Une montagne russe d’émotions avec plus de hauts que de bas: voilà comment se décrit la dernière saison de David Perron à Las Vegas.

Le conte de fées n’est pas terminé

Si David Perron semblait amer lorsqu’il a dû quitter St. Louis pour Las Vegas dans le but de faire partie de la toute première édition des Golden Knights, le Sherbrookois admet aujourd’hui qu’il s’agissait « d’une expérience en or ».

Éliminés en grande finale de la coupe Stanley par les Capitals de Washington, les Golden Knights ont réécrit l’histoire. L’attaquant David Perron refuse de croire que le conte de fées est terminé.

« On a surfé sur une vague dès le premier jour d’existence de l’organisation, et ce, jusqu’à la finale. Mais je crois que la vague n’a pas fini de déferler. Notre équipe conserve un excellent noyau de joueurs et notre directeur général George McPhee a une vision globale de l’avenir du club. J’ai l’impression qu’il travaillera fort pour aller chercher un gros nom. Il est certainement dans la course pour John Tavares. Est-ce que les Knights seront aussi bons que lors de cette première saison? Je ne sais pas », indique le numéro 57.

Après avoir signé une entente de deux ans en 2016, Perron pourrait bientôt être libre comme l’air et admet vouloir rester à Las Vegas sans toutefois fermer toutes les portes.

« Il y a eu de bonnes discussions entre mon agent Allan Walsh et la direction durant la saison pour renouveler le contrat et les négociations se poursuivront peut-être jusqu’au mois de juillet. J’avais un peu d’amertume en arrivant à Las Vegas parce qu’il y avait une bonne équipe à St. Louis et je voulais aider les Blues à gagner. Je souhaitais aussi un peu plus de stabilité, ce que je vise encore. Je ne sais pas ce qui va se passer dans mon cas. J’ai aimé ma dernière année à Las Vegas. J’ai goûté au succès, je ne me suis jamais approché aussi près de la coupe Stanley et même si l’on a connu une saison de rêve, je n’ai pas encore atteint le but ultime », a précisé Perron.

Le secret de la réussite 

Les membres des Golden Knights sont unanimes : si l’équipe d’expansion a terminé la campagne 2017-2018 au sommet de la section Pacifique grâce à leurs 51 victoires et aux 109 points obtenus, c’est grâce à la force du groupe. Mais qu’est-ce qui a bien pu souder aussi rapidement tous ces joueurs?

« Nous sommes tous arrivés de la même façon en n’étant pas protégés par notre équipe respective. La motivation était là. Il n’y avait pas d’égo au sein de l’équipe. On tirait tous sur la même corde. Notre entraîneur Gerard Gallant a fait un travail extraordinaire avec nous. Il nous laissait une certaine marge de manœuvre, il ne criait pas pour rien derrière le banc ou durant les entraînements, il nous a fait confiance et il y avait une stabilité en ce qui concerne la composition des trios », souligne David Perron.

La chasse aux records

En janvier, les Golden Knights avaient déjà battu le record de la LNH pour le plus grand nombre de victoires acquises par un club d’expansion.

« C’était évidemment un autre élément de motivation. On savait qu’il était possible de réécrire le livre des records de jour en jour. On impressionnait tout le monde et on tenait à prouver que les Golden Knights n’étaient pas un feu de paille », explique David Perron.

Toujours sous-estimés jusqu’à l’affrontement contre les Capitals de Washington, les Knights en ont fait mentir plusieurs.

« On s’est fait jouer notre propre tour en finale. On avait tendance à revenir souvent de l’arrière et chaque fois que notre club avait le rôle de négligé, on s’en sortait bien. On devait se faire lessiver par les Jets de Winnipeg, mais on a gagné. Soudainement, on avait de meilleures chances de gagner contre les Capitals selon les experts, mais on a perdu alors que notre équipe avait enfin convaincu la majorité du monde. »

Des amateurs conquis

Au début de la saison, les experts s’amusaient à dire que les fans des 30 autres équipes permettaient aux Knights de remplir le T-Mobile Arena. Mais plus la saison avançait, plus les amateurs de hockey étaient conquis.

« Lors des 20 premières parties, on sentait que les spectateurs venaient davantage voir à l’œuvre l’équipe qui nous visitait. On pensait que les Knights avaient du succès grâce à Marc-André Fleury uniquement. Mais quand notre gardien s’est blessé, on a continué de gagner et on s’est mis à croire en nous. À partir du mois de décembre, on ne se voyait plus comme une équipe d’expansion. Des victoires contre Tampa Bay et Washington ont donné confiance à tout le monde et c’est à partir de ce moment que le T-Mobile Arena s’est mis à accueillir de vrais fans des Knights », considère le hockeyeur de 30 ans.