et la finale être présentées dans les Maritimes. D’abord parce que la situation de la pandémie semble moins préoccupante. Ensuite parce que des spectateurs pourront assister aux parties, ce qui permettrait aux organisations d’encaisser des revenus.
Même si tout cela me semble bien contradictoire.

La COVID-19 devra être mise en échec pour espérer des séries éliminatoires sans rebondissement.

Les sous-estimés
Prétendre que le Phœnix de Sherbrooke amorcera les séries avec l’étiquette de sous-estimés serait faux.
Pas une seule équipe ne croit que la troupe de Stéphane Julien forme actuellement une formation d’avant-dernière position. Son début de saison catastrophique peut tromper les perceptions.
Le Phœnix joue pour ,500 depuis plus d’une dizaine de matchs. Il a d’ailleurs obtenu la victoire à ses deux dernières sorties en battant notamment la troisième meilleure équipe du circuit, Chicoutimi.
Son prochain adversaire pourrait être l’Armada de Blainville-Boisbriand. Battus à deux reprises lors de leurs premiers matchs de la saison tout juste avant la suspension des activités, les Sherbrookois ont vu leur alignement être modifié de façon considérable par la suite.
Une défaite de 3 à 2 avait suivi, ainsi qu’un revers de 8 à 2 durant lequel Jasmin Simon avait accordé cinq buts après être venu en relève à Samuel Hlavaj.
Mais lors du dernier affrontement entre les deux formations, le Phœnix a surpris l’Armada avec un gain de 4 à 2 le 16 février dernier dans cette fameuse bulle de Shawinigan.
Depuis ce temps, le Phoenix joue de façon bien différente.
Notons que la partie de l’Armada et celle des Voltigeurs disputées vendredi en soirée pouvaient aussi changer l’ordre du classement dans la division Ouest. Selon les résultats de ces deux parties, Drummondville pourrait aussi être le prochain adversaire des Sherbrookois. Les Voltigeurs ont battu deux fois le Phoenix cette saison en autant d’occasions.
Plus confiant et mené par un gardien en contrôle de ses moyens, un capitaine en feu et un jeune espoir au prochain repêchage de la LNH, le Phœnix devra en effet compter sur Samuel Hlavaj, Xavier Parent et Joshua Roy pour espérer accéder à la deuxième ronde dans tous les cas et y affronter les très puissants Foreurs de Val-d’Or et Samuel Poulin.
Le Phœnix ne s’est jamais rendu plus loin que le deuxième tour éliminatoire depuis sa naissance en 2012, et tout porte à croire qu’il devra encore attendre un an ou deux avant d’atteindre de nouveaux sommets.
Surtout si la COVID-19 s’invite encore à la fête.