Nouvelle mesure sanitaire oblige, les entraîneurs des patineurs artistiques devront dorénavant prodiguer leurs conseils à partir du banc des joueurs, à l’extérieur de la patinoire.
Nouvelle mesure sanitaire oblige, les entraîneurs des patineurs artistiques devront dorénavant prodiguer leurs conseils à partir du banc des joueurs, à l’extérieur de la patinoire.

Le hockey et le patinage artistique de retour sur la glace

SHERBROOKE — Les sourires étaient nombreux lundi matin à l’entrée du Complexe Thibault. Pendant que les jeunes joueurs de l’Académie du Phœnix s’élançaient sur la glace pour la première fois, les gardiens de but, petits et grands, faisaient la file — à deux mètres — afin de s’inscrire à l’école de Stéphane Waite. Et pendant ce temps, les patineurs et patineuses artistiques de Patinage Sherbrooke se dirigeaient vers leurs vestiaires, masques sur le visage, en vue de leur première séance sur glace à Sherbrooke.

Si le hockey est davantage en mode préparation pendant la période estivale, le patinage artistique est plutôt à un autre cycle de son année de développement.

La pandémie de la COVID-19 a eu un impact important, bousillant l’importante période d’avril et mai.

« Cette session du printemps est importante pour les patineurs. C’est là que se font les changements de solos et de chorégraphies, qu’on fait des activités de développement et de formations. Et c’est là aussi qu’on initie les jeunes. C’est aussi la période de recrutement pour le patinage synchronisé. En avril et en mai, c’est là que tu prépares ta session d’automne, et toutes les compétitions. Alors tout ce volet développement, on l’a perdu », a indiqué Lucie Bouffard.

Malgré ce retard, l’enthousiasme était palpable chez les jeunes filles qui se préparaient à embarquer sur la glace. Certaines, pour la première fois depuis le début de la pandémie.

En file indienne, elles défilaient dans les couloirs du Complexe Thibault avant d’aller s’installer dans leurs vestiaires et d’ensuite sauter sur la glace.

« Il y a beaucoup de fébrilité! Les filles avaient hâte à ces retrouvailles! Dans la voiture en route vers le Complexe, elles m’ont dit qu’elles avaient des papillons dans le ventre », a dit Catherine Dubé, dont les deux filles pratiquent le patinage artistique.

« Chaque patineur est enregistré à son arrivée, on pose les questions de routine. Il a son panier dans lequel il met ses effets personnels et qu’il amène sur le bord de la bande. Ils ramènent tous leurs paniers à la maison par la suite. Tout est très structuré. On doit respecter un maximum de 12 patineurs sur la glace en même temps, mais les entraîneurs ne peuvent pas aller sur la glace, ils doivent donner leurs conseils à partir du banc des joueurs », a précisé Lucie Bouffard, président de Patinage Estrie, et vice-président de Patinage Sherbrooke.

« C’est aussi un casse-tête pour nos équipes de patinage synchro. Elles doivent être au maximum 12 sur la glace, alors qu’une équipe est composée de 16 patineuses. Elles s’entraînent à distance, en espérant que les règles vont changer bientôt! »

Les jeunes joueurs de l’Académie du Phœnix ont enfin pu toucher la glace, lundi matin.

Lundi soir, une rencontre via Zoom a été organisée pour peaufiner les derniers détails avec les parents. 

« Tout s’est bien déroulé, tout le monde avait hâte de recommencer, alors c’est plus facile se plier aux consignes dans ce temps-là! Les jeunes sont très actifs, et ce sont des passionnés et ça fait des mois qu’ils sont en attente. Pour les jeunes qui ont terminé leur année scolaire, au primaire en tout cas, ils sont déjà conditionnés et ils ont rapidement compris les consignes. C’était tellement strict à l’école. Ce n’est pas un problème pour eux. Ils embarquent, ils suivent, ils s’adaptent très rapidement. Tout le monde est obéissant, c’est discipliné dans les chambres », a poursuivi Mme Dubé.

« Les enfants doivent porter le masque à l’intérieur, et l’enlever seulement sur la glace. Ils doivent se laver les mains régulièrement, et ne pas trop utiliser les toilettes. En fait, on leur demande d’y aller avant de partir pour l’entraînement. On a mis plusieurs règles de l’avant, c’est beaucoup de boulot. On a dû annuler les camps de jour. Aussi, les patineurs vont demeurer dans le même groupe tout l’été. Et s’il y a un cas positif, ce sera tout le groupe qui sera mis en quarantaine », a dit Mme Bouffard.

« Patinage Québéc est très rigide, et nous, on veut patiner toute l’année, alors on demande aux enfants et aux parents ces efforts pour nous permettre de ne pas arrêter. »

« Le retour s’est donc effectué dans la bonne humeur. Les parents ont bien compris les consignes et ils se sentaient aussi rassurés, parce qu’on a une structure et qu’on est organisés avec des consignes très claires », a conclu Mme Bouffard.