Le football sans plaqués toujours populaire

La température était parfaite samedi matin, pour un bon match de football. Beaucoup de soleil, un Celsius juste assez chaud, mais pas trop. Sur le terrain synthétique du Stade RBC de l’école secondaire du Triolet, les jeunes joueurs de football du programme mini-football de la CSRS n’ont pas ménagé les efforts, lors du premier jamboree de leur saison printanière.

Ils étaient quelque 250 joueurs vêtus aux couleurs des quatre écoles de la CSRS qui ont décidé, dès 2013, d’instaurer le football sans plaqués pour les jeunes du primaire.

Un programme qui, année après année, maintient son nombre d’adeptes. Samedi, devant la popularité de l’événement, les organisateurs ont dû diviser les matchs; les jeunes de troisième et de quatrième année se sont élancés en premier, avant de céder le synthétique aux grands de cinquième et sixième année.

Les reportages publiés à l’émission Enjeux, à Radio-Canada en 2013, sur les risques de blessures liées au football, notamment les commotions cérébrales et leurs conséquences sur le cerveau, ont beaucoup fait réagir.

Le nombre d’études pour documenter ces conséquences n’a pas faibli, depuis. Aux États-Unis, plusieurs législations sont même à l’étude pour que les plaqués au football soient interdits avant l’âge de 12 ans.

Le mouvement Flag under 14, toujours aux États-Unis, prend aussi de l’ampleur.

Au mini-football de la CSRS, tous les jeunes portent l’équipement habituel du footballeur; à la différence qu’ils ont à leur taille, une ceinture facilement détachable munie de deux grandes bandelettes traînant à l’arrière.

Retirer ces bandelettes au joueur portant le ballon et le jeu s’arrête.

« Ce sont les éducateurs des quatre écoles de la CSRS qui ont décidé de porter ce projet, en 2013. Ça faisait déjà quelque temps qu’on y pensait, et les reportages de Radio-Canada ont accéléré le processus. Le but évident était de rendre la pratique du football la plus sécuritaire possible », a dit Érick Loignon, éducateur physique à l’école Du Phare et l’un des responsables du mini-football de la CSRS.

« Nous sommes l’un des plus gros programmes d’initiation au football chez les jeunes, avec le programme du Rouge et Or de l’Université Laval à Québec. »

« L’enjeu est de développer notre bassin de joueurs le plus possible tout en répondant aux questions des parents; la sécurité et les risques, ce sont les plus grandes craintes des parents. Le football est un sport encore largement méconnu pour la majorité des gens. Et les sources d’information sur sa pratique sont plutôt disparates. On veut prodiguer les bonnes réponses aux questions des parents », a dit M. Loignon.

Certains se demandent si retarder l’arrivée du plaqué en situation de matchs pour les jeunes ne retardera pas leur développement en tant que joueurs.

Érick Loignon est catégorique : « On a calculé qu’en retirant les plaqués, on retire seulement 5 % des habiletés requises pour les joueurs. Il reste 95 % à développer. »

« À notre sixième saison, notre première cohorte de jeunes complète son stage au secondaire depuis un an, et les résultats n’ont pas souffert; les Harfangs ont participé à la demi-finale au football juvénile division 1, Du Phare et Montcalm ont atteint la demi-finale dans leurs ligues respectives. On ne voit pas de conséquences sur nos jeunes joueurs; ces derniers arrivent en santé chez les juvéniles », a dit M. Loignon.

Un autre jamboree est prévu prochainement.