Julien et Vincent Anctil

Le format Costco du Phœnix

Ils sont grands, gros, constituent des aubaines et viennent en paquet de deux. Les jumeaux Anctil sont faits dans un format Costco. Reste à savoir maintenant s’ils resteront sur les tablettes une année de plus.

Repêchés en troisième ronde par le Phoenix de Sherbrooke, les deux frères de 17 ans savent qu’il n’y a pas beaucoup de postes disponibles à l’attaque. Après avoir connu un bon début de camp, Vincent et Julien se montrent optimistes. 

« S’il y a une place pour nous, on foncera dessus à 200 miles à l’heure et on la prendra », assure Julien, le joueur de centre. 

Le hic, c’est que l’un ne vient pas sans l’autre. Format Costco, disait-on...

« Le pire c’est que chez nous, on a une grosse famille, on est habitués d’aller chez Costco et d’acheter en paquet de deux, lance à la blague Vincent. C’est certain qu’individuellement, on se débrouille très bien, mais on est encore meilleurs en jouant ensemble. On est grands, on est gros et on travaille fort dans les coins. On amène du positif à une équipe quand on évolue ensemble. » 

On pourrait aussi croire qu’ils ont coûté cher puisque le Phœnix a utilisé un choix de troisième tour en plus d’échanger Evan MacKinnon contre le choix de troisième ronde 2018 du Titan d'Acadie-Bathurst et un autre de troisième tour en 2020 afin de s’assurer d’obtenir les deux Anctil.

Or, l’entraîneur Stéphane Julien n’est pas d’accord pour dire que le prix payé était élevé pour ces deux joueurs provenant de la Ligue de hockey préparatoire scolaire.

« Premièrement, qui dit Anctil en région dit plutôt Rona, pas Costco ! Sérieusement, ils ont très bien fait depuis le début du camp. Plus la partie intraéquipe avançait, mieux ils jouaient. Ils partent de loin. Par contre, à 17 ans ils ont un an de plus que les autres recrues. Ils n’ont pas coûté cher. Selon moi, c’est un vol en troisième ronde si je me fie à nos recruteurs. »

« La LHJMQ est très différente du niveau de jeu de la LHPS, observe Vincent, un ailier. On est capables de bien rivaliser. Notre capacité d’adaptation est bonne. Ce sera difficile, mais c’est possible d’intégrer l’alignement et de tirer notre épingle du jeu. »

« C’est plus rapide ici, avoue Julien. Ça frappe davantage et l’intensité est plus grande. »

Selon l’entraîneur, les deux frères présentent un grand potentiel.

« Physiquement, ils sont plus matures (6’1), explique Stéphane Julien. Côté hockey, ils ont du retard un peu à rattraper. J’ai hâte de voir comment ils vont gérer les prochains jours. Ils ne sont pas habitués de jouer autant de hockey en peu de temps. Ils ont le physique de l’emploi, la vitesse et un bon sens du hockey. Reste à voir à quelle rapidité ils évolueront maintenant. »

Une complicité contagieuse 

Jeudi matin lors de la première partie intraéquipe, Julien Anctil a marqué son premier but en plus d’avoir compté en fusillade... après avoir échappé la rondelle. Il n’en fallait pas plus pour que son frère lui lance une flèche. 

« Il arrive toujours quelque chose de ce genre à Julien. J’ai blagué un peu avec lui sur le banc après son but en fusillade », lance Vincent. 

« On n’est pas difficiles à gérer, estime le joueur de centre Julien Anctil. On a du plaisir à jouer ensemble. C’est vraiment plaisant. Et je crois que ça va bien. J’ai su marquer mon but quand c’était le temps de le faire. On trouve toujours une façon de rire et d’avoir du plaisir en jouant ensemble. »

« En fait, on est un peu grande-gueule sur la glace donc on ne se fait pas intimider facilement », soutient de son côté Vincent.

Les deux jumeaux renoueront avec l’action vendredi alors que d’autres parties intraéquipes sont au programme.