Les amateurs de hockey aiment regarder un joueur électrisant, un marqueur qui les garde sur le bout de leur banc. C’est ce qu’Alex Galchenyuk peut apporter à un match de hockey.

Le droit d’applaudir

COMMENTAIRE / Avec le repêchage annuel de la LNH qui approche à grands pas, la vague d’indignation populaire soulevée par l’échange d’Alex Galchenyuk en Arizona perd un peu de sa vigueur. J’ai suivi cette histoire un peu à distance, étant en vacances, ce qui m’a permis un regard avec un peu de recul sur ce début d’hystérie collective.

Sur les médias sociaux, l’heure à laquelle on a communiqué l’info au public et aux médias, vendredi dernier, n’a eu d’égale que l’indignation provoquée par le départ de cet ancien troisième choix au total du Canadien au repêchage de la LNH en 2012.

Si moi aussi j’ai d’abord été surpris de cet échange qui envoie Galchenyuk en Arizona contre Max Domi, j’ai cependant eu besoin de quelques jours afin de prendre la mesure de la réaction populaire, fort négative, face à cet échange.

Après tout, on va se le dire, si Galchenyuk possède d’indéniables qualités offensives, il peut aussi se transformer en fantôme pendant de longues périodes.

Mais voilà.

Les partisans du CH perdent une autre raison d’applaudir l’un de ses favoris.

On va se le dire, Carey Price, on l’aime bien, mais on est rarement sur le bout de notre siège en regardant le jeu d’un gardien. Et Shea Weber n’est pas Mister Personnalité non plus.

Galchenyuk, lui, a une paire de mains magique. Il pouvait, le temps d’une présence, d’une période, d’un match ou d’une séquence heureuse, nous éblouir et nous faire pousser des jurons d’extase.

Après tout, c’est ce que le spectateur veut; encourager ses joueurs vedettes, partager ses buts spectaculaires sur Facebook tandis que tous les enfants veulent copier les feintes des meilleurs joueurs.

Donc, là, les gens n’étaient pas contents, vendredi dernier. Car si Galchenyuk était loin d’offrir un rendement régulier lors de ses six saisons à Montréal, il était l’un des seuls à pouvoir émouvoir.

Quand il marquait, et qu’il saisissait à pleines mains le logo du CH sur le devant de son gilet, en allant s’écraser en sautant dans la baie vitrée, les fans appréciaient.

C’est un peu pour ça qu’on dépense des sommes un peu folles pour assister à des parties de sport professionnel. Pour vivre des émotions. Positives, svp.

Tsé, Paul Byron, Jeff Petry, Charles Hudon, Brendan Gallagher, c’est bien. Max Pacioretty et Jonathan Drouin, c’est mieux, mais côté charisme, on repassera.

P.K Subban était dans le même moule. Il faisait réagir. Les gens payaient pour le voir jouer, l’encourager. Mais justement, il est parti, lui aussi.

Au prix qu’on nous demande pour assister à ces matchs au Centre Bell, qui deviennent de plus en plus pénibles à regarder, les partisans avaient au moins l’espoir, avec Galchenyuk, qu’il pouvait, ce soir-là, sortir ses mains.

Je vous l’accorde, ça n’arrivait pas toujours. Mais la possibilité était là.

Les gens ne sont pas contents. Ils veulent encourager leur équipe, fêter les exploits individuels, applaudir des buts.

J’imagine que Max Domi va être bon. Il a montré de solides flashs au Championnat du monde junior, il y a quelques années. Je l’ai moins suivi, en Arizona.

Mais deviendra-t-il une raison d’applaudir?

On verra plus tôt que tard.