Yoan Bourgeault-Gagnon, étudiant-athlète, Louis-Simon Nadeau, joueur de ligne par excellence et retour de l'année, et Kevin Croft, leadership, font partie des joueurs honorés par le Vert & Or dimanche lors du brunch annuel de l'équipe de football.

Le football a sauvé Louis-Simon Nadeau

On est rapides à analyser leur jeu sur le terrain, à y déceler les failles, les erreurs, ce qu'ils auraient dû faire pour réussir un plaqué, attraper le ballon. Ce qu'on oublie bien souvent, c'est que les joueurs de football de niveau scolaire, collégial ou universitaire sont avant tout des étudiants. Et que chaque jour de l'année, ils doivent s'imposer bien des sacrifices pour réussir dans les deux sphères. Une mission, très souvent, difficile à remplir.
Dimanche au Club de golf de Sherbrooke, l'équipe de football du Vert & Or de l'Université de Sherbrooke récompensait ses athlètes les plus méritants. Ceux qui se sont illustrés sur le terrain lors de la saison 2013. Mais aussi, et surtout, ceux qui ont accompli des miracles non pas sur le synthétique, mais dans les salles de classe.
C'est le cas de Louis-Simon Nadeau. L'imposant joueur de ligne défensive s'est fait un nom dans la ligue en 2013 grâce à son jeu stable et inspiré au centre du front défensif de l'équipe.
L'ancien des Vulkins de Victoriaville a reçu deux prix, hier; il a été nommé joueur de ligne par excellence en plus de remporter le prix dans la catégorie «retour de l'année».
Car Louis-Simon revient de loin.
«Disons que je suis entré dans le monde du football par la porte de derrière. À ma première année, j'ai dû réussir 12 cours à distance et l'an dernier, il m'en restait cinq autres à compléter afin d'être admissible à des études à l'Université de Sherbrooke et à une place dans l'équipe. Je n'ai pas joué à ma première saison à cause de ça. J'ai fait preuve de persévérance et j'ai été accepté au baccalauréat en kinésiologie; c'est la réalisation d'un rêve de p'tit gars pour moi», a-t-il dit, visiblement ému.
«J'ai complété mon DEC seulement l'an dernier, j'en ai signé des documents où je promettais de réussir mes cours. J'ai été admis au bacc. sous condition. Je ne pensais jamais m'y rendre. Sans le football, je n'aurais probablement même pas réussi mon secondaire V. Le football m'a sauvé.»
Pendant l'entrevue avec La Tribune, tant les commanditaires attachés au programme de football que ses coéquipiers ou entraîneurs venaient lui donner des tapes dans le dos ou des accolades pour le féliciter.
Et malgré sa stature imposante de 6'4'' pour 275 livres et ses larges épaules, Nadeau était émotif. Il se rappelait le long parcours qu'il a traversé pour en arriver là où il est.
«Tout ça aura valu la peine. Je dis merci à ma mère, aux gens de l'Université de Sherbrooke et du programme de foot, à Mathieu Pronovost, qui me connaît et suis mon évolution depuis mon Sorel natal. J'ai aussi une pensée pour coach (David) Lessard qui m'a dit un jour que le ballon, peu importe où tu es, va toujours te trouver, si tu le veux. Le ballon est venu vers moi et j'ai réussi le jeu.»
«Tout le monde est capable de réussir, il faut faire preuve de persévérance, ne pas s'imposer de limites. On peut montrer à quelqu'un comment travailler, mais on ne peut pas lui montrer comment être travaillant et persévérant. Il faut le vouloir.»
Loin des X et des O qui meublent les tableaux des vestiaires et des locaux de football, loin des résultats sur le terrain, certains étudiants-athlètes mènent des combats dont la portée va plus loin et dure plus longtemps que les statistiques d'une saison de football.
Francis Lapointe (entraînement hors-saison), Yoan Bourgeault-Gagnon (étudiant-athlète), Isaac Lauzon (recrue de l'année), Kevin Croft (leadership), Antoine Vaillancourt (joueur par excellence sur les unités spéciales), Samuel Bibeault (joueur défensif par excellence) et Sébastien Blanchard (joueur offensif par excellence) ont également été récompensés, hier.