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Jean-Guy Rancourt
La Tribune
Jean-Guy Rancourt
Les équipes nationales du Canada et des États-Unis ont dominé la compétition lors du dernier Championnat mondial de hockey junior.
Les équipes nationales du Canada et des États-Unis ont dominé la compétition lors du dernier Championnat mondial de hockey junior.

Le hockey nord-américain, Caufield et Robidas

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Commentaire / Je connais au moins une vingtaine de joueurs de hockey qui comprennent exactement ce qu’ont ressenti les membres d’Équipe Canada après avoir échappé le titre au Championnat mondial junior qui vient de prendre fin à Edmonton.

Le Canada qui a été défait 2-0 dans le match ultime de la finale contre les États-Unis au lendemain d’un parcours parfait dans les rondes préliminaire et éliminatoire. Les joueurs canadiens devaient être habités par un grand sentiment de frustration après avoir survolé la compétition.

Exactement comme les Cantonniers de Magog en 2019 alors qu’ils avaient baissé pavillon 2-1 en prolongation en finale de la Coupe Telus contre les Young Nationals de Toronto. Un revers qui survenait après avoir maintenu une fiche parfaite de six victoires en autant de jours à Thunder Bay, lieu de la compétition.

Le lendemain, à l’aéroport de Thunder Bay, un membre de l’équipe de TSN qui était sur place pour la retransmission de la finale au petit écran m’avait abordé pour me dire que c’est la mauvaise équipe qui prenait place du côté des perdants. De l’entendre de la bouche d’un représentant d’un média ontarien venait confirmer ce que j’avais constaté sur la glace.

Malheureusement, c’est la loi parfois cruelle d’un tournoi. Un seul match pour déterminer l’équipe championne, ce qui ne rend pas toujours justice. 

Hockey nord-américain

Si je reviens au Championnat mondial junior, force est de reconnaître que les États-Unis et le Canada ont offert un spectacle de grande qualité en finale et aussi lors de leurs sorties précédentes. D’ailleurs, depuis l’édition 2017, ces deux pays n’ont laissé que des miettes aux équipes du Vieux continent. Sept des 10 finalistes au cours des cinq dernières années étaient les représentants du Canada et des États-Unis. S’il y a une compétition qui sert de baromètre à mes yeux sur le développement du hockey à l’échelle internationale, c’est le Championnat mondial junior.

Quel constat faut-il en tirer? Qu’on fait du surplace en Europe, tout le contraire de ce que je vois en sol nord-américain. À un moment donné, il faudra arrêter de s’époumoner devant les progrès et le produit européen. Il faut dire que certains journalistes montréalais excellent à dénigrer ce qui se fait chez nous.

Qu’on me comprenne. Je ne méprise pas le développement du hockey européen. En matière d’habiletés individuelles, l’Europe a pris une coche d’avance au fil du temps. D’ailleurs, s’il y a une chose qui me fait sourciller chaque fois que j’analyse le jeu d’une formation européenne, c’est de réaliser jusqu’à quel point les joueurs proviennent presque tous du même moule. Des joueurs avec beaucoup d’aptitudes offensives, mais très peu en mesure de faire le travail honnête et indispensable des patineurs qui ont un rôle précis à remplir et qu’on place sur des 3e et 4e trios. Comment se fait-il que cela n’a jamais été signalé chez les adorateurs du hockey européen?

Au Canada et aux États-Unis, les hommes de hockey ont été assez intelligents pour prendre des notes sur le programme de développement européen et s’ajuster. Il n’y a rien de mal à emprunter ce qui se fait de bien ailleurs et de l’appliquer chez soi. C’est ce qu’on appelle faire ses devoirs.

Or, au hockey, la victoire vient avec une structure, un système, un effort collectif, de la discipline, de l’intensité et un engagement total envers le logo de ton équipe. À ce chapitre, l’Europe a des croûtes à manger. En 2021, telle est la situation qui prévaut. Cependant, malheur aux Canadiens et aux Américains s’ils s’endorment sur leurs lauriers. Les Européens poussent dans le dos, loin de moi de vouloir minimiser ce qui se passe de l’autre côté de l’Atlantique.

Entretemps, les pourfendeurs du hockey canadien et québécois ont beau crier sur toutes les tribunes que l’herbe est plus verte chez le voisin, permettez-moi de ne pas partager cette opinion. Et quand on me dit que notre hockey s’en va à la déroute et qu’on me jette en pleine face la diminution du nombre de joueurs au Québec et au pays comme seule explication pour justifier cette affirmation, cela ne fait pas très sérieux. Franchement, faut-il s’étonner de la baisse du nombre de joueurs de hockey avec la multiplication du nombre de disciplines sportives depuis deux ou trois décennies? Les jeunes ont maintenant le choix et tant mieux pour eux. C’est le contraire qui aurait été étonnant, que le hockey ne perde pas d’adeptes au profit de toutes ces nouvelles disciplines. Pensez seulement à la panoplie de sports de glisse qui s’offrent aux jeunes de nos jours.

Justin Robidas fera certainement le bonheur de l'équipe de la Ligue nationale de hockey qui aura l'audace de le repêcher malgré sa petite taille.

Caufield, Robidas

En terminant, j’ai observé le jeu de Cole Caufield, propriété du Tricolore, avec les Américains au Championnat mondial junior. Personnellement, je suis bien heureux de voir que les équipes de la Ligue nationale ne rejettent plus automatiquement les joueurs de petite taille. Le temps des matamores qui peinent à pivoter sur leurs patins est révolu.

Caufield représente définitivement un bon espoir pour le CH. S’il n’a pas produit comme on pouvait l’imaginer, il reste que le petit attaquant possède des qualités offensives indéniables. Il faut encore lui laisser le temps de se développer dans les rangs universitaires. Les partisans du CH ont la mèche courte et veulent les joueurs identifiés parmi les meilleurs espoirs de l’organisation évoluer sous la grande tente avant même d’avoir 20 ans. Pas trop vite les amis.

Mon point aujourd’hui, c’est que le prochain petit joueur que vous devez avoir à l’œil est le Sherbrookois Justin Robidas. Le jeune homme est un joueur complet comme pas un. Je ne lui connais aucune faiblesse majeure. Plus complet que Caufield. J’avais écrit au terme de la saison 2018-19, sa seule dans l’uniforme des Cantonniers de Magog, que le meilleur espoir pour l’encan à venir de la LHJMQ était le fils de Stéphane Robidas. Il a été sélectionné deuxième. À 15 ans seulement, je l’ai vu dominer le championnat national midget AAA (Coupe Telus) pour être choisi au terme de la compétition le joueur par excellence du tournoi même si tous ses adversaires avaient majoritairement 16 et 17 ans. Robidas est de toutes les batailles. Il est un leader naturel, toujours prêt à en prendre plus sur ses épaules pour son équipe. Il a gagné avec Équipe Québec aux derniers Jeux du Canada. Il a fait de même avec les Cantonniers de Magog. Il le fera aussi cette année ou plus tard dans le circuit Courteau. Les Foreurs de Val d’Or, l’équipe de Robidas, ont transigé pour amener des vétérans dans leur alignement dans l’espoir de tout ravir cette saison. Malgré ces gros noms (Pelletier, Légaré, Spence), le joueur-clé pourrait fort bien être le petit joueur de 17 ans. Plus l’enjeu est grand, meilleur il est Justin Robidas. Parmi les hockeyeurs de la LHJMQ qui deviennent éligibles au prochain repêchage de la Ligue nationale, c’est Robidas qui devrait être en tête de liste. Ce ne sera peut-être pas le cas en raison de son petit gabarit. Mais bienheureuse la formation qui le réclamera. Parole de Jean-Guy Rancourt.